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doré, qui ont été modelés par Nicolas Coustou. Un autre groupe de prophètes est dû à Flamen. Jean Poultier a sculpté, au-dessus des arcades des vestibules, des anges ailés portant des médaillons où Ton voit Saint Louis ensevelissant les morts et pansant les plaies d'un vieillard.

La coupole est couverte de peintures intéressantes de Bon de BouUongne qui représentent des scènes de la vie de saint Jérôme,

Chapelle Saikt-Augustin. — Au centre de la chapelle Saint- Augustin s'élève un monument consacré à la mémoire de Joseph-Napoléon, roi d'Espagne. Il se compose, comme les autres mausolées, d'un assemblage pittoresque de marbres de différentes couleurs.

On voit, dans cette chapelle, une très belle statue de la Religioftj par Gîrardon, une autre, datant du xviii* siècle, qui symbolise V Abondance. Jean Poultier a exécuté, au-dessus des arcades des vestibules, des médaillons, portés par des anges ailés, qui figurent Saint Louis rendant la justice et honorant la vraie croix. L'attique est décoré, dans les troisième et sixième travées, de deux groupes de prophètes, sculptés par Flamen. Sur la coupole se développent des scènes de la vie de saint Augustin, peintes par Louis de BouUongne.

Chapelle Saint-Grégoire. — La chapelle Saint-Grégoire renferme un Christ à la colonne^ exécuté par Slodtz, qui reproduit un original de Michel-Ange ; une autre statue, qui date du xviii* siècle, personnifie la Vérité. Cette œuvre d'art faisait sans doute partie, à l'origine, d'un monument funéraire, sur lequel le bras gauche de la statue devait s'appuyer.

Des groupes et des concerts d'anges décorent les parois de la chapelle.

Sur l'attique, dans la quatrième travée, des anges musiciens

ont été sculptés par Nicolas Coustou; d'autres, exécutés par Jean Poultier, décorent les sixième et huitième travées. On voit aussi, au-dessus des arcades des vestibules, un bas-relief de Lecomte, figurant V Espérance^ et un médaillon porté par des anges, de La Pierre, qui représente le Mariage de saint Louis.

Des peintures de Doyen, sans grand intérêt, ornent la coupole de sujets empruntés à la vie de saint Grégoire. Elles ont remplacé d'anciennes fresques de Michel Corneille que l'humidité avait complètement détériorées ♦

Chapelle Saint-Amb rqisb . — La chapelle Saint -Ambroise offre une décoration à peu près pareille à la précédente.

On voit, au-dessus des arcades des vestibules, tin bas-relief de Lecomte symbolisant V Humilité^ un médaillon de Jean Poultier, qui montre Saint Louis lavant les pieds des pauvres^ un autre de Philippe Magnier évoquant la Vision de saint Louis.

On remarque également, dans la deuxième travée, un Concert d'anges^ de Jean Poultier; dans la troisième travée, un groupe d'anges sculpté par Sébastien Slodtz ; dans la quatrième, un Concert d* anges àt Flamen. Les sixième et huitième travées sont ornées de Concerts d'anges^ par Martin et Hardy.

Bon de BouUongne a peint, dans la coupole, des scènes de la vie de saint Ambroise qui sont d'un bel effet décoratif.

Chceur. — Au fond de l'église, se dresse le maître-autel qui attire de loin les regards par ses belles dispositions et par son éclatante ornementation.

Toutes les variété de marbre s'y trouvent représentées : marbre noir veiné de blanc, marbre vert, marbre blanc de Carrare.

L'autel repose sur un soubassement, élevé sur cinq marches de marbre blanc.

Tout autour règne une rampe élégante, avec des piédestaux richement ornés. Dans les différentes parties de l'autel, sont répandus à profusion des guirlandes de fleurs, des festons, des feuilles et des fruits qui déroulent leurs arabesques autour de cette architecture aux lignes correctes et gracieuses : tous ces ornements sont en bronze ciselé et doré- Deux piédestaux, à droite et à gauche de Tautel, supportent des anges ailés, tenant des candélabres, qui ont été sculptés par Husson.

