S^-GERMAIN
dimes * . Plus lard , la sévérité contre eux ne fit que s'accroître. Jusqu'en 1428, dispersés dans la ville, ils furent obligés, dès le 14 Novembre de cette année-là, d'aller demeurer en leur quartier ordinaire, proche la porte de Palais et, le 1 9 Août 1488, puis le 28 Décembre 1490, le Conseil sollicita et obtint contre eux , des vicaires et du chapitre, un arrêt de bannissement qui fut effectivement rendu, et devint exécutoire dix jours après la dernière date ' .
Grâce à ces mesures salutaires , la paroisse de St-Germain et notre ville pouvaient donc se croire purifiées de tout élément étranger à l'Eglise catholique, apostolique et romaine. Mais ce qu'on a dit des jours est encore plus vrai des siècles : ils se suivent et ne se ressemblent pas. Le XV"® s'endormait dans une apparente paix. Le XVP® s'éveilla bientôt, on le sait, au bruit des controverses et des plus sérieuses discussions que le monde eût dès longtemps entendues.
La paroisse de St-Germain ne fut pas une des premières à se montrer favorable à la Réforme ; car, le 13 Février 1535, ayant ouï dire qu'on
1 Grenus, Fragments historiques sur Genève avant la Reformations Genève, 1823, pp. 16 et 17.
^ Grenus; Ibidem, aux dates indiquées.
454 m. LES ÉGLISES.
voulait leur donner pour prédicateur un cordelier, et craignant qu'on ne fît encore du bruit à cette occasion , les principaux habitants de cette paroisse prièrent qu'on le renvoyât et qu'on les laissât tout simplement avec leur office *. Ce n'est pas tout : il y avait décidément un parti assez nombreux qui voulait que la chaire de St-Germain fût aussi occupée par un prédicateur de l'Evangile, et sa présence avait été annoncée, le 14 au matin, par le vicaire, M. Charles Dunant, annonçant que ce prédicateur viendrait selon V ordre du Conseil. Mais quelques femmes firent alors un grand vacarme : les unes crièrent que les luthériens étaient des chiens ; une autre, surnommée la toute ronde, apporta à l'église un pilon de bois pour frapper le prédicateur. Et rien d'étonnant à cela : un bourgeois avait monté les tètes en cette paroisse, en disant à ses ressortissants qu'ils avaient le droit de recevoir ou de refuser un prédicateur , et , s'ils n'en voulaient pas , de ferm^ l'église. Le Conseil n'admettait pas qu'on raisonnât de la sorte, et que les paroisses s'attribuassent de tels privilèges. Deux des coupables qui, du reste, étaient des femmes de mauvaise vie, furent chassées de la ville; la toute ronde fut condamnée