‹ Les écritures manichéennesChapitre 6 sur 25 · ÉCRITS SECONDAIRES · texte numérisé non relu

ÉCRITS SECONDAIRES

Nouveau Recueil. — La collection des Epîtres de Mani a circulé de bonne heure en diverses Eglises, l^t elle a connu les mêmes vicissitudes que celle des grands ouvrages de l'hérésiarque. Elle aussi s'est progressivement enrichie.

Augustin l'a vue officiellemnt adoptée par les Manichéens d'Afrique. Il donne à entendre que les Lcllres de Mani sont couramment employées dans les assembées religieuses. Il note, en effet, que toutes celles qu'il a entendu lire commencent par ces mots : « Manichée, Apôtre du Christ .lésus ». Par la façon même dont il parle, il semble dire qu'il en a connu beaucoup ^. D'autre part, un texte reproduit par lui dans le Contra Faustum permet de penser que le recueil comprenait seulement des écrits de Mani. Fauste de Milève y déclare, en effet, qu'après le « bienheureux Manichée », Adimante est le seul maître à qui on doive s'attacher ^. Or, les oeuvres de ce dernier écrivain ne paraissent pas avoir présenté la forme é[)istolaire.

Timothée de Gonstantinople et l'auteur de la formule grecque d'abjuration mentionnent aussi, f^rmi les Ecritures employées par les Manichéens, un « recueil » ou un « livre » d'Epîtres. Et ils semblent le regarder con)rne très important. L'un le place aussitôt après V Evangile et bî Trésor, l'autre même avant ces deux ouvrages ^. Mais aucun â'eux ne dit si les Leitrcs qui en font partie viennent seulement du fondateur de la secte ou si certaines ont une autre origine.

Birouni signale encore parmi les écrils manichéens qu'il a trouvées à Hawarizm « un certain nombi>* iV Epîtres de Mani ^ ».

i) Cont. Epist. Man., 7 ; Cont. Faust., XJif, /i ; De Haer, /|6.

2) Cont. Faust., I, 2.

3) P. G., I, i/i65 et LXXXVI, 21.

4) Chronol., éd. Sachau, p. XXXVIII, cité \,'iv Kessier, Mani, p. 179.

Par là, il ne veut [^aa dire nécessairement que le recueil qu'il a en vue comprenait la seule correspondance de l'hérésiarque. L'expression qu'il enqjloie donnerait plutôt à penser le contraire.

Catalogue d'An Nadim. — An Nadim s'exprime sur le même sujet en termes plus précis. Après avoir donné les <( noms des livres rédigés par Muni », il rapporte les « titres des E pitres écrites par lui et pai les Imans qui lui ont succédé. » Il en énuraère 52 dont il sen»b!e avoir eu une connaissance directe. Puis il ajoute : « Sont mentionnées, en outre, les Epîtres suivantes ». Et il en signale 24 au Ires dont il n'a sans doute pas eu le texte entre les mains ^.

Ces œuvres peuvent se répartir, d'après les titres qu'elles portent, en plusieurs j<;^randes séries. Certaines se trouvent désignées seulement p:<r Ténoncé général de leur contenu. Telles sont :

la i^® (( sur les deux Principes »,

la 2™® « sur les Grands »,

la 4™* (( sur l'encouragement à la piété »,

la 5™® (( sur la pratique de la justice »,

la II™® « sur les dix mT)ts »,

la 12°"® ou (( traité du Maître sur les relations sociales ».

la 21™'' ou la « petite Epître sur le droit chemin »,

la 25™® « sur le Paradis »,

la 29™® (( sur- r.'idministration »,

la 45™® {( sur la cellule de l'ermite et sur le fruit

Arâb

la 5o™® a sîir 1»^ baptême »,

la 62™® (( SIM la dîme et les diverses sortes d'aumônes »,

la 70™® (( SU' les deux charges brillantes ».

D'autres portent le Jiom d'une ville ou d'un individu à qui

Le mot arabe peut d(''n;rner soit une lettre, soit un traité (Flûgel, Mani, p. 369, not. 826). J'adopte le premier sens parce qu'Augustin et Timothée parlent du recufi! des Lettres. Cependant certaines parties de ce recueil devaient consUlMer de véritables « traités ».

i) Fliigel, Mani, p. j<«.'{-io4.

