‹ Les écritures figuratives et hiéroglyphiques des différents peuples anciens et modernesChapitre 4 sur 61 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

L'art de peindre la parole par des signes conventionnels est une des plus fertiles inventions que Tesprit bunoain ait jamais réalisées. L'origine de cet art, auquel on a donné le nom d'ÉciuTURE, se perd dans la nuit des temps les plus reculés de Thistoire, et plus souvent encore dans des époques fabuleuses ; et c'est à peine si la critique moderne a le droit de plonger ses regards investigateurs dans ce dédale obscur et dangereux. Toutefois, il parait aujourd'hui horsde doute que l'écriture dite figurative^ — ou, eu d'autres termes, celle qui consiste dans la reproduction des images plus ou moins défigurées des objets mêmes dont on veut garder le souvenir, — se retrouve chez la presque totalité des nations de l'ancien et du nouveau continent qui ont ignoré l'usage des lettres.

Les écritures que l'on désigne sous le titre collectif d'ÉCRiTURES figuratives comprennent plusieurs systèmes que nous essaierons de caractériser aussi brièvement que possible.

Le premier système considte dans la représentation continue de scènes dont on a eu l'intention deconserver la mémoire. Les manuscrits historiques des Mexicains nous en fournissent les plus parfaits modèles. Les peintures didactiques de cette classe sont ordinairement susceptibles d'être lues dans un ordre constant : elles diffèrent des tableaux proprement dits en ce qu'elles ne renferment que les image» strictement nécessaires pour rintelligence de ce que l'on a voulu exprimer, et que l'attitude de cas imàgef 6st la plus simple et la plus propre qu'on puisse adopter pour leur assurer une interprétation exacte et précise. Dans les compositions artistiques, au contraire, le peintre s'efforce de laisser entrevoir un vague d'intentions capabl6 d'entr'ouvrir une carrière aussi étendue que possible à l'imagination qu'il a pour mission de satisfaire.

Le second système s'écarte du précédent en ce qu'il renferme un certain nombre de figures que Ton ne doit pas interpréter par ce qu'elles représentent, mais bien par l'idée conventionnelle qu'on y attache. Les caractères des anciens Égyptiens, dont il est traité dans le troisième chapitre de ce livre, appartiennent à cette deuxième classe.

Enfin, le troisième système dont nous ferons mention, comprend un certain nombre de signes rappelant des sons ou des mots de la langue parlée^! et à l'aide desquels il devient possible de reproduire les noms propres et ceux des objets dont on tient à fixer le sens d*une manière invariable. Â ce troisième système se rattachent les écritures du Mexique, de la Chine et de l'Egypte. Dans ces deux dernières surtout, le principe phonétique joue un rôle des plus importants.

Nous nous occuperons successivement, dans le cours de ce premier livre, des trois écritures figuratives dont se servirent dans la haute antiquité les Égyptiens et les Chinois, et, à une époque antérieure à Christophe Colomb , les Mexicains ainsi que plusieurs autres nations indigènes de l'Amérique centrale.

Nous joindrons à ces recherches, et comme complément naturel, les notices des caractères qui dérivent immédiatement des signes idéographiques de la Chine ou des hiéroglyphes de Tancienne Egypte, lorsque ces caractères toutefois ne se rattacheront pas intimement et de manière à n'en pouvoir être séparés, à des groupes d'écritures que nous aurons à étudier dans la suite de cet ouvrage.

ÉCRITURE CHmOISE.

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