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et qui donne l'articulation phonétique très-reconnaissable du nom de Babylone (1). Nous avons donc d’une part, par la traduction perse, la signification de l’idéogramme; d’autre part, par la comparaison des textes, la décomposition syllabique de l’idéogramme, et dès-lors la double certitude de la valeur idéographique et de la valeur phonétique du nom de Babylone.
( 1 ) Nous avons donné supra la forme archaïque, p. 160 , ligne 7 de l'inscription.
ECRITURES ANARIENNES.
Il existe plusieurs autres combinaisons de caractères qui représentent également le nom de la capitale de la Chaldée; nous nous bornerons à citer encore celle-ci , dans laquelle les signes sont pris aeec la valeur phonétique qu'ils reçoivent de leur signification idéographique ; elle s’écrit, en caractères modernes (I) :
BABt 1101
Le premier signe , T , a la valeur idéographique de
porte; il se lit babi en assyrien , ainsi que cela est établi par la comparaison des textes trilingues; les deux signes qui suivent
HE? expriment le dieu suprême, le dieu Itou, Ilou-
Ilou, le dieu qui inonde, le haoï de Diodore?. L’ensemble phonétique de ces signes donne donc encore le nom de Babylone , et leur signification idéographique se devrait traduire : la porte du dieu flou.
Ces différentes manières d’exprimer le nom de la même ville n’impliquent pas nécessairement l’identification des signes qui composent ces groupes : c'est ainsi que Rome est désignée, dans le» auteurs latins , par URBS et par ROMA , sans qu'on ait songé à identifier la valeur phonétique des quatre caractères qui composent ces deux groupes et qui désignent la ville de Romulus. Il en est de même en assyrien ; aussi les identifications auxquelles on est conduit parla comparaison des textes, doivent être accueillies avec la réserve que le progrès du déchiffrement comporte.
Il a été sans doute très-utile d’avoir, à l’origine, la traduction,
(1) Voyci mpra la forme archaïque, p. iOO, ligne 2 de l’infcription.
jK'rse pour reconnaître le groupe où l’on devait chercher, dans l'assyrien trilingue , les noms propres qui ont servi de base au déchiffrement. Mais on n’a pas tardé à s'apercevoir que ce moyen d'investigation Détail pas suffisant et que la comparaison des textes venait puissamment en aide à ce premier moyen. Si la traduction perse nous eut fait défaut , le nom de Dabylonc ne nous serait pas resté inexplicable en présence des textes de Nabuchodonosor, puisqu’ils nous donnent également toutes les formes de ce nom. On l'eût expliqué comme on a expliqué le nomdeNinive.qui ne se trouve pas dans les inscriptions trilingues. On rencontre , en effet, dans les inscriptions de Khorsabad, un groupe précédé du
signe indicatif des noms de ville, s3e! , qui serait resté inexplicable, comme tous les idéogrammes, si sa décomposition phonétique eût fait défaut’, mais il permute avec un autre groupe dont la valeur des signes se laisse traduire :
■ NI Ntl A.
Il était donc impossible de ne pas reconnaître, dans le groupe phonétique et dans les groupes idéographiques, le nom de la première capitale de l’Assyrie. Il en est de môme de tout l’ensemble du système graphique: les documents assyriens sont assez nombreux pour qu'il soit permis d'espérer qu’on rencontrera, un jour ou un autre, la transcription phonétique de tous les groupes idéographiques qui embarrassent encore la lecture des textes assyriens.
La grande difficulté est de distinguer ce groupe idéographique des groupes qui doivent être lus syllalùquement. Nous avons
ECRITURES ANCIENNES
vu que l'orthographe phonétique assyrienne suivait des règles précises dont la rigueur ne peut être contestée. M. Oppert ajoute encore que l'enchaînement syllabique n’était pas indifférent dans la composition des groupes- Ainsi les Assyriens avaient adopté, pour règle générale, d’écrire les syllabes qui forment le milieu des mots par des signes commençant par des consonnes et non par des caractères qui se terminent par une consonne. Donc, toutes les fois qu’on rencontre une suite de deux ou plusieurs signes syllabiques simples aux consonnes désinentes, on peut être sùr qu’on a affaire à des groupes de monogrammes (1).
Ces suites de signes sont quelquefois très-considérables, ainsi que nous l'avons vu par le nom de Nabuchodonosor , dont les monuments unilingues ont donné également toutes les formes, depuis l’ensemble idéographique jusqu’à sa décomposition phonétique en syllabes simples.
Nous avons dit que la différence qui devait résulter de la signification idéographique d’un signe , et sa valeur purement phonétique, ne constitue pas pour nous le fait de la polyphonie véritable. Ainsi , le signe J ^ qui a la valeur syllabique de an, et la
valeur idéographique de filt, reçoit de cette valeur idéographique une articulation pal , qui a pu être appréciée, mais qui ne provient pas d'une double prononciation inhérente au signe. 11 en est de même de l’idéogramme divin ; il en est de même de tous les signes de l’écriture assyrienne. Ce fait nous conduit directement- à nous occuper du phénomène de la polyphonie véritable.
Je dis le phénomène et non pas le principe. En effet, les valeurs
(1) Expédition scientifique en Mésopotamie , I. il , p. 103.
ECRITIRES Cl MEirOMES
polyphones, comme nous espérons le démontrer, sont , dans les écritures anariennes, un accident, bien loin d'y être un principe.
Rappelons-nous ce qui a eu lieu pour déterminer la lecture du nom de Darius, que nous avons déjà cité plusieurs fois: il s’écrit :
!EeT<T^-Mê3=Tï^
et se lit: ds ni y* vus.
Le signe , dont la valeur a été long-temps indécise,
n'a été définitivement lu vus que lorsqu'on a eu la preuve qu’il
permutait avec les signes vu et ^ y y J vs; mais,
d'un autre côté , on s’aperçut que le même signe terminait également le nom de l'Égypte , qui s'écrit :