2) Flugel fait remnr(pipr que c'est le fruit de l'arbre avec lequel on faire les grains de chapelets (Manî, p. io4). Kessler propose de lire plutôt « h Kochô » (ville siiurc sur le Tigre) « et aux Arabes » {Mani, p. 280).

elles sont adressées ou de qui peut-être elles proviennent. Ce sont, d'une part :

la 3™'' a àllnde »,

la e'"^ « à Kashkar »,

la S""' (( à l'Arménie (?) »,

la lo'"" « à Ctésiphon, une feuille », la i6'^' a à l'Auditrice (?)..... de Ctésiphon », la 19"'' « aux Auditeurs de Ctésiphon »,

la 23°^" ou (( la grande Epître à Babel »,

la 3i™^ à (ou dé) Ibrahi à Edesse ».

d'autre part :

la 7™^ ou « la grande Epître à Fouttak »,

la 9"^ « à Amoulijâ l'incroyant »,

la 20™' (( à (ou de) Fafi »,

la 39™'' (( à Schail (ou Shâthil?) et Sakanî »,

la 47"'^ « à Abrahijâ » et la 49°'^ « à Abrahijâ l'in croyant »,

la 48™° « à (ou de) Abou lasâm (ou Abarsnm ?) le géomètre (ou le mathématicien P),

la 60""° « à la Persane Menak », la 61"^ (( à Menak », la 63°"° « à Ardaschir et à Menak »,

la 6^""^ <( à (ou de) Salam (Salmaios?) et Ansara (Elii^zer ? »,

la 65'°° (( à (ou de) Hâta »,

la 72°^° (( à l'Auditeur Mihr »,

la 73™° (( à Fîrouz et Râsîn »,

la 75""" (( à Samoun et Ramîn ».

Enfin, un assez grand nombre portent à la fois l'indication générale de leur contenu et le nom de leur destinataire ou de leur auteur. Ce sont :

la i3"° (( à (ou de) Wahman sur le sceau de la bouche »^ la li""® (( à (ou de) Chabarhât sur la Consolation », la

i5"^° « à (ou de) Chabarhât sur », la 66"^' « à (oïl

de) Chabarhât sur la propriété ».

la 17'°° (( à (ou de) lahjâ (Jean) sur la bonne odeur », la

5i™° « à (ou de) lahjâ sur les drachmes )>, la 22"° « à (ou de) Sis sur les deux natures (?) », la 26"^

« à fou de) Sis sur le temps », la 28"' « à (ou de>

Sis sur les gag^s », la 24""^ « à (ou de) Sis et Fouttak sur les formes »^

la 27"® « à (ou de) Sajous (?) sur la dîme »,

la 3o°*° (( de (ou à) Aba le disciple », la 32™^« de (ou à)

Aba sur l'amour », la 34°"^ « de (ou à) Aba sur »,

la 36™® « de (ou à) Aba sur l'écrit de la bonne odeur », la 33™® « à (ou de) Meisan sur le jour », la 35"® « à (ou de) Bahraia sur les spectres », la 38""® « à

(ou de) Baïïraia sur les liaisons », la 37"^® a à (ou de) Abcdjesu sur les parents éloignés », la 4o"'® (( à (ou de) Oubajji (ou Abî) sur les donations

religieuses », la /ti""® « à (ou de) Houdaia (Juda ?) sur la colombe », la /i2™® « à (ou de) Askourîjâ sur le temps », la 43™® (( à (ou de) Zakou sur le temps », la 44"^ « à (ou de) Souhrâb, sur la dîme » et la 46"® « à

