‹ Les écritures figuratives et hiéroglyphiques des différents peuples anciens et modernesChapitre 24 sur 61 · XVI. — PLANTES · texte numérisé non relu

XVI. — PLANTES

Coiffure.

CoUier.

Couronne. Sandale.

Arbre. Touffe de lotus. &pi. Gousse.

Champollion divise les hiéroglyphes égyptiens * en trois classes bien distinctes, qui connprennent :

1^ Les caractères mimiques ou figuratifs ; i^ Les caractères tropiques ou symboliques; 3® Les caractères phonétiques ou signes de son.

Les caractères figuratifs sont ceux qui expriment l'objet même dont ils présentent à Tœil Timage plus ou moins exacte, plus ou moins abrégée ; comme le signe d'un homme pour désigner le mot homme; un croissant pour désigner le croissant lunaire; un crocodile pour représenter cet animal, etc.

Les caractères symboliques ont été imaginés pour exprimer des idées abstraites qu'il n^était possible d'indiquer que par des images conventionnelles ou allégoriques. Par exemple, deux bras, dont l'un tient un bouclier et l'autre un trait ou une lance, désignaient une armée ou un combat * ; un vautour signifiait une mère ', parce que cet oiseau passait pour nourrir ses petits du sang de ses propres entrailles ; une abeille signifiait roi, souverain^ chef du peuple * ; une plume d'autruche exprimait la justice * , parce que toutes les plumes des ailes de cet oiseau passaient pour être égales.

Enfin les caractères phonétiques étaient ceux qui rappelaient conventionnellement des sons de la langue orale, comme nous en avons vu plus haut d'usités pour la transcription hiéroglyphique des noms de Ptolémée, de Cléop&tre, de Bérénice et d'Alexandre, t Cette classe de caractères, dit Champollion, est la plus importante, puisque les signes qui la composent sont d'un usage bien plus fréquent que ceux des deux premières, dans les textes hiéroglyphiques de tous les âges. >

Le système de ces hiéroglyphes phonétiques consistait à attribuer à certaines images la valeur de la première lettre du mot égyptien par lequel on les désignait dans la langue orale. Ainsi, par exemple, la lionne j%A représentait an hiéroglyphes la lettre L, parce que le nom de la lionne, en égyptien Aft^&aT, labô^ commençait par une A, L; de même, un aigle )^ figurait un A, parce que aigle se disait s^^w^ ahom, mot qui commençait par un 5^* A. De cette façon, dit Champollion le jeune % c il résulta la faculté de représenter une même voix ou une même articulation par plusieurs caractères différents de forme comme de proportion. Ainsi, par exemple, le scribe égyptien, usant de cette latitude inhérente à la méthode phonétique, pouvait, à son choix, représenter indiîYéremment l'articulation R par une bouche (en égyptien pas r^),par

' Grammairt igyptitnM, p. 28.

2 fiorapolIoniB HieroglypHca, lit, II, hier. v.

' Hor. Oper, cit. , lib. I, hier. zi«

^ HorapoU. Oper. cit., lib. I, hier. LZii. * Hor. Oper. cil., lib. I, hier, cxviu.

Gramm^ égypt,, p. 28-29.

uue grenade (égypi. pa^A^B^tt rôman)^ ou par une larme (égypt. pi^UE rimé); l'articula tionT par une main (égypt. ^OT ro^),par une aile (égypt. ^Ett> tenh) , par une huppe (égypt. "lETiKn tepip)^ etc. >>

Ce procédé^ qui semble avoir été commun à plusieurs nations de l'antiquité, a paru assez étrange chez un peuple auquel l'antiquité attribuait une si hvç^e part de civilisation, et chez lequel elle est portée à placer le berceau de ses sciences, de ses arts et même de sa philosophie \ c J'avoue qu'en lisant l'exposé de cette découverte, dit Klaproth ', j'avais peine à y ajouter foi, tant elle faisait paraître absurde cette nation égyptienne si vantée, et, on peut dire, si révérée parmi nous. Serait-il possible, me disais-je, que le peuple que l'Europe a regardé pendant plus de vingt siècles comme l'inventeur des lettres, des sciences et des arts, ait eu l'esprit borné, au point de se servir d'une manière si puérile d'exprimer ses pensées par écrit? Ces prêtres de Diospolis et de Mempbis ne se seraient-ils occupés que d'apprendre par cœur un tas de mauvais rébus et d'insipides calembours qui feraient honte aux auteurs des devises dont les confiseurs de la rue des Lombards entourent leurs bonbons? » Telle était l'opinion de l'un des plus savants orientalistes du commencement de ce siècle, sur un principe considéré comme essentiel dans le système graphique mouu* mental et religieux des anciens Egyptiens.

La liste des signes phonétiques qui composent l'alphabet de Champollion * renferme 260 figures, y compris celles qui servent à la transcription hiéroglyphique des lettres grecques.

Page 1