P. G., XL
('\) Titus (le Bostra, I, 3i, rire, med., et TTI. 1-20. Voir sur ce sujet A. Brinkmann, Sérapion von Tniuis dans les Siizungsberlclite de l'Académie des vScienccs de Berlin, 1894, p. 479-491.
(5) Edition Galland, Paris, 1779, reproduite par Migne P. G., XVIII, 1069-126/i, très défectueuse.
Ed. Paul Ant. de Lagarde, Titi Bostreni quae ex opère contra ManicJiaeos edito in codice Hanibiirrgensi se.rvata sunt graece, Leipzig, 1869, 8°, seule acceptable.
(6) Paul Ant. de Lagarde, Till Bostreni contra Manichaeos llbrl quatuor syriace, Leipzig, 1869, 8°.
(7) Voir le sommaire dans P. G., XVIIÎ, 1267.
(8) Haer., LXVI, chez Migne, P. G., XLII, 29-172.
assez servilement les indications de l'éveque du Hauran et surtout celles des Actesd'Archelaus, qu'il n'a, d'ailleurs, toujours pas bien comprises (1). Hien ne montre qu'il ait eu une connaissance directe, ou, tout au moins, un peu précise, des livres qu'il critiquait.
On peut en dire autant de la plupart des auteurs latins de la même période. Hilaire {2}, Ambroise (3), Jérôme (4), Pliilastrius (5) parlent assez fréquemment du Manichéisme. Mais ils le font toujours incidemment et en termes très vagues, qui ne supposent pas une connaissance personnelle des livres de la secte. Victorin semble faire exception. 11 a écrit tout un traité Co)itre les deux Principes des Manichéens (6). 11 y mentionn(? môme cn^ commençant les Actes d'André et le Trésor (7). Seulement il ne cite pas \v moindre texte et il ne rapporte aucun détail un peu i)récis de la doctrine qu'il combat.
Seul Augustin montre une connaissance directe et approfondie des Kcritures manichéennes. De la 19^ à sa 28^ année, en sa qualiti' d'Auditeur, il les a entendu lire assidinnent dans les assemblées religieuses, il h^s a étudiées avec le plus grand soi il et s'est eiil retenu à leur sujet avec les représentants les plus autorisés de la secte (8) ; il en a défendu la doctrine en mainte conversation, en mainte conférence, jusque dans un trait»' De 1(1 beaiUé et de lu finalité, (pii malheureusement s'est perdu de bonne heure, et il leur a recruté des partisans zélés (9). Plus tard, une fois converti au (Catholicisme, il les a relues avec une jittention d'autan! plus grande qu il voulait
(I) Ijii-iiHMiic in(li(jii(' SCS sources. Ihwr. LWl. M cf surtout ;)5.
{■>.) De Trin, II, /( : Vi, lo ; /1(/. Confiant, 11, 9: In Psalin, LWIII. i/|.
(.?) Hcxiicn)., 111. o:). : -Ipo/. Dnv. ait., 27; In PsaJni. GXVIII, serm., 1. 8 et Wll. ,H,S ; De fid.. I, 07 : H, /|4. 1 19 : III, /|2 ; Y, io/|-io5. i8:> ; De Incarn. 8: l':i>isl., Witl' ]i cl \l,ll, i2-i3.
( '1 1 /// r.sd'Ktnt , Il . .■>.
( .") 1 De Ihirr.. (>i. cf. 8S. 100 cl i:>9 diiiis P. ),.. Ml. 1175. 1199, 121/1 et .j'K)'; (c(l. (lalcarclus, Bicscia, I7;^i)- r*'\l<' niciilciii' dans le C. S. K. J.. t. WWIII. (c.l. Marc. Vienne. 1898).
iC») I*. 1... VIII. 999-1010.
(7) r. L. MU. 999.