(ou de) Souhrâb sur les Perses », La 52"® (( à (ou de) Afand sur les quatre sortes de dîmes »,

et la 53"® a d'Afand sur la première béatitude », la 54™® « à (ou de) lanou sur l'écrit du (Trésor ?) », la 55"® « à (ou de) lôhannâ sur l'administration de l'aumône », la 66"® (( aux Auditeurs sur les jeûnes, et l'accomplissement des vœux », la 57"® (( aux Auditeurs sur le grand feu », la 58"® « à (ou de) AhAvâz sur (l'écrit de la propriété?) » ^. la 59"® « aux Auditeurs sur l'explication des songes de

lazdânbacht », la 67"® « à (ou de) Abrahija sur les bien portants et les

malades », la 68"® « à (ou de) Ardad sur les bêtes de somme », la 69"® (( à (ou de) Adscha (ou Achâ) sur (les sandales ?) », la 71"® « à (ou de) Mânâ sur le crucifiement » ^. la 74°"^ « d'Abdial sur le livre des Mystères » et la 76"® « d'Abdial sur l'habillement ».

i) Ahvâz doit désigner ici la province de ce nom située à l'est du Tigre inférieur, dans l'ancienne Susiane, et sa capitale (Kessler, Mani, p. 236). D'après un texte de Bar Hebraeus, qui est certainement légendaire, mais qui doit renfermer une part de vérité, Mani aurait d'abord vécu comme prêtre chrétien à Ahwâz (Hist. dynast., éd. Pooocke, p. 82). Sans doute y avait-il prêché son propre christianisme et recruté des disciples.

2) Peut-être Mânâ est-il mis ici pour Mani (Kessler, Mani, p. 36). Alexandre de Lycopolis mentionne un écrit de Mani concernant la Passion du Christ (De Plac. Man. 34, cire, fin.)-

IFragments de Lettres. — Ces écrits sont perdus. Mais plusieurs de leurs titres reparaissent sur des fragments de manuscrits découverts dans l'Asie centrale. Sur un feuillet détaché, on a pu déchiffrer le passage suivant, qui vise sans doute la 33™® lettre du catalogue d'An Nadim : « Dans VEpître de Mêsôn, il parle ainsi : Moi et vous, nous aspirons après notre propre demeure et je veux vous y faire aller. La bonté que vous avez

adoptée y conduit avec la vérité, avec l'habit annuel et le

repas quotidien ^ ». Sur un nouveau débris de volume manichéen se lisent ces phrases :

(( Dans VEpître de il parle ainsi ».

(( Dans VEpître de Hâta il parle ainsi » .

(( Dans VEvangile des vivants il parle ainsi »

UEpître de Hâta, invoquée ici, est sans doute identique avec la 65°"® du catalogue d'An Nadim ^. La mention qui en est faite à côté de VEvangile des vivants montre qu'en Asie centrale, comme à Bagdad, les écrits secondaires de Mani ont été étroitement associés à ses grands ouvrages. Malheureusement les textes cités sur ce feuillet sont illisibles.

D'autres citations analogues ont été faites, à diverses reprisfîs, par des auteurs chrétiens. Déjà l'auteur des Acta Archelai donne le texte d'une lettre que Marjî aurait adressée à Marcellus pour le convertir à la nouvelle foi avant d'aller le trouver à Kashkar ^, Au cours de la controverse pélngienne, Julien d'Eclane oppose à Augustin, pour le convaincre d'attaches dualistes, une « Epître de Manichée à la Vierge Me.noch », dont il reproduit de très larges extraits et qu'il dit avoir reçue de Constantinople ^. Des

i) F. W. Muller, Handschr. Hesf., 32, 33. Kessler coi^j^cture que Meisan désigne ici la Mésène où Ma ni s'est formé et où il a exercé d'abord sa propagande (Mani, p. 226-227). F. W. K. Miiller propose de l'identifier plutôt avec Meisan, un frère de Sapor, dont parlent des textes historiques découverts à Tourfan (F. W. K. Mfiller, Handschr. Rest. 83).

2) F. W. K. MùUer, Handschr. lUst., 3i. Kessler pensait que Hâta pouvait s'indentifîer avec Chataï et désij^Tier la Chine (Mani, p. 236). L'hypothèse n'est pas heureuse. Le nom de Chataï n'a été donné que très tard à la Chine (Chavannes et Pelliot, Journ. Asiat., p. i4i, not. i fin.).

3) Ad. Arch., 6.

