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SAINT.JEAN-SAB>JT.FRANÇOIS

Cette église était, au xvii® siècle, la chapelle d'un couvent des Capucins du Marais qui fut fondé, en 1622, par le religieux Athanase Mole, frère du célèbre garde des sceaux. Dédiée à rimmaculée-Conception, elle ne put être achevée que grâce aux libéralités et à la protection de d'Argenson, alors lieutenant général de police. Parmi les fidèles qui fréquentaient la chapelle, on comptait M"' de Sévigné dont l'hôtel était voisin.

La Révolution comprit d'abord cet édifice parmi les nouvelles paroisses de Paris, sous le nom de Saint François d'Assise. On y transporta les fonts baptismaux, les stalles et divers ornements qui décoraient l'ancienne église de Saint- Jean en Grève.

C'est dans la nouvelle paroisse qu'on vînt chercher, le 20 janvier 1793, les objets du culte, pour dire la messe qui fut 'célébrée au Temple, le lendemain matiii, en présence de Louis XVL

Bientôt l'église fut fermée et vendue. Rendue au culte après la Concordat, elle a été rachetée par la Ville pour 60.000 francs. Elle eut pour premiers desservants les derniers prêtres de l'église Saint- Jean en Grève qui ajoutèrent le titre de Saint- Jean au vocable de la paroisse. Parmi les marguilliers de l'époque se trouvait de Sèze, le courageux défenseur de Louis XVI devant la Convention.

Depuis cette époque, on a modifié, à plusieurs reprises, le plan de cette église, afin de lui donner des dimensions plus vastes»

En 1828, l'architecte Godde construisit le chœur actuel ;

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en i832, il fit aménager une chapelle des catéchismes, dans le prolongement du bas côté. En i855 enfin, Victor Baltard édifia le petit porche qui s'ouvre sur la façade principale. Ces diverses transformations n'ont pu donner un caractère architectural à cette petite église, d'aspect fort modeste, qui est dénuée de toute ornementation, aussi bien à Tintérieur qu'à l'extérieur.

L'édifice s'ouvre, à l'angle de la rue du Perche et de la rue Chariot, par un porche exigu, qu'encadrentdes pilastres doriques.

Au chevet, se dresse une petite tour circulaire, coiffée d'un campanile en bois et en plomb que surmonte un dôme.

L'église présente, à Tintérieur, une nef voûtée en cintre surbaissé, que termine un chœur dont la voûte est beaucoup plus élevée. Un seul bas côté règne à gauche : on sait que cette disposition est de règle dans les églises franciscaines.

Le monument n'a d'intérêt que par les œuvres d'art qu'il renferme ; quelques-unes sont fort remarquables.

Deux belles statues attirent d'abord l'attention, à l'entrée du chœur (PI. 4). D'un côté, un Saint François d Assise en prière^ sculpté par Germain Pilon. Le saint agenouillé, étend ses mains, les yeux levés au ciel. L'œuvre est élégante et d'une belle inspiration. Elle fait face à un Saint Denis ^ que Jacques Sarrazin a sculpté avec une grande largeur de style.

De nombreuses peintures ornent les murs de la nef, le chœur, les chapelles de la Vierge et de Saint-François qui s'ouvrent sur le bas côté.

On remarquera un tableau, plein de vigueur, d'Ary SchefFer : Saint Louis visitant ses soldats atteint de la peste ; un Saint François de Sales, et un Saint Charles, de l'école de Philippe de Champaigne; une assez bonne composition de Hugues Taraval, représentant le Sacrifice de Noé : deux tableaux attribués à Natoire : la Mise au tombeau, et le Vœu de Jephté;

une Vision de saint Dominique^ d'une belle ordonnance, qu'on attribue à Claude Vignon.

Signalons également une toile, d'un riche coloris, de l'école flamande du xvii* siècle : Les saintes femmes au pied de la croix; deux tableaux espagnols, de la même époque : la Communion de sainte Thérèse^ et le Christ appliquant des stigmates à la sainte; un Saint Benoît et un Saint François en prière, de l'école italienne du XVII® siècle; deux toiles françaises du xvii® représentant Saint Pierre dans sa prison éveillé par l'ange et Saint Charles communiant les pestiférés ; Qn^n un Saint Dominique en prière, du xviii® siècle.

Quatre tableaux du xvii* siècle, qu'on attribue au frère Luc, de l'ordre des Dominicains, sont consacrés à saint François d'Assise.

Le chœur est revêtu d'une très belle boiserie, de style XVIII® siècle, dont les panneaux s'encadrent de pilastres et s'agrémentent de moulures, de coquilles, de fleurs délicatement sculptées. La décoration en est gracieuse, autant que discrète ; on remarquera particulièrement l'élégante ornementation des portes et les jolis motifs dorés qui rehaussent les premiers panneaux (PI. 4).

Huit sujets de tapisserie, disposés le long de la nef, évoquent le miracle de la sainte Hostie, auquel l'ancienne église des Billettes dut sa fondation.

La fameuse association fondée par Ignace de Loyola et ses c ompagnons n'avait pas encore, à Paris, de maison professe.

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lorsqu'en 1 58o, le cardinal de Bourbon lui fit don d'un grand hôtel situé dans la rue Saint-Antoine. L'institution prit un développement tel que les religieux ne tardèrent pas à se trouver à l'étroit dans les bâtiments qu'ils occupaient. Le roi Louis XIII leur céda gratuitement les anciens murs et les fossés de la ville, pour y élever un édifice plus important.

