M. D'ARLINCOURT
l'EERBAGÈRE.
Décidément, le xiv« siècle ne s'en relèvera pas : M. le vicomte d'Arlincourt lui a juré une haine mortelle. Depuis le Brasseur Roi, M. d'Arlincourt a pris corps à corps ce pauvre siècle, pour lequel ïHerharfere ne sera peut-être pas encore le coup de graco. Ce qu'il y a de plus étrange dans Taversion du farouche romancier, c'est qu'à tout prendre, il n'en veut réellement pas au xiv* siècle. Il lui a plu, tout simplement, de trouver une frappante analogie entre les événements de ce temps-là et la révolution
104 LES KCRIX \I\S AIODERNES.
de 18.S0 ; et, craignant de se coinpromeUre par une guerre Irop directe , il flagelle impitoyablennenl le xix^ siècle sur les épaules du xi\''. Admirable tacticjue, et pleine de courage, comme vous \oyez ! Qu'est-ce que la révolution de 1830? un événement fort simple, en vérité, et pour l'intelligence duquel la plus ordinaire pénétration suffît. La révolution de 1830 , en nous bornant à la formule rigoureuse du fait accompli, fut tout uniment un niarcbé rompu. 11 y avait, entre la nation et la royauté, une convention écrite. L'une des parties contractantes viola ses engagements , et tenta de légitimer le parjure par la force : le combat une fois engagé, elle dut se tenir prête à toutes les chances. Trois jours de lutte donnèrent gain de cause à la justice, à la raison , à la bonne foi. Le vainqueur, selon son droit légitime, hérita des dépouilles du vaincu. A qui la faute? Personne, pas même un enfant, n hésiterait à prononcer.
Si, nous plaçant sur le terrain choisi par M. le vicomte d'Arlincourt , nous portons nos regards en arrière, c'est bien un autre spectacle qui se déroule à nos yeux ! Nous voyons le peuple , serfs et bourgeois , pris en flanc , d'un côté par le clergé, de l'autre côté par la noblesse, n'ayant pas môme la liberté de respirer à l'aise, accroupi qu'il est sous les pieds de la royauté. Enfermé , depuis huit siècles, dans cette cage de fer pompeusement appelée monarchie léodule , il a souffert en si-
d'aulincourt. 105
lence, travaillant nuit et jour pour payer les joies brutales de ses maîtres. Si étroitement emprisonné qu'il lût, cependant, il a pu observer ce qui se passait. 11 n'ignore pas que la puissance du clergé date du viii^ siècle , et que le clergé ne s'est élevé qu'en favorisant un usurpateur du trône. Il sait que Charlemagne, imitant en ceci Pépin-le-Brcf, ne s'est allié au successeur de saint Pierre que par raisons de politique , et n'a travaillé à donner de l'importance à l'église qu'en vue d'affermir sa propre autorité. Au ix« siècle, il a vu l'église, dont le pouvoir temporel était né d'hier, s'itnposer à la royauté agenouillée dcLouis-le-Débonnaire. Le trône, dés lors, mal soutenu par la noblesse et le clergé , devenus rivaux en richesses et en puissance, commença sérieusement à chanceler, et , peu à peu , le peuple le vit tomber, vers la fin du x' siècle , aux pieds d'un vassal qui le releva pour s'y asseoir. L'usurpateur Pépin fut ainsi châtié dans sa race par un usurpateur plus'audacieux , sans trouver même, au sein de ce clergé dont il avait commencé la fortune , une seule voix qui disputât l'héritage de Charlemagne à Hugues Capet. Le peuple, à cette époque, pouvait déjà prévoir l'heure de son émancipation. N etait-il pas évident que les deux pouvoirs ambitieux qui, jusqu'à cette heure, s'étaient mutuellement tendu la main, une fois arrivés au faite, aspireraient, chacun de son côté, à y demeurer seul ? Or, les forces étant à peu près égales de part et d'autre , l'un des deux ne
106 LES ÉCRIVAINS MODERIVES.
devrait -il pas nécessairement s'appuyer sur la bourgeoisie, pour rester debout?