L'autel s'encadre dans un immense baldaquin qui forme un décor éclatant et somptueux à toutes les richesses et à toutes les fantaisies décoratives de cette architecture.

Ce haut baldaquin est porté par quatre colonnes monolithes, en marbre noir veiné de blanc, que couronnent des chapiteaux corinthiens en bronze doré. De l'entablement s'élancent quatre grandes consoles, dont les volutes se joignent pour supporter un globe, surmonté d'une croix, qui laisse pendre un lambrequin décoré de fleurs de lis.

A l'aplomb des colonnes, se dressent des anges gracieux sculptés par Feuchères.

Les fenêtres qui éclairent le chœur sont ornées de peintures et de bas- reliefs : on voit, à gauche, un bas-relief du xvii* siècle, figurant la Charité QtV Abondance^ et un Concert d'anges peint par Bon de BouUongne : à droite, un bas-relief du xvii* siècle symbolisant Xz. Religion etVEspérance^ et des anges musiciens peints par Louis de BouUongne.

Noël Coypel a exécuté dans la voûte une vaste fresque figurant la Sainte Trinité. Il a peint également V Assomption qui se développe sur le tympan de l'arc du fond.

Crypte. — Malgré la richesse de sa décoration et les chefd'œuvre artistiques qu'elle renferme, l'église du Dôme n'atti-

rerait qu'un petit nombre de visiteurs, sans le magnifique tombeau qui abrite, dans sa crypte, les cendres de Napoléon P^ Seule d'ailleurs, entre tous les édifices auxquels on aurait pu songer, elle semblait offrir, par sa large et belle ordonnance, un cadre solennel et majestueux, digne de la glorieuse dépouille qu'elle renferme.

On sait que le cercueil de Napoléon a été ramené de Sainte- Hélène par le prince de Joinville, un des fils de Louis-Philippe. Le 1 5 décembre 1 840, les cendres de l'Empereur furent transférées en grande pompe aux Invalides. Des draperies en velours violet et or revêtaient le dôme et l'intérieur de l'église, au milieu de laquelle se dressait un catafalque magnifique.

On mit aussitôt à l'étude le plan d'un mausolée destiné à recevoir la dépouille de l'Empereur.

Parmi les 83 projets présentés, celui de Visconti réunit la majorité des suflFrages. Les travaux avancèrent lentement ; ce n'est qu'en 1861 que le corps de l'Empereur put être transféré dans sa tombe monumentale.

Il faut louer Tingénieuse disposition adoptée par Visconti. Cet architecte répugna heureusement à élever, au centre de Téglise, au-dessus du pavement, un mausolée qui eût rompu la perspective grandiose de l'édifice, écrasé les lignes harmonieuses de son architecture. Il creusa le sol et, dans la vaste crypte qu'il aménagea à l'air libre, il put déployer à son aise toutes les ressources de son art, tout en assignant à son monument une place isolée, plus mystérieuse, qui enveloppe l'ombre de Napoléon d'une pénombre pleine de grandeur et de dignité (PI. 29).

Un double escalier, qui s'ouvre sur les côtés du maître-autel, conduit à la crypte. On s'arrêtera dans le vestibule qui sépare les chœurs des deux églises. Là s'élèvent les cénotaphes de Duroc

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et de Bertrand, les généraux fidèles, qui semblent encore, dans la mort, défendre la gloire de leur Empereur : leur image revit dans ces deux statues colossales, dont Tune porte le globe, l'autre le sceptre et la couronne impériale.

Un péristyle obscur conduit à la crypte. Elle est fermée par des portes de bronze que gardent les sentinelles imposantes de deux remarquables cariatides, sculptées par Fraticisque Duret. L'artiste a su donner un air de gravité farouche et de mâle résignation à ces deux vieillards qui, dans leur attitude fière et attristée, symbolisent la Force civile et la Force militaire.

On ne peut qu'admirer les belles et solennelles dispositions du caveau qui est entièrement recouvert de marbre blanc, à l'exception du sol où se fondent des marbres de nuances variées. Le tombeau s'élève dans un cadre sobre et majestueux, où les Victoires de Pradier, rangées autour du cercueil, dans une attitude de pieux recueillement, semblent veiller sur le sommeil du héros et protéger sa gloire.

