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^% ÉCRITURE ANNAMIQUE.
Les indigènes de rAnnam, Tun des principaux états de Tlnde transgangétîque, se servent dans leurs livres et dans leurs écrits en général des caractères idéographiques de la Chine ; mais ils ne les ont pas adoptés sans les avoir naturalisés annamiques, c'est-à-dire sans leur avoir Mi subir certaines modifications qui rendent les lettres de TAnnam généralement inintelligibles aux lettrés mêmes du Céleste-empire.
Les caractères chinois conservent, au fond, dans TAnnam, leur prononciation originale; seulement celle-ci est légèrement altérée, comme dans les difféi'ents dialectes chinois. Quant au sens qu'ils expriment, il diffère souvent à la Chine et dans TAnnam. Ainsi, par exemple, le mot tcha, qui, en chinois, signifie sHrriter^ veut dire père en annamique ; le mot tchi^ qui est en chinois la marque du génitif, et qui signifie également : celui-ci, celui-là, cela; aller, etc., se prononce dans TAnnam chi^ gi et giâï. Avec les deux premières prononciations, il signifie : « Quoi? quel? combien?; » lu giay^ il a un sens tout différent et veut dire : « un instant. >
En outre, les Annamiques ont ajouté aux signes idéographiques de la Chine introduits chez eux, une série de groupes nouveaux, composés, il est vrai, d'éléments de caractères chinois, mais qui, réunis, sont cependant étrangers au chinois, car ils ne se rencontrent dans aucun écrit rédigé dans cette langue. Le prmcipe du phonétisme, dont nous avons parlé plus haut ^ en nous occupant de récriture chinoise, a été généralement observé dans la composition de ces signes \