CALTIN DEVANT LA PESTE. 54S
« danger après lui : Si quid et acciderit, vereorne mihi a post eum sil periclitandum (Octobre 4Sâ3. Epist ad <■ Virel. Lettres manuscrites n" 81). » Certes, voilà Calvin pris en flagrant <lélit de poUronnerie, de là-
c( l'Eglise : raais tani que nous somAies [en pareil nom* « 6re, je ne vois pas ce que nous pouvons prétexter st, par « crainte du péril, nous privons de secours cetAx qui en n ont le plus besoin. » M. Fleury aurait déjà pu lire cette citation complète dans l'ouvrage de M. Gaberel ; mais il ne se fie point à cet auteur, il se défiera peutêtre même de notre traduction. Nous lui donnerons donc, au bas de cette page^, le texte latin tel qu'il se trouve à la suite de la lettre à laquelle il a emprunté le mot : Vereor. Il y verra que la crainte dont parle Calvin concernait beaucoup plus, comme nous le disions, l'oeuvre même que l'ouvrier.
Et cette crainte lui avait été suggérée, quelque temps avant la lettre en question, par le Conseil même. Car voici ce que nous lisons dans Roset après le refus de celui qui ne se sentoit assez fort : « Calvin « et Castalio s'y oiTroyent et presentoyent. Ainsi estans c( mis en élection avec un nommé Pierre Blanchet et c< le nom de Dieu inuocqué, le sort tomba sur Castaci lio, lequel lors refusant, le Conseil empescha que Cal^-
^ Quia Petrus se obtulit facile omnes passi sunt Si quid ei accident, vereor ne mibi sit periclitandum. Nam, ut dicis, quia sumus singulis membris débiteras, non possumus iis déesse, qui prse aliis nostrum ministerium desiderant. Neque tamen meum consiliuDi est ut, dùm volumus parti consulere, ipsum Ecclesise corpus deseramus : sed quandiû sumus in hoc numéro y non video quid prœtexere nobis liceat, sipericuli timoré eos destituimus quibus maxime auxilio opus est. Calvinus Vireto, 6 Oct. 1542.
Extrait du volume manuscrit de la Bibliothèque publique de Genève qui a pour titre: Copie des lettres diverses de Calvin à Farel, Yiret, etc. t. III, p. 71.