La querelle s'engage, en effet , au xi^ siècle. L'église n'ayant plus à craindre, cette fois, le reproche d'ingratitude, puisqu'elle se trouve en face d'une royauté de contrebande, vise franchement à la suprématie. Grégoire VII veut que toute autorité séculière soit soumise à l'autorité pontificale. Il s'arroge le droit de déposer les princes et de disposer des couronnes. Désormais la politique, selon lui , devra être uniquement religieuse ; et il s'efforce de substituer la théocratie à la monarchie. Urbain II, continuant ce système, excommunie Philippe I^"". Louis-le-Gros, monté sur le trône en 1108, trouve le pouvoir royal tout à fait déconsidéré et avili. Il s'épuise d'abord en luttes pénibles, quoique toujours victorieuses , contre la foule des petits seigneurs nés du triomphe de la féodalité; mais, fatigué d'avoir à résister tout à la fois aux empiétements d'un clergé insatiable et aux révoltes d'une noblesse turbulente et corrompue, il permet à la bourgeoisie de s'armer, de se gouverner, de se défendre, et les communes s'organisent. Louis IX, au xiii^ siècle, suit le mouvement imprimé par Louis-le-Gros. Quoiqu'animé de sentiments religieux poussés jusqu'au fanatisme, il ne plie pas devant la morgue sacerdotale , et il honore la justice avant tout. Philippe-le-Bel , enfin, harcelé par Boniface VIlï, songe à s'affranchir décidément des exigences impérieuses du saint - siège. Il fait
DARLINCOURT. 107
un appel à la nation et convoque une assemblée où figure le tiers-état. Nous sommes au xiv^ siècle. Le tour du peuple est venu.
Si, avant de commencer la série de ses pamphlets romanesques , M. le vicomte d'Arlincourt eut pris la peine de méditer les événements dont nous venons de donner une rapide analyse, il n'aurait pas commis la bévue étrange d'identifier la révolution de 1 830 avec l'impulsion démocratique du xiv« siècle. Il se serait assuré qu'il y a entre ces deux grands faits historiques toute la différence d'une chose possible à une chose qui est, d'une vérité douteuse encore à une vérité désormais incontestable , de la faveur au droit. Il aurait compris clairement que le peuple du xiv^ siècle, n'existant même pas encore à l'état de peuple, considéré comme un intrus, pour ainsi dire, par les sommités de la société féodale, ne peut, sous aucun prétexte, à aucun point de vue, être comparé au peuple de 1830, puissance reconnue, qui, comme l'église, a fait et défait des rois, comme les rois, a exercé l'autorité souveraine, et, plus confiante, moins implacable dans ses antipathies ou dans ses haines, après avoir consenti à une transaction avec ses ennemis , ne les a repoussés une dernière fois que parce qu'ils étaient coupables de trahison. Confondre résolument, et à plusieurs reprises, deux situations si (lilTérentes, si nettement tranchées, n'est-ce pas , nous le demandons, la preuve d'une flagrante ignorance et d'une insigne mauvaise foi ?
