‹ Les Écrivains normandsChapitre 9 sur 57 · CASIMIR DELA VIGNE · texte numérisé non relu

CASIMIR DELA VIGNE

Dans l'enthousiasme dément, Que tu montres au triste Sire, Ne vois-tu pas le Musulman De ton aveuglement sourire ?

Tandis qu'en hymne solennel ' ♦ Ton ingratitude s'épanche.

Déjà le soldat d'Ismaël Nourrit maint dessein de revanche !

N'entends-tu pas le cri plaintif De celui qui ton peuple chasse...

— Rare propos d'un fugitif — :

« Ils vont, dit-il, perdre ma Thrace ! »

Tu te railles, Hellas, du sublime bann' Qui sanglote en secret de n'avoir plus sa Grèce... Les beaux jours sont passés ! Ton éclat s'est terni ! Tu ne reverras point ton ardente jeunesse. Enfants de Salamine, enfants de Marathon, Instruits des souvenirs de siècles grandioses. Se dresser frémissants, aux appels du clairon. En valeureux champions des plus loyales causes... Aux parades du roi, réserve tes soldats... Dans de justes combats, ils ne sauraient paraître ! La Grèce de Tino n'est pas, ne peut pas être Le pays de Léonidas !

France, détourne-toi d'une Grèce sans gloire.

Car c'est pour son grand cœur que jadis tu l'aimais !

Elle est morte et n'a plus de vif que la mémoire D'un superbe renom, effacé pour jamais !

O pêcheurs d'Oropos, montagnards du TympîiieG Pâtres thessaliens, citadins de Psophiu, Malheur, malheur à vous, qui, pour un roi runes; Avez sacrifié le meilleur de vos fils !

Armand Carrei

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