‹ Les écritures figuratives et hiéroglyphiques des différents peuples anciens et modernesChapitre 13 sur 61 · II. — SYSTÈMfi DE l'écriture CHINOISE · texte numérisé non relu

II. — SYSTÈMfi DE l'écriture CHINOISE

L'écriture chinoise, comme on a pu le voir par ce qui précède, ne se compose point de lettres proprement dites, comme les écritures alphabétiques, mais de signes représentant ou figurant des idées, et que l'on a coutume de désigner sous le nom de signes idéographiques.

Le nombre des signes idéographiques étant très-considérable , et quelquesuns d'entre eux étant très-compliqués , il a été nécessaire de rechercher quelques, affinités entre eux, permettant de les disposer dans un certain ordre qui &cilitât les recherches dans les lexiques. Aussi les signes idéographiques ont-ils été classés par les Chinois et par les Européens, dans leurs dictionnaires» suivant deux ordres différents : 1^ l'ordre des cle& ou radicaux ; 2® l'ordre phonétique.

I. Les CLEFS ou RADICAUX chiuois sont ordinairement les images les plus

1 Voyez la planche d-jointe. 1 Kica-hing^chou à la charmante éoritnre tMiq des Per-

2 Noos avoDs comparé aiUeors la calligraphie | sans, et le ihêoo à leur dûkeité.

saillantes qui se remarquent dans les caractères chinois composés et qui servent ainsi à leur classification.

Voici, à titre d'exemple, quelques caractères dépendant tous également du 46^ radical, celui dei^ montages llJl (figuré primitivement par un mont k trois pics Z±^) :

On retrouve la 46® clef j\ dans chacun des signes contenus dans la ligne ci-dessus ; mais sa place est, comme on le voit, très- variable. D'autres clefs, au contraire, conservent généralement la même position dans tous les carac-^ tères qu'elles servent à former.

Les principales clefs sont celles de Yhommey de la bouche^ de la l^rre, de la femme y du cœur^ de la matn, du soleil^ des arbres^ de Yeau^ du feu, des mala^ dies, de l'cet*/, des pierres^ des céréales^ des bâmboux, de la soie, de la chair, des plantes, des insectes, des vêtements, de la parole, delà marche, des mélauçp, des espèces chevalines, des poissons, des oiseaux.

II. Les PHONÉTIQUES sont certains signes qui servent, dans les écritures figu* ratives ou idéographiques, à représenter les sons de la langue parlée.

En Chine, les caractères de la haute antiquité étaient, comme nous l'avons dit, simplement figuratifs. Mais, avec le temps, on sentit le besoin d'établir des rapports entre la langue orale et l'écriture ou, en d'autres termes, de fixer, par un procédé graphique, le son par lequel on nommait chaque figure dans le langage. De là vinrent lep. caractères appelés hing-ching, qui ne sont autre chose que des signes figuratifs perdant leur valeur idéographique propre, pour ne plus représenter que les sons conventionnels qui leur sont affectés. C'est ainsi que le signej^ (en chinois antique ^ ) par lequel on désignait les tablettes avec inscription ptecées au-dessus des portes, et que Ton appelait pien, entre dans la composition d'un assez grand nombre de caractères, où il perd sa signification primitive pour ne plus leur donner, à tous, que le son qui lui est inhérent Ainsiles groupes ^| fg |g ^g §f gg |f || .gîj ^ M IB fi fi se prononcent tous pien, parce qu'ils ont pour phonétique le signe j^ c tablette », qui se prononce pten.

On trouvera ci-contre, dans la forme correcte^ la table des 214 cle& chinoises usitées actuellement par la plupart des lexicographes chinois. Quant à la table des phonétiques, sa trop grande étendue nous force de renvoyer à Tappendice que nous avons joint à la seconde édition delà grammaire chinoise d'Âbel Rémusat*.

> Nous ayons publié la table des 214 defs^ en trois éeritnree différentes, dans les planches de la NoUa iur f écriture chinoiiê et let fnincipales phate* de $on hiitoir$ (Paris, 1864), in^.

3 ÉUmirUt de la grammaire cfUnoiêe, par Abel-Bémnsat; deuxième édition augmentée (Paris, 1857 , gr. in-8®; publiés par la librairie orientale do Maisonneute et Ge.)

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