108 LES ÉtlUVAlXS MODEU.NES.
Nous concevons parfaitement la stupéfaction de jM. le vicomte (rArlincourt ouvrant Ihistoire, à la date du xiV^ siècle, sans études préparatoires; arrivant là du premier coup. Rien de plus merveilleux, en effet, que ce siècle, qui s'ouvre par la délivrance d'un peuple! Trois cantons suisses réussissent à se soustraire au joug de l'Autriche. En France, Louis X est conduit à affranchir les paysans, comme l'avait fait pour les bourgeois Louis-le-Gros. De son côté , la Flandre, à l'exemple de la Suisse, veut conquérir sa liberté à main armée; elle se révolte, et confie au brasseur Arleweld le salut de son insurrection. Philippe Yl de France triomphe du mouvement révolutionnaire de la Flandre , mais sans parvenir à l'étouffer. Un volcan gronde sourdement sous tous les trônes. Jean II , successeur de Philippe YI , succombant sous le double poids de la guerre étrangère et des agitations intestines, est obligé d'avoir recours aux états-généraux , qui , dés l'abord , prennent la haute main dans les affaires. La noblesse , effrayée des progrés de la bourgeoisie , veut tenter une réaction ; elle ne réussit qu'à provoquer les pillages et les massacres connus sous le nom de Jacquerie. La machine est en mouvement : malheur au grain qui se trouvera sous la meule! Dans le même temps, comme si tout devait concourir à la solution du |iroblème qui s'agite, l'église, alarmée pour elle iiiéinc, inlcrNiont et double l'irritation, au lieu de la calmer. (jjé";oire XI condamne haulemonl
D ARLliXCOURT. 109
l'esprit d'analyse et d'examen qui souille sur le monde. Il autorise les persécutions et les ordonne, ignorant que les persécuteurs alteignent toujours le but opposé à celui qu'ils se proposent. Bientôt, en effet, tout se prépare pour le grand schisme d'Occident. La Flandre, mal écrasée , se relève. L'Angleterre se trouble aux prédications du réformateur Wickleff. Les doctrines que formulera bientôt Jean Huss germent déjà dans le royaume de Bohême. Les républiques italiennes marchent dans des voies de plus en plus populaires, tandis que l'Allemagne et l'Espagne secouent rudement le joug de leurs princes ; et les dernières années du règne de Charles V voient enfin le schisme éclater et grandir au milieu des querelles misérables d'Urbain VI et de Clément VIL L'Europe entière est en fusion.
M. le vicomte d'Arlincourl, qui, pour l'intelligence de l'histoire , est tout juste à la hauteur du P. Loriquet, s'irrite à la vue de celte fermentation, bien qu'elle soit éloignée de lui de quatre siècles. Faute d'étude et de réilexion , il ne la comprend pas ; n'importe! sans autre forme de procès, il l'accuse et la condamne. Il ignore la cause et juge l'effet. Encore, s'il faisait une guerre franche à celte pauvre époque dont le sens lui échappe, on pourrait rejeter l'aveuglement dont il fait preuve sur l'ordinaire irréflexion des opinions exagérées! Mais loin de là, M. d'Arlincourl, nous le répétons, n'a en vue que le xix« siècle, en frappant le xi\^ Pour
110 LES ÉGlllVAl.NS MODEUAES.
lui , le xiv" sÏLcle est simplement un cadre où il place, sous d'autres noms et d'autres apparences, certains hommes et certaines idées de notre temps qui lui déplaisent et qu'il n'ose attaquer directement. On le conçoit, pour se prêter à une pareille besogne, Thistoire n'a pas besoin d'être logiquement interprétée ; il est même (ort inutile d'en rien connaître, hors quelques noms piopres et quelques dates , sorte de masque indispensable derrière lequel on échappe à la police correctionnelle, tout en laissant sa haine se dégorger. M. d'Arlincourt se tromperait s'il nous prenait, d'après ces paroles, pour le champion officieux des individualités qu'il injurie. Ce côté de la question nous laisse dans une très-profonde indifférence, et ne nous inspire même pas le sentiment de la curiosité. Quelles que soient les victimes de M. le vicomte d'Arlincourt, haut ou bas placées, dignes d amour ou de haine, coupables ou non, peu nous importe ! Nous tenons fort peu à vérifier, à juger le degré de ressemblance, à lever les voiles ; nous laissons aux amateurs de logogriphes ce plaisir innocent. Mais ce qui nous émeut, ce qui nous révolte , c'est de voir outrager si délibérément , et tout ensemble, la philosophie, l'art et la raison; c'est de voir l'histoire, ce grand livre où les pas de l'Humanité sont marqués par tant de sang et de larmes, devenir une source impure, un prétexte à parodies, au service de quelques misérables préjuges mourants de décrépitude et de ridicule ! Ce qui nous
DARLI-XCOUIIT. 1 1 1
indigne, cVsl cet accouplement hideux, déjà signalé tout à l'heure, de Tignorance orgueilleuse et de la mauvaise foi.