(Si \()ir (liiiis mon Krol. inirll. dr S. \n,g.. le chapilit> ilnal de la i*"^ partie inliliilé. \(iliin' du Maiiichcisnic d' [iKiiistin . i'"^ section. (91 ^oi^ ihidi'in.. .V' section.
en faire une critique serrée et décisive, et qu'à plusieurs reprises les fidèles eux-mêmes ou les pouvoirs publics lui en remettaient des exemplaires pour qu'il les réfutât. Nombreux sont les travaux qu'il leur a consacrés. Simple moine à Thagaste, entre 388 et 391, il les prenait déjà à parti dans un traité Sur les Mœurs des Manichéens (1), dans un second Sur la Genèse contre les Manichéens (2), dans un troisième De la vraie religion (3). Prêtre à Hippone de 391 à 395, il les attaquait encore dans un livre sur l'Utilité de croire, adressé à un certain Honorât qu'il avait lui-même converti autrefois à la foi de Mani (4j, dans un autre sur les deux âmes contre les Manichéens (5), dans une conférence contradictoire Contre le Manichéen Fortunat , dont il a revu et conservé les actes officiels (6), dans une œuvre Contre Adimante disciple de Manichée, qui est restée inachevée (7). Evêque d'Hippone, il en poursuivait encore la critique en 390 dans un livre également interrompu Contre If^^pUre de Manichée dite du Fondement (8), vers 400 dans de nombreux Chapitres des Confessions (9) et dans 33 livres Contre Fauste (10), en 404 dans une nouvelle conférence Contre Félix, dont il a publié aussi le texte authentique (il) et dans un traité important Sur la nature du Bien contre les Manichéens (12), en 405 dans une réplique docirinale Contre le Manichéen Secundin (13) enfin dans quelques lettres ("14) et de nombreux sermons (15). A travers ces écrits il cite fréquemment et parfois même copieusement les livres qu'ils combat
(I) P. L., XXXII, i3/i5-i378.
{-i) P. L., X'XXIV, 173-220.
(3) P. L., XXiXIV, 121-172.
t^i) P. L., XLII, 63-92 et C. S. E. L.,XXV, 1-48.
(5) P. L., XLII, 93-112 et C. S. E. L., XXV, 49-80.
(6> P. L., XLII, ii-i3o et C S. E. L., XXV 81-112.
(7) P. L., XLII, 129-172 et C. S. E. L., XXV, 113-190.
(8) P. L., WAï. !7;;-o„r, h c. s. e. l., xxv, 191-2^,8.
(9) III, 10-18 ; n , I, 3-1, 2^1 ; \, 3-13, 20, 24-39, etc.
(10) P. L., XLII, 207-518 et C. S. E. L., XXV, 249-797.
(II) P. L., XLII, 519-552 et C. S. E. L., XXV, 799-852.
(12) P. L., XLII, 551-572 et C. S. E. L., XXV, 853-889.
(i3) P. L., XLII, 571-602 et C. S. E. L., XXXV, 891-947.
(i4) Epist., CLXV, i; CLXVI, 7 et CCXXXVI, i-3.
Ii5) Serm. I, II, XII, CLIII, CL^'XXII, CCXXXVII et Enarr. in Psalm.
116 LES ÉCRITURES MANICHEENNEà
et il nous renseigne sur eux mieux qu'aucun des autres polémistes chrétiens.
y® siècle. — Au début du v« siècle, son compatriote et ami Evode, évoque d'Uzzale, a aussi écrit un ouvrage important Contre les Manichéens, où il cite à plusieurs reprises VEpitre du Fondement et le Trésor {{). Mais il ne fait guère que reproduire les critiques et même les citations augustiniennes, celles notamment du traité De la nature du bien. Il ne fournit aucun détail nouveau sur la littérature de la secte.
Un peu plus tard, le pape Saint Léon a repris la même critique dans de nombreux sermons où plusieurs fois il parle en connaisseur des Ecritures manichéennes. Comme il a fait la chasse à ces dernières et comme il s'en est vu livrer de nombreux exemplaires (2), on pourrait croire qu'il les a lues avant de les brûler. Mais une étude attentive de son œuvre montre qu'il emprunte tous ses renseignements soit à l'évêque d'Hippone soit aux autres polémistes latins.
