‹ Les Ecritures CunéiformesChapitre 27 sur 33 · HF · texte numérisé non relu

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et se lit : mi sir, parce que le dernier

signe est remplacé également dans ce mot par les deux signes «

si et ^-yy ir. Ce signe a donc deux valeurs distinctes: il est polyphone , et cette polyphonie n’est pas spéciale à ces deux mots, dont l'un présenterait un fait isolé; car d’autres mots renferment le môme signe et présentent également la môme décomposition, tantôt en vu us, tantôt en si ir ; toutefois, la lecture, une fois déterminée , est constante; elle persiste pour le môme mot. Ainsi , par exemple , jamais le signe ^ Hf< ne présente une décomposition qui permettrait de lire le nom de Darius Da-ri-ya-si-ir ou le nom de l’Égypte Mi-vu-vs, quoiqu'il en

ECRITURES ANCIENNES

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soit, le fait annoncé par le colonel Rawlinson est donc exact, et malheureusement de trop nombreux exemples viennent le confirmer.

lin mot de l’écriture assyrienne, dont le texte perse nous donne la transcription et le contrôle , rend surtout sensible ce fait par la juxta-position du même caractère pris avec deux valeurs syllabiques différentes. C'est le nom du fondateur de la dynastie des Achéménides, dans lequel le double crochet « est pris tantôt avec la valeur de man, tantôt avec celle de nis, et quelquefois, dans le même mot, avec ces deux valeurs. Ce fait est d’autant plus remarquable que le môme signe, outre ces deux valeurs syllabiques, a la valeur idéographique de roi, qu’il faudrait prononcer ïorru. La polyphonie syllabique est donc un fait constant, et cet exemple est tellement connu qu’il nous suffit de le rappeler ici.

La difficulté existe donc et pourtant elle n'a pas arrêté les progrès sérieux qui se sont accomplis ; car on ne peut nier que l'on ait lu jusqu’ici les textes assyriens avec cette difficulté, et malgré cette difficulté. Le colonel Rawlinson , qui le premier l’a signalée, n’en a pas moins traduit les passages où précisément il la rencontrait si inopinément.

M. Brandis a essayé de la limiter aux noms propres; selon lui, ces noms seuls en auraient été affectés (I). Malheureusement on a constaté que ce phénomène se reproduisait , non-seulement dans les noms communs , mais encore dans lus adjectifs et dans les verbes; en un mot, que ce phénomène envahissait toutes les parties du discours.

M. Oppcrt, pour résoudre la difficulté, a commencé par en

(1) Uebcr deti bfoUfciscbeti Genton ans dcHtolxiffcnmg ilrr as*jrri$clien Inscbriflen. Berlin, 1850.

ÉCRITFRES Cl AÉiroR«E*

chercher l'explication ; ce serait, d’après lui , le résnltat de l’origine des caractères assyriens, qui, d’abord idéographiques et phonétiques chex le peuple qui le premier les a mis en usage , ont passé à l’Assyrie avec leur valeur syllabique, et ont reçu de plus des Assyriens de nouvelles valeurs syllabiques, conformes à l'appellation assyrienne de l’idéogramme. Nous avons déjà mis

en relief la double valeur dti signe >->— J qui a la valeur syllabique de an , et la valeur idéographique de flou en assyrien , tandis qu'en médo-scythiquc il n’ofTre pas cette anomalie. En multipliant ces observations et en les généralisant, M. Oppert a pensé qu'il était toujours possible de reconnaître la véritable articulation phonétique d’un signe en remontant à son origine $cytbique ou touranienne. Quel que soit le vague qui s’attache à ce mol , il suffit , pour désigner ces pays de l’Asie centrale où l’on parlait une langue dont de nombreux fragments sont parvenus jusqu'à nous.

Après avoir ainsi expliqué le phénomène de la polyphonie , M. Oppert en a d’abord singulièrement restreint l’étendue, en découvrant un fait que sa fréquente répétition a permis d'élever à la hauteur d’un principe de lecture, et auquel il a donné le nom de compliment phonétique. Ce fait résulte du mélange des caractères idéographiques et des caractères phonétiques: il existe dans l’écriture hiéroglyphique des Égyptiens , suivant tous les égyptologues ; il existe dans l’écriture japonaise , suivant M. de Rosny ; il devait se trouver dans l'écriture assyrienne , comme on peut légitimement le supposer dans touteslcs écritures hiéroglyphiques. Voici en quoi il consiste : un signe idéographique est susceptible d’éveiller plusieurs idées; pour les distinguer, les Assyriens écrivaient d'abord l'idéogramme et lui donnaient la terminaison phoné-

ÉCRITURES ARARIENNES.

tique que le mot aurait eue, s’il eût été écrit phonétiquement. Le nom de Nabuchodonosor présente souvent les deux premiers

signes idéographiques

an ak (Nabu), avec la

terminaison phonétique enduriusur (supra, p. 1G0). Lorsque le groupe est moins fréquent, lorsque les signes sont moins nombreux, il est quelquefois plus difficile de distinguer la valeur idéographique du premier signe. Ainsi le signe a la valeur idéographique

de soleil , par suite celle de soleil levant , puis celle de jour. Ces différents mots sont rendus par des signes phonétiques avec des prononciations syllabiques différentes; mais elles ne sont pas inhérentes au caractère idéographique qui sert à exprimer la même idée , à l’aide du complément phonétique , tout en conservant au nouveau groupe la terminaison du groupe syllabique. Nous avons ainsi deux expressions :

4 TCJ

Ut uni

yu uni = jour.

Ut mi

y u mi = les jours.

Ut si

sa an> - si = soleil.

*ïssy j

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