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ÉGLISE DU DOME

Rien n'a été épargné pour rehausser la décoration de cette église qui, par sa belle ordonnance, par la majesté de son architecture et par l'élégante recherche qui se retrouve dans les moindres détails de son ornementation, forme aujourd'hui encore un ensemble artistique des plus remarquables. Son aspect imposant, ses dispositions ingénieuses, ses lignes simples et gracieuses, son style sobre et harmonieux, qui est dans le goût le plus pur du xvii® siècle, en font un édifice des plus pittoresques, parfaitement digne de cette institution consacrée à la gloire des combats et aux grandes vertus militaires.

L'attention du visiteur est retenue par tant de richesses et de magnificences que relèvent l'éclat des peintures de la coupole, les brillants pavements de marbre de l'église, son sanctuaire élevé et grandiose et les belles sculptures qui se détachent dans les arcades et sur les murailles.

Dans ce vaste édifice, aux lignes amples et nobles, la pensée associe étroitement la splendeur d'un grand règne, qui affirma sa force et sa grandeur dans cette architecture majestueuse, et les souvenirs des grandes épopées qu'évoquent les cendres illustres auxquelles l'église a donné l'hospitalité.

A l'époque où l'édifice fut construit, Il s'ouvrait sur une esplanade aussi vaste que celle qui s'étend jusqu'à la Seine, On n'en a conservé que l'emplacement qui forme actuellement la place Vauban. Pourtant, aujourd'hui encore, lorsqu'on considère l'édifice de la cour d'honneur qui le précède, on ne peut résister

au charme et à la belle ordonnance de cette masse architecturale (PI. 27).

Sur un portail, de belles proportions et de lignes sévères, se superposent deux étages d'arcades encadrées de colonnes et de pilastres, surplombées par un dôme, éclatant de dorures, dont la coupe élégante et svelte est du plus bel effet : une lanterne dorée, percée de baies, couronnée d'une flèche légère, en forme d'obélisque, complète heureusement cet ensemble grandiose.

Lorsqu'on contemple Paris, dans une vue d'ensemble, le regard s'arrête sur cette coupole dorée des Invalides qui dessine une courbe nette et gracieuse, au-dessus de l'immense panorama formé par les maisons et les hauts monuments de la capitale.

Grâce aux proportions données aux difierentes parties du monument, grâce au choix habile des motifs d'architecture et de décoration, cet édifice, dont l'élévation et l'ampleur sont considérables, ne laisse pourtant aucune impression de lourdeur.

Le portail même ne paraît pas surchargé par les constructions massives qu'il supporte. Il comprend un ordre dorique et un ordre corinthien superposés. A chaque étage, on distingue une partie centrale faisant saillie, encadrée de colonnes accouplées, entre lesquelles s'ouvre une large baie cintrée. L'ensemble est surmonté d'un fronton triangulaire, dont le tympan est orné d'ua écusson, d'une couronne royale et de palmes. Ces ornements ont été sculptés par Antoine Coysevox.

Dans la notice qu'il a consacrée à THôtel des Invalides, Félibien nous a laissé le souvenir d'un projet de façade auquel il ne fut pas donné suite. Dans ce projet, le dôme se découpait derrière une belle colonnade recourbée, avec balustrade et statues, dans le genre de celle que Bernin jeta devant Saint-Pierre

de Rome. Aux deux extrémités de Thémicycle dessiné par la colonnade, on aurait dressé des pavillons monumentaux, coiffés de coupoles, d'une ordonnance analogue à celle qui se trouve à la base du grand dôme.

Les bas côtés de l'église s'accusent par les ailes de la façade qui se détachent de chaque côté du portail. Les murs, percés de fenêtres cintrées, sont couronnés par une balustrade à jour.

Le porche est décoré de plusieurs statues, d'un travail remarquable. On distingue, dans la partie gauche : un Saint Louis, sculpté par Nicolas Coustou, d'après un modèle de Girardon ; la Force et la Justice, par Coysevox ; à droite, Charlemagne, la Tempérance et la Prudence, œuvres du même artiste.

Les façades latérales se divisent en trois parties dont l'une, la partie centrale, qui correspond au transept, fait légèrement saillie : elle est surmontée d'un fronton triangulaire. Au-dessus des deux autres parties, règne une balustrade qui continue celle delà façade principale.

Le dôme, de forme circulaire, s'élève sur un soubassement, divisé en travées par des colonnes accouplées, d'ordre composite. Dans les intervalles, s'ouvrent de larges baies cintrées, ornées, dans la partie supérieure, d'anges et de têtes de chérubins. Le soubassement, couronné d'une balustrade à jour, est surmonté d'un attique, percé de douze baies, séparées par des pilastres -dont la plupart se terminent en volutes.

