‹ Les Écrivains normandsChapitre 20 sur 57 · LE JEUNE OUVRIER ET L'OPULENTE · texte numérisé non relu

LE JEUNE OUVRIER ET L'OPULENTE

(Extrait des :

« Seize heures de repos d*xm ouvrier » )

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LE JEUNE OUVRIER ET L'OPULENTE A Mademoiselle Bl. DelaMARE (1).

L'Opulente.

Tandis que mon existence N'est que morne indifférence.

Comment donc, jeune artisan.

Peux-tu, dès que vient l'aurore, Lorsque je sommeille encore, Faire entendre un joyeux chant ?

Le Jeune Ouvrier.

Dès l'aube, dame opulente. Je reconnais que je chante, Ainsi qu'un gai ménestrel...

Mais, avant le chant comique, J'entonne un pieux cantique En l'honneur de l'Eternel !...

fi). Cette personne n'a, croyons-nous, aucun lieu de parenté avec Monsieur Robert Delamare, le sympathique rédacteur de a La Dé' pêche de Rouen ». (Note ôe l'Editeur).

U Opulente.

A quelle idée obstinée Penses-tu dans la journée...

O jeune artisan, dis-moi :

Est-ce aux chimères cruelles Que fait naître en les cervelles L'amour, ce despote roi ?

Le Jeune Artisan.

Devant Dieu qui me regarde.

Je vous jure que je garde Un amour religieux Pour Têtre que je révère, L'être qui, de moi, sut faire Un ouvrier courageux !...

L* Opulente.

Partager son cœur sincère Entre le Ciel et son père, Quel sentiment délicat !...

Le Jeune Ouûrier.

Vous vous trompez, riche dame !..

Car, le meilleur de mon âme.

Je le donne... au Syndicat !-..

Alphonse Allais

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