L'ancienne chapelle dédiée à saint Louis a fait place, en 1627, à une vaste église, dont les plans avaient été dressés par le jésuite François Derrand. Richelieu fit édifier à ses frais le grand portail qui fut construit par le père Martel-Ange. Il célébra lui-même la première messe qui fut dite dans la nouvelle église, en 1641, en présence de Louis XIII, de la reine et de Gaston d'Orléans.

On sait l'influence considérable qu'exercèrent les Jésuites, jusque dans les conseils du gouvernement. C'est dans leur compagnie que nos rois choisissaient leurs directeurs de conscience. Ceux-ci résidaient dans la maison professe, lorsqu'ils ne suivaient pas la cour. La maison de la rue Saint-Antoine compta parmi ses hôtes le père Cotton, confesseur d'Henri IV, le père La Chaise et le père Tellier, confesseurs de Louis XIV.

La maison des Jésuites renfermait de grandes richesses. Elle possédait de belles collections de livres, réunies par le savant Ménage, par Huet, Térudit évêque d'Avranches : elle avait aussi un cabinet de médailles, formé par les pères La Chaise et Chamillart qui avaient un goût très vif pour les antiquités.

La dispersion de la Compagnie de Jésus, en 1764, et la disgrâce des Jésuites laissèrent le couvent aux mains des créanciers de ces religieux. Les locaux furent ensuite occupés pendant quelque temps par les chanoines réguliers de Sainte-Catherine ; on en fit, sous la Révolution, un dépôt de livres.

L'église a été rendue au culte, après le Concordat ; on joi-

gnit alors à son vocable celui de Saint-Paul, en souvenir d'une église fort ancienne qui s'élevait, dans ce quartier, avant la Révolution. Cette église avait été la paroisse des rois de France, lorsqu'ils habitaient l'hôtel Saint-Paul. On voit encore, dans le passage Saint-Pierre, la base de l'ancien clocher et quelques vestiges du charnier qui entourait l'édifice.

La paroisse Saint-Paul renfermait de riches tombeaux, parmi lesquels ceux de Quélus et de Saint-Mégrin, favoris de Henri III : œuvres de Germain Pilon. Ses vitraux étaient fort renommés et Ton y voyait le portrait le plus authentique que l'on connût de Jeanne d'Arc. Sa cuve baptismale avait servi au baptême de Charles VI et de Charles VII. C'est dans les charniers de Saint-Paul que furent inhumés Rabelais, l'architecte Jules-Hardouin Mansart etNicot qui importa le tabac en France.

Saint-Paul-Saint- Louis offre l'exemple le plus classique, en même temps que le plus brillant, du style « jésuite » qui a marqué d'une si forte empreinte l'architecture religieuse du XVII® siècle. Ce style, venu d'Italie, emprunte des modèles au Gesu et à Saint-Ignace de Rome. Aux inventions hardies de l'imagination gothique, il substitue un plan uniforme, méthodique ; il se répandra facilement, car tout y est calcul et raisonnement et l'on ne laisse guère d'initiative à la fantaisie de l'architecte . Dans cette ordonnance froide et symétrique , on transpose, sans modification sensible, mais en les adaptant aux exigences du culte, les principes architectoniques de l'art antique, auquel les artistes s'eflforceront de dérober l'élégance et la noblesse des ordres classiques.

Tout l'effort décoratif portera sur la façade. Deux ordres se retrouveront, invariablement, dans les portails inspirés de ce style. Le premier donne accès à l'édifice, qu'il embrasse dans toute sa largeur. Le second prend naissance à la hauteur des

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voûtes des bas côtés et des chapelles et ne correspond qu'à la voûte centrale. Un troisième ordre, comme à Saint-Paul- Saint-Louis, domine parfois cet ensemble que couronne toujours un fronton triangulaire ou hémisphérique. Style mono-tone, mais d'une imitation aisée ; il se répétera dans toutes les églises du temps, avec ses accouplements réguliers de pilastres et de' colonnes espacées sur une ou plusieurs rangées.

L'intérieur de l'édifice ce jésuite » est spacieux, bien ordonné, mais on n'y relève la trace d'aucune audace architecturale. De larges nefs, portées par d'amples arceaux à pilastres, des voûtes agrémentées de caissons, un autel élevé qui apparaît, au fond du chœur, dans un isolement pittoresque.

Le contraste entre notre ancienne architecture et cet art « jésuite » frappera le visiteur, lorsqu'il contemplera successivement ces deux églises si voisines : Saint-Gervais et Saint-Paul- Saint-Louis. Trois ordres se superposent sur chacune des deux façades. Et cette analogie même semble accuser l'émulation de l'architecte de Saint-Paul-Saint-Louis qui voulut rivaliser en grandeur et en majesté avec le modèle tout proche qui s'offrait à ses yeux. Mais Saint-Gervais, dont les réminiscences italiennes ont seulement enjolivé la forme gothique, porte un immense vaisseau qui justifie, jusqu'à un certain point, cet amoncellement de portails. La nef de Saint-Paul-Saint-Louis, de structure moderne, d'élévation bien moindre, ne commandait pas un pareil effort architectonique ; dès lors, la façade paraît moins un élément de décoration qu'une addition arbitraire. Ce sera le défaut de presque toutes les façades inspirées de ce style : les plus heureusement conçues auront l'air de morceaux plaqués, sans lien avec le monument.

Cette architecture nouvelle, dans ses compositions froides et bien ordonnées, eût sans doute été d'une sévérité déplaisante,

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