‹ Les écrivains français du xvie siècle: choix de morceaux avec une introduction, de brèves notices et des notesChapitre 50 sur 60 · GARNIER · texte numérisé non relu

GARNIER

Nous n'avons rien de nous; c'est lui qui tout possède, ^lonarque universel; et ses commandements Font les sphères mouvoir et tous les éléments. Il a mis sur mon chef la françoise couronne : Il a faict que ma voix toute la terre estonne, Et que l'aigle romain perche en mes estendards, Guide des escadrons de mes vaillants soudards. L'Ilale m'obéit, la superbe Allemagne, Et les rois reculés de Tondeuse Bretagne : Ma courageuse France est pleine de guerriers, Dont les faicts ont acquis mille et mille lauriers, Renommés par le monde autant qu'un preux Achille : La Grèce n'en eut qu'un, et j'en ai plus de mille. Quel Mars fut onc pareil en force et en renom, Quelque dieu qu'il peust estre, à la race d'Aymon, A Roland l'invincible, à qui Dieu favorable Naissant a composé le corps invulnérable? Quel est un Olivier, un Griphon Aquilanl? Combien est un Astolphe et un Ogier vaillant? Un Huon, un Marbrin et mille autres encore Aux armes indomptés, dont ma France s'honore, Comme d'astres luisants en une espaisse nuict, Quand le soleil doré dessoubs les ondes luit. C'est toi, moteur du ciel, qui la force leur donnes, Pour estre de ta loi les solides colonnes; C'est toi qui fais florir ces braves paladins, Pour sous ton estendard rompre les Sarrazins. 0 Dieu, o nostre Dieu, qu'il fallut que nos pères Eussent bien attisé tes dormantes colères. T'eussent bien irrité d'exécrables forfaicts. Pour monstrer de ta main de si sanglants effects, Pour nous assujettir à ceste gent payenne, Et souffrir profaner ton Eglise chrestienne, Pour qui, en corps mortel, du ciel tu descendis, Et, lavant nos mesfaicts, ton sang tu respandisl

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