Peut-être est-ce vers le même temps qu'a paru la Formule latine d'abjuration imposée aux Manichéens convertis (3). Elle aussi mentionne les écrits de Mani et ceux d'Addas ou d'Adimanle (,\). xMais on aurait tort d'y chercher une analyse, même sommaire, de ces œuvres. Son auteur ne les a sans doute jamais lues ni jamais eues entre les mains. Comme Evode et le pape Léon, il emprunte tous ses renseignements à Augustin, si bien qu'il a été longtemps confondu avec lui (5).
Mieux renseigné est l'historien grec Théodoret évêque de Cyr. Dans son Résumé des fables hérétiques, écrit entre 451 et 458, il expose les principes de la croyance des Manichéens en termes trop précis et trop personnels pour ne pas utiliser une
(i) P. L., XLII, ii39-ii53 ot G. S. E. L., XXV, o^g-QT^.
(3) V. siipru, j). 05, iiol. 3.
(3) Texte abrégé dans P. L., XLll, ii53-ii56 (lo articles), plus complet dans P. 1. , TAV, !>3-3o (;n arlicl(«s). Lo i*^'" a été édité aussi dans le C. S. E. L., XXV, 979-981^.
(/i) Ar(. 10, i5, iS-.Ti dans la grande formule.
(5) Le dernier éditeur de Coiivmonitorium te montre encore assez disposé à le regarder comme une œuvre augustinienne (C. S. E. L., t. XXV, préf. p. LxxxvuT-iAxx). J'ai cru devoir, après les Bénédictins (P. L.. XLIT, II 53-11 54) adopter une opinion opposée.
œuvre de la secte (1). Mais il n'en cite et n'en mentionne expressément aucune.
VI^ siè^le. — Au début du siècle suivant, Sévère d'Antioche revient sur le même sujet. Dans une Homélie dont le texte grec a été perdu, mais qui nous a été conservée à travers une traduction syriaque, il donne un exposé des principes de la foi manichéenne très ressemblant à celui de Théodoret (2). Et il cite en propres termes et à plusieurs reprises un écrit de Mani dont, par ailleurs, il se refuse à donner le titre.
Par une contradiction qui ne manque pas de piquant, dans un traité Des deux natures écrit vers 530, le moine Eustathe reproche à Sévère d'Antioche de s'inspirer des écrits de Mani. Et à cette occasion il cite plusieurs passages qui seraient empruntés à ces derniers {',]). Mais rien ne montre qu'il ait lu un recueil authentique d'ouvrages dualistes. Ses citations semblent plutôt empruntées à une de ces nombreuses Chaînes où les controversistes grecs accumulaient des témoignages pour ou contre les dogmes discutés
Un peu plus tard, le théologien Léonce de Byzance consacre un chapitre important de son traité Des sectes h Ihérésie manichéenne (4). Il en expose sommairement les points essentiels. Et à cette occasion il en mentionne aussi quelques Ecritures particulièrement connues et répandues.
Dans la seconde partie du VP siècle, au cours du livre De la réception des hérétiques, le prêtre Timothée de Constantinople étudie à nouveau la religion de Mani. Il en décrit les doctrines d'une façon très brève mais assez personnelle. Et il en énumère les a Ecritures démoniaques », ou, du moins les principales, sans donner pourtant sur elles aucun détail précis (5).
De cette œuvre essentiellement pratique on peut rapprocher la première Formule Grecque d^abjuration imposée aux Manichéens convertis, qui a dû être composée vers la même
(i) P. G., LXXXIII, 377-381.
(a) Edité, traduit et commenté par Fr. Cumont, Recherches sur h' Mduichéïsme, fasc. 2, Bruxelles, 191 2, 8°.
(3) A. Maï, Script, vet. tiov. coll., Romae, i833, 4°, t. VII, p. 277.
(4) P. G., LXXXVI, i2i3.