4) Cont. Julian. op. imperf., U\, 166, 172 et suiv. ; IV, 109.

fragments de quatre autres lettres de Mani sont arpportés par un anonyme du vf siècle dans un recueil de témoignages anciens dirigé contre les Monophysites ^, par un autre adversaire du Monophysisme, Euloge de Constantinople, dans un volume de Discours aujourd'hui perdu, dont une reoension se lit chez Photius 2, enfin par Nicéphore de Constantinople, dans ses traités Confî'e Eusèbe, Contre Epîphanide et Contre le Granô Concile Iconoclaste ^. De ces lettres, une est adressée à « Scythien * », une autre <( à Odda » ou (( Addas ^ », une troisième (( k Kondaros le Sarrazin ^ », la quatrième à « Zebena ^ ». La dernière est représentée par deux fragments très courts, chacune des trois autres parxun seul. Mais tous ces textes risquent fort de n*être point authentiques.

L'Epître à Marcellus a été sans doute fabriquée par l'auteur des Acta Archelai. Son destinataire est un personnage irréel. Il ressemble singulièrement à un personnage du même nom qui apparaît déjà dans les Actes de Pierre ^. Il n'est connu de Mani qu'à cause de la grande réputation qu'il s'est acquise dans une circonstance manifestement légendaire, en rachetant 7.700 prisonniers qui viennent d'être arrêtés par la garnison de la ville, une nuit où ces gens-là s'étaient endormis en priant

i) Ângelo Maï, Scriptoriim veterum novo. collectio, t. VII, p. 17, 69 et ibid., p. 277 ; F. Diokamp, Doctrina Patrum de Verhi incarnationc, Munster, T907, p. 64, 3o6. Cf. Dan. Serruys, Mélanges d'histoire et d'archéologie de l'école française de Rome, 1902, p. 157-188.

-i) Bihlioth., Cod., 280 (P. G., ail. c. io46).

3) Pilra, Spicilegiiim Solcsmense, t.I. p.4o5-4o6, 433-134 (Adv. Easeb.); t. rv., p. 3Go, 378 (Adv. Epiphan.) ; Bibliothèque Nationale, manuscrit f^rec i25o, fol. 2i5 (traité inédit contre le concile inoclaste), cf. Serfuys, Mal. d'hist. et d'arch. de l'éc. franc, de Rome. t. XXIII (1903), p. 847.

4) An^r. Maï, Script, vet. nov. coll., VU. 077 ; Pitra, Spicil. Solesm., rv, 378 ; Bibl. Nat., mss, gr. i25o, p. 2i5 verso.

5) Ang. Maï, Script, vet. nov. coll., VII, 277 ; Pitra, Spicil. Solesm , rv, 378 ; Bibl. Nat., mss., gr. i25o, p. 2i5 verso ; Photius, Bibl., Cod. 23o (P. G., cm io46).

6) Ang. Maï, Script, vet. nov. coH , VU 17 et Diekamp, Doct. Pair... p. 64 ; 'Pitra, Spicil. Solesm.. I, 433 ; TV, 46o.

7) Ang. Maï, Scr. vet. nov. coll., VII, 69 et Diekamp, Doct. Pair.,, p. 3o6.

8) Act. Petr., 8, éd. Lipsius, p. 54-55. Cf. Act. Arch., 3 fin.

74 LES ÉCRrTURES MANICHÉENNES

en pleins champs (l)i. La lettre elle-même est très pauvre d'idées. Elle ne fait qu'amorcer une conférence théologique qui n'a jamais eu lieu 2. Elle est trop intimement liée au récit des Acta pour n'être point, comme lui, une pure fiction. Cependant certaines de ses expressions sont du style manichéen le plus pur 3. Peut-être s'inspire-t-elle de quelque missive authentique, par exemple de la 6™*' du catalogue d'An Nadim, qui est adressée (( à Kashkar ^ ».

