SCÈNE VI
HENRI, VERNOUILLET, le bras en écharpe. HENRI.
Ah I ah ! vous apportez l'étrenne de votre écharpe à ma sœur? C'est fort galant.
Mon seul but est de la rastiurer sur celte égratignure.
HENRI
Si nous profitions de son absence puur causer un peu de choses et d'autres ?
VERNOUILLET
Je serai charmé de faire plus ample connaissance avec mon futur beau-frère.
HENRI
Asseyez- vous donc, (iis s'asse>ciii.) Ahçal mon cher beaufière, pourquoi voulez-vous épouser ma sœur?
VERNOUILLET
Pour une seule raison, qui vous paraîtra peut-être suffisante : je l'aime.
HENRI
Dites-moi tout franchement que vous cherchez à vous marier, que la position de ma famille vous convient, que la dot de ma sœur ne vous semble pas déparée par sa personne... et je vous croirai.
VERNOUILLET
C'est justement ce qu'on exprime dans le monde par le verbe aiirmr.
HENRI
A la bonne heure. Ainsi votre cœur n'est pas plua intéressé dans l'affaire qu'il ne convient ?
Où voulez-vous en venir?
HENRI
Dans votre position, vous n'êtes pas embarrassé de votre person :e, et vous trouverez facilement un parti préférable à ma sœur.
vbrnouilLet.
Est-ce que monsieur votre père vous a chargé de me retirer sa parole?
HENRI
Non pas; j'agis de mon chef. J'ai d'autres vues sur ma sœur; et puisque vous n'êtes pas touché en plein cœur, je vous prie loyalement et en galant homme de vous désister de voire recherche.
VERNOUILLET
Je suis très mortifié, monsieur, de contrarier vos projets; mais vous comprenez que ce n'est pas un motif suffisant de me retirer. La délicatesse ne m'en ferait-un devoir qu'au cas où mademoiselle votre sœur ne m'épouserait pas de son plein gré.
HENRI
C'est précisément le cas.
VERNOUILLET
Permettez-moi d'en douter. Monsieur votre père m'a dit hier soir qu'elle agréait ma recherche; je lui ai moi-même déclaré mes sentiments, et elle a paru m'é^ouler ijauo la moindre répugnance.