‹ Les Ecritures CunéiformesChapitre 22 sur 33 · PUNI VITE · texte numérisé non relu

PUNI VITE

babylonien.

Archaïque.

Archaïque.

trfc?

Moderne.

Moderne.

Des transcriptions rigoureuses ont donné la certitude de l'identité de toutes ces formes , qui désignent toujours le mono-

ECRITURES ANARIE1SNES.

gramme royal. Il en est de même de tous les autres signes. Quelques-uns ont passé dans l’écriture avec leur valeur monogrammatique seulement; d’autres, au contraire, se présentent avec une valeur monogrammatique et une valeur phonétique distinctes ; d'autres enfin n’ont plus qu'une valeur phonétique : le monogramme est oublié, il ne reste plus que l'articulation.

Ces articulations ont été d’abord déterminées par la transcription des nom propres. Le teitc perse a fourni 90 noms propres qui ont servi de base au déchiffrement ; en examinant les différentes places qu’un signe occupe , M. Oppert a déterminé les caractères qui en donnent l’articulation assyrienne, et ces valeurs se contrôlent les unes par les autres. Mais l’idiome des Perses ne renferme pas toutes les articulations sémitiques (1) ; les langues ariennes ne fournissent pas d'articulations correspondantes aux lettres b, x, p, o ; pour les déterminer, on a eu recours à des procédés philologiques de la nature de ceux qui avaient guidé les premiers explorateurs du texte arien dans leurs premières découvertes, et l’on a eu la preuve de la rectitude des procédés en rencontrant les mêmes lettres dans la transcription des noms propres sémitiques, ainsi que dans des mots dont le sémitisme garantissait l’exactitude et dont le texte perse donnait la traduction.

Nous avons vu que le D r . llincks reconnut que l’écriture assyrienne était syllabique. Mais la succession syllabique des signes qui doivent former les mots ne peut pas être arbitraire; l’orthographe n’est pas livrée au hasard : M. Oppert en a formulé la loi et la rigueur ne saurait en être contestée. Il a démontré que l’écriture assyrienne offrait des caractères pour représenter les voyelles, mais aucun pour les consonnes isolées, tandis qu’il y

(I) Expédition scientifique tn Mùvpoiamic , l, II, p. 3S.

ECRITURES CUNEIFORMES

en a pour représenter d’abord des articulations simples, telles que ma , da , ta, formées de la consonne unie à la voyelle désinente , et des articulations simples, telles que am , ad, ar, formées de la voyelle unie à la consonne désinente. Malgré cette inhérence de la voyelle au signe, les Assyriens n’admettent jamais d’hiatus. Ainsi lorsque les signes tels que ma, mi, mu se joignent aux voyelles, on aura »tu-a, mi-*, ma-u, on n’aura jamais ma-i , mi-a, ma-u Il en est de même pour les liaisons formées entre les valeurs syllabiques aux voyelles désinentes et les valeurs syllabiques aux consonnes désinentes, qui s’unissent ainsi: mo-ar, mi-ir , mu-ur, et, non pas ma-ir, mi-ar ou ma-ur.

Mais ce n’est pas tout ; l’écriture assyrienne présente des syllabes composées, dont le déchiffrement de noms propres perses a donné la certitude en indiquant la manière dont ccs syllabes étaient formées ; ainsi le nom de Cyrus est écrit Au -ra-as avec trois signes , et A u-ras avec deux. Il est aisé de voir que le signe qui représente la syllabe ras est une syllabe composée, dont les deux syllabes simples ra et as sont les éléments naturels. Aussi , quand on a rencontré le nom de Cambyse écrit A'am-bu-si-ia , on n’a pas hésité à lire le premier signe Àom. La preuve de l'exactitude de cette lecture n’existait pas dans les textes trilingues; mais quand les documents ont été plus nombreux, on n’a pas tardé à rencontrer les éléments simples de cette syllabe Ka am dans les textes ninivites. Il en est de même pour toutes les syllabes complexes.

On peut voir, par ces décompositions, une preuve de plus de l’inhérence de la voyelle au signe syllabique simple; carie rapprochement des consonnes ne se fait pas indifféremment par l’un ou l’autre signe simple, mais seulement par celui qui offre une voyelle commune. Ainsi mar se décompose toujours en ma-ar ,

ÉCRITURES ANARIE.NNES.

mir en mi-ir ; mais jamais mi et ar ou ma et ir ne se présenteront comme les éléments d’une syllabe composée, qui serait mar ou mir. Des transcriptions, cent fois répétées, ont démontré la justesse de ces faits qui prouvent que l’orthographe assyrienne n'avait rien d’arbitraire ; il su (Et désormais de les énoncer ; ils ne sont plus contestés par personne.

