AVRIL
Avril, l'honneur et des bois
Et des mois, Avril, la douce espérance Des fruicts, qui sous le coton
Du bouton Nourrissent leur jeune enfance;
Avril, l'honneur des près verds,
Jaunes, pers. Qui, d'une humeur bigarrée.
Esmaillent de mille fleurs,
De couleurs, Leur parure diaprée;
Avril, l'honneur des soupirs
Des zéphyrs, Qui, sous le vent de leur aile Dressent encore, es forests,
De doulx rets, Pour ravir Flore la belle;
Avril, c'est ta doulce main,
Oui du sein De la nature desserre Une moisson de senteurs
Et de fleurs, Embasmant l'air et la terre;
Avril, la grâce et le ris
De Gypris, Le flair et la doulce haleine ; Avril, le parfum des dieux.
Qui, des cieux.
Sentent l'odeur de la plaine;
C'est toi, courtois et gentil.
Qui d'exil Retires ces passagères, Ces arondelles qui vont,
Et qui sont Du' printemps les messagères.
L'aubespine et l'aiglantin.
Et le thym, L'œillet, le lis et les roses, En ceste belle saison,
A foison, Monstrent leurs robes escloses.
RELLEAU -297
Le gentil rossignolet,
Doulcelet, Découpe dessoubs l'ombrage Mille fredons babillards,
Fretillards, Au doulx chant de son ramage.
Mai vantera ses frescheurs,
Ses fruicts meurs, Et sa féconde rosée, La manne et le sucre doulx,
Le miel roux.
Dont sa grâce est arrosée.
Mais moi, je donne ma voix
A ce mois Qui prend le surnom de celle Qui de l'escumeuse mer
Veit germer Sa naissance maternelle.
fPoëmes.)