VEpître à la vierge Menoch pourrait s'identifier avec la 60""* ou la 61™^ (( à la Persane Menak ^ ». Elle contient une doctrine très manichéenne en même temps que très conforme à la dogmatique d'Augustin. Elle s'applique, en effet, à montrer que la concupiscence vient du démon et incline au péché. Par là, elle s'accorde avec le Trésor ôe vivification et avec la conclusion du livre des Principes. Certaines de ses expressions se retrouvent dans des textes de Mani sûrement authentiques. Mais à Julien d'Eclane, qui la met en parallèle avec certains traités augustiniens, l'évêque d'Hippone, si informé de la littérature manichéenne, déclare expressément qu'il ne la contiaît point. Et il donne à entendre qu'il la croit apocryphe. L'affirmation de son contradicteur qui dit l'avoir reçue de Constantinople ne constitue pas, même si elle est vraie, une garantie suffisante. De bonne heure, les théologiens de Byzance ont excellé dans la fabrication des faux.

Les extraits des quatre autres Epîtres de Mani citées par les Grecs apparaissent à côté de fragments similaires qui n'ont dans bien des cas, qu'une authenticité douteuse. Ils sont empruntés à des (( Chaînes », c'est-à-dire à des recueils de « Témoignages » dont souvent les auteurs ont forgé impudemment les textes. Leur origine les rend déjà suspects. Les noms des personnages auxquels les quatre lettres sont adressées suffiraient d'ailleurs à inspirer la défiance. Scythien et Odda ou Addas

i) Ad. Arch., i. Cf. Beausobre, Hist. crit. de Man., t. 87-88.

2) V. supra, p. 57.

3) « La Droite de la Lumière ■» (Cf. Cont. Episl. Man., la et Cont. Fel., cire. fin.).

(x) Flijgel, Mani, p. io3.

b) Cnnf. Jnlinn. op. imperf., JII, 177, cire. init>

rappellent les Actu Archelai ^. Le « Sarrasin » peut venir de la même source 2. Kondaros est un simple adjectif qui, en dialecte macédonien, signifie a l'étranger » ^. Et Zebenas n'apparaît point ailleurs. Le catalogue d'An Nadim ne porte aucun de ces noms. Et les quelques missives manichéennes qu'il mentionne sans en désigner les destinataires ne semblent pas, à en juger d'après les titres qu'elles portent, pouvoir s'identifier avec celle que les auteurs grecs ont prétendu citer. Enfin, le contenu des citations suffit à en montrer le caractère apocryphe. Toutes professent la doctrine monophysite à peu près dans les mêmes termes que les disciples d'Eutychès. D'après VEpître à Scythien, « le Fils de la Lumière éternelle a manifesté sur la montagne sa propre essence, qui n'implique point deux natures, mais une seule, visible et invisible ». D'après VEpître à Addas, « la Lumière suprême, substantiellement répandue sur lui, s'est montrée comme un corps au milieu des corps, mais elle ne formait, en somme, qu'une substance ». D'après VEpître à Konôaros le Sarrasin,^ u l'ensemble ne formait qu'une seuld nature ». Enfin, d'après VEpître à Zebenas, <( une est la nature

simple et impassible de la Lumière et une son énergie La

Lumière est donc restée avec une seule nature et une seule énergie impassible ». Mani s'exprimait en termes moins abstraits et moins philosophiques. Il professait le docétisme, non le monophysisme qui n'a apparu que longtemps après lui. Le langage qui lui est ici attribué trahit un orthodoxe soucieux de compromettre la nouvelle hérésie en la mettant sous un patronage abhorré de tous les Catholiques.

Cependant, ces derniers faux, comme les précédents, exploitent certaines idées et certaines formules de Mani. Ils ont dû être, forgés avec des textes authentiques. Et ils témoignent, à leur façon, de la grande vogue dont tous ces écrits ont joui autrefois.

i) Act. Arch. 5i Jin., 53 cire. med. Cf. supra, p. 5;^ et 5G. • 2) Act. Arch. 52 init.

3) D'après Kesslcr, Mani, p. 128 et 173. Kondaros aurait été mis par mcgarde pour Diodoros, nom du prêtre chrétien devant qui Mani engage is;a soronde di'^rn^'=^ion dnTi«; ]o^ Arfn ArrJichiï, 3q.

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