Tout autour du monument, règne une galerie qu'éclairent des lampes funéraires en bronze dont le dessin a été copié sur les modèles en terre cuite de Pompéi. Les travées, encadrées de piliers massifs, sont décorées d'une suite de bas-reliefs sur lesqtiels Simart a sculpté des allégories, inspirées des grands faits de la vie civile de l'Empereur. On y trouve, évoquées dans de larges compositions, \dL Pacification des troubles civils ;V Organisation de r administration publique; la Création du Conseil d'État; la Promulgation du Code ; le Concordat; la Fondation de l'Université; la Fondation de la Cour des Comptes, la Protection du Commerce et de T Industrie ; les Travaux Publics et les Arts; la Fondation de la Légion d'honneur.

Contre les piliers et faisant face au tombeau, se dressent

les grandes Victoires ailées de Pradier. Toutes ont la tête baissée, dans un mouvement harmonieux et comme hiératique : elles sont vêtues de robes qui tombent en longs plis droits. Ces statues, d'une grâce noble et fière, témoignent de l'habileté d'exécution et de Tart élégant de Pradier qui, tout en variant les gestes, les symboles et l'expression, a sculpté ses figures dans un même sentiment de force et de grandeur.

Au centre de la crypte, se dresse le mausolée énorme dont la silhouette se détache en une perspective si grandiose qu'il semble que le dôme qui l'abrite ait été construit pour lui former un cadre digne de lui. Ce nionument massif est taillé dans un magnifique bloc de granit rouge de Finlande qui fut offert par l'empereur de Russie et dressé, à grands frais, sur un socle de granit vert des Vosges.

Rien de plus sobre que la tombe de l'Empereur : elle n'attire l'attention que par son imposante simplicité. Point de sculptures, point d'autres ornements que des arêtes arrondies et deux volutes sévères, d'une courbe élégante.

Une baie s'ouvre dans la crypte, en face du tombeau ; elle donne accès à une petite chapelle obscure, revêtue de marbre noir, que décore une statue de Napoléon, en costume de sacre, œuvre de Simart. Au milieu, sur un socle en granit rouge, une vitrine renferme des objets précieux auxquels s'attache le souvenir de l'Empereur. On voit le chapeau qu'il portait à la bataille d'Eylau, l'épée qu'il avait à Austerlitz, le collier offert, lors du sacre, par la Ville de Paris, son grand cordon de la Légion dlionneur, une boîte qui contient les clefs du sarcophage de Sainte-Hélène.

A l'extrémité du couloir de droite et sous la chapelle Saint- Grégoire, s'élève le monument érigé, en 1 835, en l'honneur des victimes de l'attentat de Fieschi.

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Des souvenirs artistiques, des images architecturales, des pensées glorieuses ou philosophiques hanteront le visiteur qui s'attardera dans l'église des Invalides et dans ses souterrains. Il oubliera facilement qu'il est dans une église; cet autel même, aux colorations éclatantes, ne paraîtra pas le convier à la prière. Les Invalides s'écartent du type classique des églises chrétiennes, comme s'en éloigneront plus tard le Panthéon et la Madeleine. Mais ce contraste est dû moins à une évolution architecturale qu'à des préoccupations particulières.

Déjà Louis XIV songeait moins à faire hommage à Dieu d'une chapelle nouvelle, qu'à bâtir un monument qui dressât vers le ciel son orgueilleuse silhouette, comme un asile des vertus militaires, un sanctuaire de la gloire terrestre.

L'édifice a trouvé sa destination définitive en recevant les cendres glorieuses qu'il abrite. Et les grandes pensées qu'éveille la crypte dessinée par Vîsconti, avec une si noble sobriété, s'accordent sans effort aux images profanes qu'évoque l'élégante gracilité des bronzes et des mosaïques anciennes.

Photo Neurdein.

MONUMENT DE TURENNE GROUPE SCULPTÉ PAR TUUY, SUR LES DESSINS DE LE BRUN.

Photo Le Deley.

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