HIÉROGLYPHES LINÉAIRES
Le dessin compliqué des figures hiéroglyphiques qui ornaient les monuments de l'antique Egypte, réclamait un soin et un temps trop considérable pour qu'il pût être adapté, sans altération, à la reproduction journalière des textes hiéroglyphiques sur papyrus. On résolut d'y substituer un tracé abrégé qui, tout en rendant suffisamment reconnaissables les objets qu'on voulait représenter, pût s'effectuer avec une assez grande rapidité et sans le soin et le talent^ nécessaires pour des reproductions artistiques^ telles que celles qu'où admire, par exemple, sur les lbas-reie& de la xxvi« dynastie. Ces figures
< Py thagore passe pour avoir été étudier en Egypte les principes de la philosophie qu'il enseigna, plus de cinq siècles avant notre ère, aux disotples qu'il avait réunis à Crotone, en Italie (Grande-Grèce). Voy. Porphyrii De vita PylAoyorcv, pag. 89 (édit, Didot)«
' Letlrt 9ur la découverte des hiéroglyphei acrologiquet
adrettée à Jf. le checalier de Qoulianoff^ par Klaproth, p. 2.
3 Grammaire égyptienne^ p. 35 et suiv.
4 Les personnes habituées au tracé des hiéroglypht^ linéaires savent avec quelle facilité on parvient à leur donner un aspect agréable , sans avoir acquis préalablement une grande connaissance du dessin.
abrégées sont désignées par les égyptologues sous le nom d'hiéroglyphes linéaires. La planche ci-contre en fournit quelques exemples. On ne peut s'empêcher de reconnaître avec Champollion le jeune ^ que, bien qu*il soit trèsprobable que dans la haute antiquité les caractères égyptiens aient été des images abrégées des objets représentés, tout comme les hiéroglyphes linéaires, il est évident que ces derniers signes portent dans leur ensemble et dans leurs proportions le cachet d'une main d'artiste très-exercée et comme on n'en rencontre point à l'origine des civilisations ni aux joui*s qui ont donné naissance aux premiers essais d'écriture. Les caractères figuratifs des anciens Chinois, dont nous avons donné quelques spécimens ', viennent à Tappui de cette assertion.
Si l'ordre naturel de dérivation des écritures égyptiennes ne nous portait à parler maintenant de l'écriture hiératique, nous aurions préféré nous occuper d'abord du démotique, parce que cette dernière écriture est moins connue que la précédente, et qu'elle a servi, gr&ce à la pierre de Rosette, aux premiers déchiffrements des caractères de Tancienne Egypte. Cependant, comme l'hiératique est une dégradation des hiéroglyphes linéaires, c'est ici le lieu d'en dire quelques mots.
Les caractères hiératiques, suivant Champollion le jeune, peuvent se répartir en quatre classes principales :
Lsk première comprend des signes qui reproduisent assez exactement les contours des figures hiéroglyphiques qu'ils sont appelés à représenter, et cela eu employant aussi peu de traits que possible '•
La seconde classe renferme des signes qui paraissent, au premier abord, entièrement arbitraires et étrangers aux figures hiéroglyphiques dont ils tiennent la place, mais qui sont cependant formés du contour principal de l'hiéroglyphe, dont les autres parties ne sont point indiquées dans le tracé ^
La troisième classe est formée de signes hiératiques qui ne reproduisent plus qu'une ou plusieurs parties seulement des hiéroglyphes linéaires dont ils dérivent •.
Enfin, la quatrième classe des signes hiératiques, *< Tune des plus nombreuses, dit Champollion le jeune*, ne renferme que des formes tellement éloignées de l'hiéroglyphe primitif, qu'on peut, en quelque sorte, donner à plusieurs d'entre eux, et à bon droit, le nom de signes arbitraires \ > Inutile d'ajouter que les
< Grammaire égypt.^ p. 13.
* Voy, notre planche à la page 6.
3 Voy. la planche ci-contre, sect. A.
4 Voy. la planche ci-contre, leot. B.
^ Voy. la planche d-contrp^ sect. C.
Grammaire égyptienne, p. 18.
7 Voy. la planche ci-contre, sect. D.
Rfchtrchfî nue TEcnhi
ECRITURE HIEROCLYPHigUE EGYPTIENNE
HIERD&LÏPHt KIEROUYPKE
pur. linéaire.