L'Herbagère est l'histoire prétendue des trois premières années du règne de Charles VI. En conscience, nous ne pouvons garder notre sérieux plus long-temps. Les pamphlets romanesques de M. le \icomte d'Arlincourt se distinguent, on le sait, par des monstruosités si parfaites, que la colère contre eux flnit toujours par faire place à l'hilarité. L'^erbagère, sous ce dernier rapport, est un véritable triomphe. L'auteur s'est surpassé lui-même; il a fait son chef-d'œuvre ; il est arrivé au sublime de l'extravagance; il a touché les limites extrêmes de la bouffonnerie. Les personnages de son livre dérideraient le front de l'Heraclite le plus obstiné.
En première ligne figure Etiennetle, Kherbagere elle-même, jeune fdle charmante, dit M. d'Arlincourt. Etiennette est éprise d'un jeune pT'ei/a;, comme l'auteur l'appelle , nommé Ripert de Savoisy. Les choses iraient le mieux du monde, si Ripert de Savoisy aimait Etiennette fidèlement ; mais Ripert de Savoisy, en digne précurseur de Lovelace, n'entend point de cette oreille, se sentant de force à mener de front trois intrigues sans diiïiculté. Concurremment avec Etiennette, jeune fille du peuple, il courtise donc Agnès Desmarels , jeune fille de la bourgeoisie , et la comtesse Éloïne de Meaux , jeune veuve de la haute société. Vous croyez peut-être
que ces Irois femmes, jalouses les unes des autres, vont chercher réciproquement à se détrôner dans le. cœur de leur amant ; que la (ille du peuple, emportée par sa passion, va déshonorer la grande dame, ou la grande dame écraser prudemment et sûrement la Iille du peuple 5 que ces trois femmes, enfin, pleines de haine autant que d'amour, marcheront, agiront, feront preuve defaihlesse, ou de ruse, ou décourage ; qu'il y aura lutte entre elles jusqu'à ce que Tune des trois soit victorieuse! Point du tout. Ces trois créatures singulières sont des modèles de calme, d'indulgence, de résignation. Elles se passent raffection de Savoisy l'une à l'autre, comme on se passe unebonhonnière de main en main. Elles savent très-bien qu'elles sont rivales, et leur amour n'est pas pour cela moins ardent. Il est vrai que l'amour n'est pas la seule occupation de ces trois femmes : chacune d'elles a une puissante distraction. Eliennette, quoiqu'à peine ù sa dix-huitième année, est animée des sentiments du plus pur patriotisme et passe sa vie au milieu des insurrections populaires, hors le peu d'instants dont profile Riperl de Savoisy. Agnès, de son coté, est rongée par la désespérante idée que son amant ne la trouve pas suffisamment belle. Les journées ne sont point assez longues, ni les nuits, pour contenir tous les sanglots d'Agnès, pour entendre toutes les prières qu'elle adresse au ciel. Que Dieu lui accorde la beauté! c'est tout ce qu'elle demande. La comtesse Eloïne, elle, se distrait en songeant A son pro-
d'arlincourt. 113
chai» mariage avec le comte de Trie-Château. Quant à Ripert de Savoisy, bien qu'il ne sente pour ses trois maîtresses qu'un amour fort chaste, il nhésite pas à se montrer quelque peu féroce, quand il en trouve l'occasion. C'est ainsi qu'il provoque en duel et tue le futur époux d'Éloïne.
