‹ Les édifices religieux de la vieille GenèveChapitre 25 sur 64 · ET QUICUMQUE EGIT E · texte numérisé non relu

ET QUICUMQUE EGIT E

SIMQUE SUIS PRECffiUS F....

ADSIT ALMIFICUS VICTOR....

PERPETUIS VALEAM

ANSEGISUS ERAM.... P....

SIS MEMOR IPSE MEI Voyez Spon, t. H, p. 346; Bonivard, éd. Dunant, t. I, p. 117.

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après la mort de Warnachaîre ou Gamier, maire de son palais, décédé en 559, lequel maire avait légué tom ses biens aux pauvres, le roi faisant dire au testament ce qu'il voulait ; avait assigné la plus grande partie de ce legs, sacré s'il en fut, à réglise de St.-Victor *. Comme il s'agissait probablement là de biens immeubles , ce fut peutêtre l'origine des terres de St.-Victor, dont on peut suivre l'histoire dans le Citadin de Genève, jusqu'en 1304, et qui comprenaient plusieurs paroisses de notre canton'. Cependant, n'estimant pas cette église assez bien pourvue pour former une abbaye', et pour entretenir une communauté, l'évêque Hugues II, auquel l'épouse de Rodolphe III avait conseillé d'en fonder une pour desservir l'église, la donna avec ses revenus, entre 1019 et 1025, mais en réservant les droits épiscopaux, à Odilon, abbé de Cluny (994-1049),

1 Fredegar. Chrome, cap 22; S*» Benigni (de Dijon) Chrome, in Dacheri Spicileg, 1. 1, p. 353 et 374 ; Aimoin, HisL Francor.y 1. III, cap. 90.

2 Russin, Dardagny, Chancy, Lacconex, Cartigny, Vandœuvres.

3 c Quia in eodem loco non erat tanta facultas possessionis ut aliqais ibi potuisset ordinari loco abbatis. • C*est donc à tort, comme on Ta observé, que Guicbenon met en tète de cet acte : Fundatio abbatiœ SU Victoris.

à charge d'y placer des religieux de son ordre, c'est-à-dire des BéoédictiDS^ Ainsi, en le ratta chant à une riche abbaye , on. assurait la subsistance des moines de St- Victor. Guy de Faucigny, évéque de Genève, entre 1078 et H20, leur fît des donations importantes * , et ce prieuré dont Félix V, dans sa bulle de 1444, reconnaît Tantique juridiction, étendait ses droits sur les deux rives du Rhône; d'un côté, sur les derniers échelons du Jura dans notre bassin, Russin, Dardagny, ÂUemogne, St.-Jean de Gonville; de Vautre, sur les flancs du Voiron, du Salève et du Vuache même, puisqu'il réunissait sous son patronage Lullin, Eisery, Essert, Bernex, Feigères et Frangy, Avant la Réformation, les revenus s'élevaient à plus de 2 000 ducats.

Quoique St-Victor relevât, pour le spirituel, de l'abbaye de Cluny, il n'en jouissait pas moins,

1 Guichenon, ubi suprà. Le premier prieur qui nous soit connu peut remonter au-delà de Tan 1093 : il se nommait Acélinus (Voyez le premier des actes dont nous allons parler ci-dessous dans les Mém, et Docum. de la Soc, éthist et é^archéoL de Genève, Genève, 1841, 1. 1, pari 2, p. 137) Le second dont le nom est parvenu jusqu'à nous se nommait Theogrinus {Ibid, p. 138) ou Tigrinus (Ibid. p. 144). H siégeait en 1099 (p. 138).

2 Voyez, à la fin du présent vol., la note III, C.

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dans le diocèse de Genève^ grâce à ses possessions étendues et à sesrichesses^ d'une grande autorité. C'était son prieur qui faisait à l'évéque les présentations pour certaines cures, entr'autres pour celle de Draillens, comme on le voit dans les Chartes inédites, à la date du 28 novembre 1275. C'était de ce prieuré que certains seigneurs, Guillaume de Viry, puis le fils et le neveu de Jean de Syrie, par exemple, aimaient à se reconnaître hommes-liges ^ Ce furent deux prieurs de St- Victor, Henri et Aymon, qui, en 1260 et 1275, furent élevés au siège épiscopal de Genève * . Enfin, le titre de prieur de St-Victor était, en 1417, décerné comme un titre d'honneur à ce Jean de Brogny, qui était déjà cardinal d'Ostie et n'était pas encore évêque de Genève.

Avec les ressources qui s'y trouvaient, il y avait certainement moyen d'entretenir à St-Victor un prieur et neuf moines, et il y avait même de quoi fournir à l'abbaye de Cluny une redevance à laquelle celle-ci attachait une réelle valeur. Tous les ans, le prieuré devait envoyer à la maison-mère une quantité de truites suffisante pour

^ Voyez, dans les Chartes inédites, les deux actes de 1271 et 1289 mentionnés à la lin du présent vol., note ITI, G. 3 Voyez Ibidem, 5 Mai 1266 et 28 Novembre 1273.

les repas du jour de Noël . « Une année, » lisonsnous dans la Notice qu'a publiée sûr François Bonivard feu M. le docteur Chaponnière, « l'envoi « manqua et le prieur fut évoqué pour paraître à « Cluny *; il s*y fit représenter par deux commis- <( saires, qui durent alléguer la difficulté qu'on (( avait à trouver la quantité de poisson demandée, a se plaindre des obstacles que rencontrait, des « avaries que subissait^ dans le trajet, cet aliment « avec lequel les moines faisaient maigre, en « sorte qu'il arrivait gâté ou même n'arrivait pas « du tout, et ces commissaires étaient, de plus, « chargés d'offrir un tribut annuel de dix livres « tournois, en compensation des truites qu'on ne « pouvait plus fournir; Texcuse fut admise, la « proposition acceptée, et l'aflaire se termina, dit « le moderne historien, à la saiisfection de tout le « monde » *. La redevance due aux moines de Cluny prouve que les révérends pères connaissaient même avant les rois où se trouvent les bons morceaux.

1 C'est de Jean Amé, l'oncle de François, qu'il s'a^t.

2 J. J. Chaponnière, Notice sur François Bonivard dans les Mém. et Doc. de la Société d^hist. et étarchéoL de Ge^ nève, t IV, p. 145 et Pièces justifjcalives, p. 246 (5 Mai i506). Genève et Paris, 1845.

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