HIEHOGLYPHÏ HI[flÛI>LYP«E
pur Imf.aire
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HIEIIOeLYPH£ HIEROGLYPHE
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ECRITURt HIE RATIQ UE EGYPTIENNE
«lEttOSLYPHt HIERRTIIfUC
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HlEROeiYPHE HlUlTIQUE
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HIEnoeilPHÏ HlEAlTjquC
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Hli^^LIPHE HIEHRTIIIUC. 1 11 HICHOfrLÏPHE HIERkTIfUI
NîsLSCE.ntavc el C'' Lditsurs
IEH06LYPHC HI£niTI<}UC
ÉCRITURE ÉGYPHENNE.
caractères hiératitiues de cette section présentent souvent de grandes difficultés lorsqu'il s'agit de les rapprocher de leur hiéroglyphe primitif, et qu'elle est une source continuelle d'incertitude et de méprises.
Les caractères hiératiques se disposent comme les hiéroglyphes, isolément ou superposés deux à deux ou trois à trois; mais, sauf quelques cas extrêmement rares, ils sont toujours tracés par lignes horizontales qui doivent se lire de droite à gauche, comme on peut le voir sur la planche ci-annexée.
Ajoutons qu'il existe des papyrus égyptiens dont le caractère tient à la fois de récriture hiéroglyphique linéaire et de l'hiératique.
Ilf. ÉCRITURE DÉMOTIQUR.
La première base de déchiffrement des textes démotiques fut, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, le célèbre décret de Rosette. Silvestre de Sacy ' y reconnut les groupes de signes démotiques qui devaient coïncider» et reproduire les noms de Ptolémée, de Bérénice, d'Alexandre, etc., existant dans la version grecque de linscription. Peu après, Akerblad, savant Suédois, re^ leva, sur le même monument, un premier alphabet démotique qu'il appliqua au déchiffrement de quelques mots écrits dans ce caractère '^. Enfin le b^ Young et GhampoUion le jeune ' s'occupèrent également de l'étude du démotique, toujours en s'appuyantsur la pierre de Rosette.
Un autre secours vint faciliter l'étude de l'écriture populaire de l'ancienne Egypte. Ce fut la découverte d'un contrat de vente écrit en démotique, et dont une version grecque avait été rapportée en Europe par le chancelier Grey \
Plus tard, un papyrus gnostique du Musée de Leyden, renfermant des transcriptions grecques interlinéaires fournit à MM. Reuvens et Leemans de nouveaux matériaux pour l'étude du démotique, matériaux dont ils firent successivement part à l'égyptologie \
Enfin, un jeune savant prussien, M. Henri Brugscb, résuma ses travaux importants sur le démotique dans la grammaire qu'il a imprimée à Berlin, avec beaucoup de luxe, en 1855 *.
^ Lettrt au citoytn (ihaptal au sujet dt l'intcription éçm^ifrmtdumonumtnt trouvé à Rotetlt (Par, 1802)in-8*.
^ Lettrt tur Vinicription égyptitnne d« Rottttê (Paris 1802), in 8*.
3 Young (Thomas), Budiment* of an £j/yplian Dietionary tnthe ancitnt enchorial chiwacter (London 1831), in-8* ; Champollion le jeune, Grammairt égyptienne, et surtout, Manutcrite inédite conservés à la Bibliothèque impériale de Paris.
* Voy. Kosegarten, Bemerkungen uber den jEgyptie*
chen ext Teinee Fapyrue aue der Minutoli 'echen Samm^ lung (Greifswald, 1824); et Depritca ^gyptiorum littercUwra commentatio prima (Vimaria, 1828).
^ Reuvens, Lettrt à M, Letronne eur lee papyrue bUin^ guee et grtct du Mueée d'antiquitée de l'Univertité de Leyde ; Leemans, dans les Monuments Égyptiens du Mueie d^a%%tiquités des Pays^Bas^ à Leyde,
^ Grommairt démotiqut contenant les principee généraux de la langue §t de l'écriture populaires des anciene Bgyp' tiene.
Les caractères démotiques se tracent horizontalement, dans la direction de droite à gauche. Ils se superposent parfois deux à deux, mais on ne les écrit jamais en ligues verticales, comme on le fait souvent pour les hiéroglyphes. Enfin, il arrive que certains signes juxta-posés se lient, se contractent ou s'abrègent.
Une partie des signes démotiques est phonétique, et constitue une sorte d'alphabdl ; l'autre partie comprend des signes figuratifs.
M. H. Brugsch divise les signes phonétiques de l'écriture populaire égyptienne en deux classes, savoir : celle des lettres purement alphabétiques, et celle des syllabes ou sons composés.
Bien qu'il soit fort difficile de déterminer, même d'une manière approximative, répoque durant laquelle on a pratiqué l'écriture démotique, nous avons lieu de croire qu'elle commença à être en usage vers le règne de Psammétik I^', (septième siècle avant notre ère), et qu'elle fut remplacée par l'écriture copte, vers la fin du troisième siècle (après J. G.) '.
La littérature démotique se réduit, quant à présent, à un certain nombre de textes qui n'offrent généralement qu'un intérêt purement philologique.