En érigeant ces faits en principes, on a eu raison de ces nombreux caractères que l’on croyait homophones , et les 642 signes trouvés par M. Botta n’ont plus paru trop nombreux , puisqu’il en faudrait 683 pour représenter toutes les combinaisons possibles de deux et trois lettres que l’on voudrait former sur l’alphabet sémitique, en supposant que toutes les syllabes simples et toutes les syllabes complexes d’un tel syllabaire soient nécessaires à la langue. Mais en assyrien, comme dans toutes les langues , il y a des articulations possibles qui n’entrent jamais dans le discours.

Cette démonstration de la loi du syllabisme a donc permis à M. Oppert d’affirmer qu’il n'existe pas d'homophones. Où ses prédécesseurs avaient vu , par exemple , six caractères différents pour représenter un 11, il a constaté six articulations différentes : ro, ri, ru, ar, ir, ur. Si l’on joint à cela qu’il peut y avoir encore des caractères pour représenter la syllabe simple unie à la voyelle, on pourra supposer une nouvelle série de signes qui contiendront encore la même consonne ; puis on aura encore un R dans toutes les syllabes composées qui la reproduiront , soit au commencement, soit à la fin, tels que mar ou ram, etc. Enfin, si l'on songe que le même signe, procédant du même hiéroglyphe, a pu être différemment traduit suivant l’âge ou le lieu du monument , affectant des formes différentes à Ninivc et à Babylonc, on comprendra les nombreuses réductions que l’on pourra former dans tous ces signes, qu’on considérait comme distincts au

KCRITl'RES CUNÉIFORMES.

premier abord , pour les ramener aux articulations usuelles des Assyriens.

En suivant, du reste, les différentes valeurs qui ont été données aux signes depuis les premières recherches de MM. Lowenstcrn cl Botta, on arrive à se convaincre facilement que tous les signes qu’ils avaient considérés comme homophones ne représentent que des variétés graphiques ou des variétés syllabiques provenant de l'influence de la voyelle motrice. Ce n’est point un principe a priori, c’est le corollaire des travaux accomplis, dont la comparaison des différents alphabets peut donner les éléments, et dont la transéription des passages qui renferment les caractères dont on voudrait rechercher la valeur peut donner le contrôle.

Les idéogrammes offrirent une difficulté déplus; pour la transcription des syllabes composées, il suffisait de rencontrer les mêmes mots écrits avec l'un et l’autre de ces éléments ; pour les idéogrammes, il fallut attendre la décomposition d'un même mot dans des formules dont on avait déjà la traduction.

Les idéogrammes se présentent , en effet, dans le texte assyrien comme nos chiffres , qui sont de véritables idéogrammes exprimant la même idée pour les Français, les Allemands, les Anglais, etc., et ayant des valeurs phonétiques différentes, suivant les peuples qui les lisent. Le chiffre qui s’écrit A se prononce quatre, vier, four; en' assyrien, il s’écrit ~ *— e t se

prononce <WT<T£U- , Arba; le chiffre assyrien permute , dans les mêmes formules, avec la transcription syllabique.

Les inscriptions trilingues ont donné toute certitude sur la signification des idéogrammes quelles renferment, et dont elles donnaient la traduction: quelquefois elles ont offert , dans des passages parallèles, l’idéogramme cl le groupe phonétique traduits par le même mot perse. Ainsi , l’idéogramme royal est un de

ECRITURES ANARIENNES.

ceux qui ont été les premiers remarqués. M. Rawlinson l’avait d’abord traduit par Melek , à cause du sémitisme de la langue assyrienne qu’il soupçonnait, tandis que M. Luzzallo le traduisait par Nara, à cause du sanscritisme qu’il supposait à cette langue. Quelle était la véritable articulation ? Était-elle sémitique ou indo-germanique ? L’inscription des fenêtres de Persépolis a donné la décomposition du signe ; en effet , nous avons vu que M. Botta avait déjà constaté les différents caractères qui devaient exprimer le mot roi , et nous avions pour traduire le mot perse les deux formes :

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