Par *quoi sont entrecoupées toutes ces fadaises, demandcra-t-on? Par ce que M. d'Àrlincourt, mais M. d'Arlincourt seul, appellerait la partie historique de son livre; c'est-à-dire par un ridicule entassement d'émeutes, de guerres, de batailles, transposées, arrangées, revues et corrigées avec soin; par des scènes de meurtre qui ne tiennent pas à l'intrigue, par des harangues populaires , par des assauts de sales épithètes et de jurements , par des aperçus politiques dont il est impossible de deviner toute l'ineptie. Commencé avec une révolte du peuple contre Aubriot , prévôt de Paris, ce roman, après maintes répétitions du même spectacle en d'aulnes termes, nous conduit à l'insurrection de Rouen. Ici, nouvelles descriptions d'émeute, nouveau dictionnaire d'obscénités oratoires. Mais Charles YI arrive, suivi du duc d'Anjou, et la ville de Rouen est prise presque sans coup férir.
De Rouen nous allons en Flandre, voir pendre A rteweld. Nous recommandons spécialement au lecteur les deux pages où M. le vicomte d'Arlincourt chante la bataille de Rosbeck. Passant légèrement sur le pillage et les massacres de Courtrai , ^T. le
vicomte d'Ailincourt nous montre le grand fantôme blanc que la chronique complaisante rend seul responsable de la folie de Charles VI. L'auteur du Solitaire avait là une belle occasion de se livrer à son goût pour la fantasmagorie ; aussi en a-t-il usé sans gêne , jusqu'à désigner Xherbagère comme le personnage incontm de la forêt du Mans. A dater du retour à Paris , l'action du livre s'embrouille, se complique de plus en plus; c'est un galimatias auquel il faut renoncer, désormais, à rien comprendre. D'un côté, une nouvelle émeute populaire, en faveur d'Aubriot , cette fois ; de l'autre côté , des scènes d'amour, tantôt entre Ripert de Savoisy et Agnès, tantôt entre Ripert de Savoisy et Etiennette; ici, une sorte de prophétie politique; là, la condamnation à mort du vertueux Jean Desmarets ; plus loin, l'agonie d'Agnès dans un hospice; ailleurs, le bourreau. Et tout cela, sans lien justifiable, sans raison d'être où l'auteur l'a voulu, plutôt qu'ailleurs: pêle-mêle incohérent et inexplicable; jusqu'au moment où M. le vicomte d'Arlincourt , arrivant à la fin de son deuxième volume, juge à propos de terminer le feu d'artifice par un bouquet. Alors nous sommes transportés subitement sur les bords de la Seine. Savoisy nous y a précédés^ Courant à la recherche d Étiennette, il heurte dans l'ombre un homme qui porte un sac. Cet homme 1 c'est le bourreau ; ce sac ! c'est un instrument de supplice. Savoisy tue le bourreau et ouvre le sac.
d'arlincourt. 115
Qu'est-ce qu'il y trouve? Etiennette mutilée! Au môme instant , deux ombres s'avancent : un prêtre et Agnès. Le prêtre unit Agnès et Savoisy , sur les bords même de la Seine -, à la grande douleur de la malheureuse Etiennette , dont celte vue abrège encore les derniers moments. Savoisy la console, en lui jurant qu'il n'a jamais aimé qu'elle, et que ce mariage ne prouve rien. Quant à la belle marquise Éloïne, si elle ne figure pas dans cette boucherie tempérée par le mariage, c'est que, fatiguée d'un amour chaste et candide, elle s'était prostituée au jeune roi depuis quelque temps.
Et maintenant que nous eu avons fini avec l'imagination de M. le vicomte d'Arlincourt, exige-t-on que nous donnions des preuves de sa bonne foi, ou de sa compétence, comme on voudra , en matière d'histoire? Nous ne sommes pas embarrassé : les preuves abondent.
M. d'Arlincourt nous montre le peuple, acharné d'abord contre Aubriot, demandant sa mort à grands cris; puis, quelques mois à peine écoulés , le tirant de sa prison pour le porter en triomphe ! Cette épigramme, déjà fort rebattue , contre la popularité , perd le peu de sel qu'elle pourrait avoir encore , se fondant sur un fait notoirement faux. Tout le monde sait qu' Aubriot avait été une victime de l'inquisition, non du peuple.
Nous ne demanderons pas, à ce propos, pourquoi M. le vicomte d'Arlincourt place la délivrance d'Au-