‹ Les Écrivains normandsChapitre 32 sur 57 · VARIATIONS SUR UN MEME THEME · texte numérisé non relu

VARIATIONS SUR UN MEME THEME

a) Après la Paix de JerVen... J. LafoND.

b) Deux Diplomates F. CesTIN.

^- A — J. Lafond

Extrait du Journal de Rouen du 21 Janvier

APRES LA PAIX DE JERVEN Un Débat a la Commission des Affaires Etrangères

Au cours d*une des dernières séances de la Commission des Affaires Etrangères de la Chambre, M. Sébastien Mochard, député de la Savoie, appartenant au groupe de la gauche radicale, a jugé bon de prendre la parole. Il Ta fait pour demander au Président du Conseil « quelles mesures immédiates celui-ci comptait prendre pour assurer à la France le maintien de son prestige extérieur et pour renouer les vieilles relations d'amitié avec les petits pays, dont nous étions jadis les protecteurs » — M. Mochard eût pu dire : les banquiers — En réalité cette question était insidieusement posée et se conformait sans doute à un plan de manœuvres occultes, dont les couloirs du Palais-Bourbon sont très souvent le théâtre. Elle visait sous une forme déguisée la signature récente du traité de Jerven, qui a mis fin à l'état d'hostilité entre l'Esthonie et le Venezuela après une lutte opiniâtre de cinq années.

Or nous ne pouvons que nous réjouir de voir terminé ce conflit qui, tant sur terre que sur mer, occasionna de lourdes pertes aux deux nations belligérantes et créa dans la Russie Occidentale et l'Amérique du Sud un malaise dont la répercussion se fît lourdement sentir dans les pays de l'Entente. On ne saurait nier en effet la grave atteinte que porta cette guerre au commerce français dans la Baltique et la Revue de la Marine Marchande fait ressortir dans un article documenté de son numéro de janvier le déficit constaté de 1915 à 1920 dans les échanges économiques entre l'Esthonie et la France. {( En ce qui concerne la sardine, y est-il dit notamment, le (( chiffre de nos exportations sur Revel est tombé de six mil- (( lions de tonnes en 1915 à 42 tonnes cette année ; l'impor- « tation en France de chaussettes russes a été réduite de (( 600.000 paires à 1.200, etc.. ))

Du côté du Venezuela, les résultats sont encore plus désastreux. On sait que ce pays fut de tout temps en relations d'affaires très actives avec le port du Havre, où il expédiait « les essences les plus diverses, ainsi que des plantes of- (( ficinales et industrielles : salsepareille, caoutchouc, quin- ({ quina, jujube et gomme arabique. )) (1). Avant la guerre, de nombreux por^s du Venezuela, tels que Barabas et La Pacion, étaient régulièrement desservis par nos Messageries maritimes, qui apportaient en France d'importantes cargaisons de bois de campêche et de peaux de zébie. Le trafic

(t) Siçismoncl Balot, ancien capitaine au cabotafre : « Les Côtes des Giiyanes » (1907), i vol., 4 fr. 50 (plus 100 0/0 de majoration temporaire) cliez Abel Machin, éditeur

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