‹ Les édifices religieux de la vieille GenèveChapitre 59 sur 64 · CALVIN DEYANT LA PESTE · texte numérisé non relu

CALVIN DEYANT LA PESTE

« tin n'y allast pour les services ordinaires qu'il faisoil (c en la ville, à l'Eglise et à la République, et ainsi y de- « meura le dit Blanchet, lequel depuis y fut empoi* « sonné et mourut. »

Mais avons-nous suffisamment disculpé Calvin d*une coupable faiblesse ? Non, M. Tabbé a en main une dernière preuve pour l'en accuser: « Lorsqu*en 1570, dit-il, les magistrats voulurent mettre la même réserve u en faveur de M. de Bèze, celui-ci réclama en disant « que tous pourroient ainsi se faire exempter, si on « entroit dans cette voie d'exclusion, ce qui pourroît « donner morsure au diable pour engendrer quelque « schisme entre ceux qui sont tous appelés à avoir « même charge, Maitre Calvin garda le silence ! » (p. 46)

Ah ! Monsieur Tabbé, je vous arrête ; vous êtes à Genève, et, quoique ne vous croyant pas obligé de savoir par le menu Thistoire de la Réformation, vous devez pourtant savoir qu*à Genève , cette année , TÉglise protestante va célébrer un solennel anniversaire. Si, en 1870, Maître Calvin garda le silence, nous sommes bien aise de l'apprendre à vos lecteurs français et à vous-même, il y avait pour cela une trèsbonne raison : Maitre Calvin était mort depuis six ans; il était mort le 27 Mai 456^. Il n'est pas d'usage que les morts s'offrent pour aller soigner les malades, ceux-ci fussent-ils atteints de la peste. Je ne crois pas qu'alors vous soyez autorisé à mettre, comme vous le faites, dans la bouche de ce cadavre les deux mots de sa plume que vous avez relevés avec tant de bonheur en disant : « Il était conséquent avec lui-même : Vereor « ne. n Je crois, du reste, pouvoir ajouter que M. le pasteur Gaberel n'a jamais employé d'argument de

cette force-là. Mais voyez : vous avez beau appartenir à une Eglise infaillible, Messieurs les prêtres catholiques peuvent se tromper aussi bien que les ministres protestants : Errare humanum est. Et, soit au sujet de la phrase de Roset, où vous avez été induit en erreur par un manuscrit, soit au sujet de la mort de Calvin, nous nous bornerons à dire que vous avez ignoré. Mais aller jusqu'à mettre en doute votre véracité, oh! nous sommes pour cela trop polis.

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