PEINTURES FIGURATIVES DE DIVERSES PARTIES DE L'AMÉRIQUE
Plusieurs auteurs ont remarqué avec raison que l'écriture figurative ou, si l'on préfère, la peinture didactique, se retrouve chez la plupart des nations qui ignorent l'usage des lettres. On devait donc s*attendre à en découvrir des traces dans toutes les parties quelque peu civilisées de l'Amérique, tant septentrionate que méridionale. En effet, les recherches du petit nombre de savants adonnés jusqu'à présent à l'étude des idiomes et des antiquités du Nouveau-Monde, ont mis au jour quelques précieux témoignages de l'emploi, chez les Indiens, de la peinture figurative, pour fixer la pensée et pour en retrouver au besoin l'expression oubliée. Il faut malheureusement reconnaître qu'il subsiste trop souvent des doutes sur la provenance de ces documents et sur l'exactitude des copies que nous transmettent les voyageurs auxquels il est donné de faire d'aussi curieuses découvertes. Toutefois, il nous parait utile, au moins pour mémoire^ de moitionner ici quelques-unes des pièces dont nous voulons parler.
On a découvert quelques peintures sur bois chez les indigènes de la baie de Norfolk \ Elles étaient généralement assez grossières. Etienne Marchand dit avoir vu^ chez les naturels du canal ou détroit de Gox, des tableaux appelés Kaniakf dont lia surface tout entière était couverte de figures en couleurs assez vives, représentant en rouge, en noir, eu vert,, les. diverses parties du corps humain, peintes séparément, dis nous rappellent, remarque le même voyageur,
1 Dam la Virginie (Êtati-Unit d'Amériqna;.
Fac-similé d'une Peinture figurative Américaine
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ÉCRITURES AMERICAINES
ces peintures, ces grands tableaux du Mexique, dont les historiens espagnols nous ont transmis les descriptions et les dessins K >
Une peinture indienne d*un autre genre, mais d'une date assez récente >, a été trouvée dans la Virginie. Elle contient des images purement didactiques, d'autres symboliques, et enfin un certain nombre de figures purement conventionnelles. C'est le récit d'une expédition entreprise, contre les Anglais, par une troupe d'Indiens qui avaient Êiit alliance avec la France ^.
Les Irokois et les Hurons, tribus sauvages de l'Amérique paraissant appartenir à une même souche originaire des bords de ces grands lacs^ qui séparent aujourd'hui les États-Unis de la Nouvelle-Bretagne et du Canada, avaient aussi des peintures figuratives. Quelques auteurs ont même prétendu que c'étaient des peintures historiques : ils ajoutent qu'elles étaient extrêmement grossières.
Dans l'Amérique du Sud, on trouve employées simultanément les peintures figuratives, les cordelettes nouées, les cailloux, les grains de mais, etc. Nos connaissances relatives à ces divers procédés graphiques ou mnémoniques, se réduisent à fort peu de chose. Acosta nous apprend bien qu'à dé&ut d'écriture proprement dite, on se servait, dans l'empire des Incas, de peintures analogues à celles du Mexique, et que celles du Pérou étaient les plus grossières des deux systèmes «; mais le savant Père de la Compagnie de Jésus ne nous fournit point de détails sur leur nature, ni sur les règles suivant lesquelles on parvenait à écrire toutes sortes de livres avec ces images. Ajoutons qu'aucune reproduction de peintures figuratives péruviemies n'est encore parvenue jusqu'à nous. — Quant aux cordelettes nouées, aux cailloux et aux grains de mais des anciens Péruviens, il en sera dit quelques mots dans la suite de cet ouvrage.
Terminons ce ehapitre en mentionnant ati moins les peintures grossières des Pàtagons, dont parle Narborougb \ et celles que des voyageurs prétendent avoir Tues chez les indigènes de la Colombie et chez ceux qui habitent l'intérieur de Tempire du Brésil.
1 Voyagt amtour 4u monde, par Êtiefime Marchand, t. n, p. 123.
3 Du courant du dix-Beptième Biècle.
3 On ea retrouve la reproduction et Texplioation dans le Nouteau voyage de Lahontan dam l'Àmériq;uê «ipf«nln'ona/e, t. H, p. 191.
* Principalement dee rivée dn lao Hmon.
& u Suplian la faite de escritura j letras :
parte con pinturas como Iob de Mexico, aunque las del Pim eran muy grosseras y toscas : parte y lo mas eon Quipos. *• Acosta (los. de), HisU nol. y mor, de la$In» dMM,.li¥. Ti, oh. a;, p.. 266, vo, de Tédit. de Barwlona(Z691, in-I2).