NOTRE DAME DES GRACES
besoin des armes du raisonnement et de la science. D'ailleurs, nous ne devons étendre l'observation que nous venons de faire, ni à toutes les maisons, ni à tous les religieux de cet ordre : le grand Luther était augustin.
Ajoutons, pour en finir avec l'histoire de ce cloître *, qu'après avoir été abandonné par les moines l'année de la Réformation, il fut, dans la nuit du 5 Janvier 1536 et au moment d'une de ces escarmouches que Genevois et Savoyards avaient si souvent ensemble, occupé par les troupes du duc ; mais que, le lendemain, ces troupes l'abandonnèrent et que les syndics firent alors raser et le couvent et les maisons d'alentour *, pour
1 Une relique vénérable avait été, il ne faut pas Toublier, déposée dans ce couvent: je veux dire la tête de Berthelier. Après que, le 5 Août 1519, cette héroïque tête eut été tranchée à Ghampel, par ordre du duc de Savoie, et que, durant quelques années, elle fut restée exposée avec celles de Navis et de Blanchet < fichée avec un clou à une potence, « jouxte la rivière d'Arve, » « certains compagnons Fri- « bourgeois, dit Savyon, passans par là et allans à la guerre « la prindrent et Tensepvelirent en terre bénite, ce que « ceux de la ville n'eussent osé faire » Savyon, Annales de la Cité de Genève (éd. Fick) p. 99, Spon, Hist, de Genève, 1. 1, p. 160. Or cette terre bénite n'était autre que le couvent de Notre Dame des Grâces. Grenus, Fragm, hist sur Genève avant la Réformation, 23 Août 1526.
2 Spon, Histoire de Genève, 1 1, p- 267.
6^^ II. LES COUTENTS.
que cela ne devint pas une position militaire contre la ville. Quant à Timage de Notre Dame, elle avait été brûlée dans la salle du Conseil, le 31 Octobre précédent * .
k. Le moment est venu, à cette heure, de parler d'un quatrième couvent que mentionne Tabbé Besson dans son Mémoire pour l'histoire ecclésiastique de notre diocèse *, je veux dire un couvent des Antonins, dont il déclare aussitôt n'avoir aucune connaissance. Cet ordre a-t-il réellement eu à Genève des représentants, il faut savoir à quoi ils durent naissance.
Un riche seigneur, du nom de Gaston, ayant, au milieu du XI"*® siècle, un fils qui était dange* reusement malade et s'étant mis à prier pour lui, à la Motte Saint-Didier ^ devant la statue de S t- Antoine, avait obtenu pour lui une guérison miraculeuse, pensait-il. Il n'en fallut pas davantage pour que Gaston fondât un hôpital à côté de l'église de la Motte, pour que, avec son fils, il y soignât les malades, et pour qu'il fondât ainsi l'ordre des Antonins ou Hospitaliers de St-An-
1 Voir Flournois, 31 Octobre 1535.
3 Cette localité est- elle la même que St-Dizier au canton de Lamotte, arrondissement de Die, dans le département de la Dr6me?Nous n*ayons pu résoudre cette question.