Au-dessus de l'attique, s'élève la calotte du dôme, revêtue de grandes côtes, entre lesquelles se détachent des trophées d'armes ; au centre de ces trophées, on distingue des casques dont la visière dissimule une lucarne, destinée à éclairer l'intérieur de l'édifice. Le dôme est coiffé d'une lanterne élégante qui offre quatre baies encadrées de groupes de colonnes ; cette lanterne se termine par un obélisque cannelé. Les ornements

du dôme, ainsi que la lanterne et Tobélisque, sont recouverts de dorures : celles du dôme sont à moitié effacées.

A rintérieur, on ne peut qu'admirer la belle élévation de l'édifice, l'élégance de son ornementation et aussi son aménagement ingénieux qui présente des dispositions assez originales (PI. 28). La vue est également flattée par la richesse des matériaux employés et par la blancheur des pierres. Une splendide mosaïque, aménagée sous Louis XIV, forme le pavement de l'église.

Le monument étincelle de dorures et de marbres aux teintes variées, sur lesquels, à travers les vitraux peints, le soleil se joue, en reflets coloriés et aveuglants.

L'église a la forme d'une croix grecque, au centre de laquelle est creusée une vaste crypte, à ciel ouvert, que surplombe la haute voûte de la coupole. Tout autour, rayonnent les bras nord et sud de la croix, deux amples transepts surélevés de six marches, qui s'ouvrent sur la nef par un arc triomphal, et quatre chapelles disposées diagonalement à l'axe de l'édifice.

Les bras de la croix, d'une ornementation sobre, sont couronnés de voûtes que sillonnent des arcs doubleaux, enrichis de médaillons et de motifs sculptés.

Les chapelles communiquent par des vestibules avec les bras de la croix. Elles sont précédées chacune, sur la face qui regarde la nef, d'un élégant portique, formé de deux colonnes isolées supportant un entablement et ime corniche qui reçoit les pendentifs de la coupole.

Cet ensemble, heureusement distribué, est complété par un maître-autel d'une belle élévation et d'une rare magnificence : décor luxueux et grandiose qui ferme la perspective du monument par une éblouissante vision.

Les différentes parties du monument ont été décorées avec

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an soin et une perfection qui se marqjuent dans les moindres détails. Les artistes les plus habiles de l'époque furent appelés à prodiguer leur talent et les ressources de leur art sur les murailles du monument. On y admire des mausolées, d'une exécution brillante, des œuvres d'art d'un grand prix ; les remarquables gravures de Cochin, reproduites dans VHistoire des Invalides de Granet, permettent d'apprécier cette variété infinie de bas-reliefs, de statues, de tableaux.

Pourtant, si l'on a recherché l'éclat et la grandeur, on a su éviter le mauvais goût et la profusion. Tous les détails de cette ornementation pittoresque sont parf^tement appropriées au cadre dans lequel ils sont placés. Et cet heureux accord des lignes architecturales et des motifs de la décoration contribue à l'unité et à l'harmonie de l'édifice.

Quelques bas-reliefs décorent le vestibule d'entrée. On remarque, sur la corniche qui surmonte la porte, deux Génies ailés, sculptés par Van Clève ; au-dessus de l'arcade percée à gauche, le Pape donnant sa bénédiction à saint Louis et à ses enfants, par l'Espingola ; dans la partie correspondante, à droite, Saint Louis à son lit de mort, par Van Clève.

D'autres bas-reliefs se détachent au-dessus, des arcades qui s'ouvrent sur la nef, donnant accès aux diapelles.

On voit, au sud-ouest, dans l'arcade de la chapelle Saint- Jérôme, un Ange sonnant de la trompette, sculpté par Vaa Clève ; au sud-est, du côté de la chapelle Saint-Augustin., un Ange au casque, d'Antoine Coysevox. L'arcade de la chapelle Saint-Grégoire, au nord-ouest, porte un Génie ailé, de Flamen; celle de la chapelle Saint- Ambroise, au nord-est, porte égalenaent im Génie ailé, sculpté par Nicolas Coustou.

Les pendentifs de la coupole sont revêtus de belles peintures murales, où apparaissent les figures des quatre Épangélistes. Ces

Pliolo Neunlein.

S.MXT-LOUIS DKS INVALIDAS. EGLISE DU DÔME. FAÇADE. (Page 95)

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