Voyez, par exemple, Peregrinatio, p
TAnastasie et continuent la veillée sainte en disant des psaumes et des antiennes jusqu'au jour; il reste aussi parmi eux quelques prêtres et quelques diacres, désignés chaque dimanche à tour de rôle pour dire les oraisons après chaque antienne, car nous avons déjà vu que ce privilège leur est réservé. Cette partie de l'office ne semble répondre, non plus que celle qui a précédé les vigiles, à aucune partie de l'office liturgique aujourd'hui reçu. Il ne paraît pas en effet, d'après les termes de Silvia, que ce soient les Laudes ; c'étaient plutôt des prières facultatives comme celles qui précédaient les vigiles.
Vers huit ou neuf heures, a lieu une autre réunion, non pas dans l'Anastasie, mais dans l'église majeure du Golgotha : c'est la synaxe liturgique. Tout s'y fait, dit Silvia, selon la coutume qui existe partout le dimanche \ Aussi ne prend-elle pas la peine de décrire cette cérémonie ; elle remarque seulement, comme une particularité digne d'attention, que parmi les prêtres qui assistent à la réunion, ceux qui veulent prennent la parole, et c'est après eux tous que parle Févêque ^ Ces prédications roulent sur les Ecritures
■I. Per< grinatio, p. 81.
2. Cette particularité se retrouve encore dans la Liturgie des Comt iiut ions Apostoliques {livre l\, 31), qui a tant de points de contact, nous l'avons déjà vu, avec la Liturgie de Jérusalem. Ka;
o\ sur rawour de Dieu, et se prolongent jusqu'à la (jualriènie lieuro ou même la cinquième (10 heures ou 1 1 heures).
Nous pouvons suppk'er facilement ici au silence (le notre voyageuse. L'office qu'elle nous décrit^ c'est ce que l'antiquitr a])pelle \di Messe des catéchumènes, c'est-à-dire la messe à laquelle les catéchumènes peuvent assister; elle répond à la première partie de notre messe actuelle, depuis l'introït jusqu'à l'offertoire. Nous la trouvons décrite tout au long dans des documents à peu près contemporains du récit de Silvia. Il y avait une lecture de l'ancien Testament (livres de Moïse), le chant des psaumes, la lecture des Actes des apôtres ou de leurs épîtres, celle de l'Evangile, et ensuite rhomélie\ C'est on le voit, le même dessin liturgique que notre grand'messe jusqu'à l'offertoire, lecture de l'épître, et, à certains jours de quatre-temps ou de vigile, lecture de passages de l'ancien Testament, psalmodie, chant des
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1. Constit. Apost., 1. II. Cf. Liturgie de saint Jacques, Liturgie gallicane, et autres Liturgies. On peut voir la description de la messe des catéchumènes d'après ces documents dans Lebrun, ErpUration de la mesi^e (éd. de 1777. t. III et IV), et dans Du chnsne, Oiiijines du cu'te chrétien, p. 56 et suiv.
antiennes OU des répons de l'introït et de TofTertoire, lecture de l'évangile, instruction du prêtre sur ce texte.
Après la messe des catéchumènes, les moines sortent les premiers de l'église du Golgotha et conduisent processionnellement, et au chant des hymnes, l'évêque jusqu'à l'église de l'Anastasie ; on ouvre toutes les portes, mais les fidèles sont seuls admis ; les catéchumènes n'ont pas le droit d'assister à cette seconde partie de la messe, appelée pour cette raison Messe des fidèles. Silvia ne nous la décrit pas^ soit parce qu'elle a retrouvé à Jérusalem la même forme du sacrifice que partout ailleurs, soit parce qu'une loi encore en vigueur défendait de livrer le secret des mystères. Elle se contente de dire : Quand tout le peuple est réuni, on rend grâces à Dieu : aguntur gratiœ Deo; c'est proprement la traduction du mot grec Eucharistie. Ailleurs, quand il s'agit de parler de la messe, elle se sert toujours de termes équivalents : « on accomplit les mystères ou les sacrements, on fait l'oÛrande, l'oblation * ». Cette messe des fidèles est conservée, quant aux lignes principales, dans la seconde partie de notre messe.
i. Offertur, aguntur sacramenta^oblatio, aguntur omnia légitima, id Bit offert ur juxta consuetudinem (Gamurrini, /. c, 81, 84, 87, 101, etc.).
LA LITURQIK DE JÉRUSALKM 57
Nous pouvons ici encore suppléer au silence de Silvia par (les documents liturgiques contemporains, qui Irnioignent en faveur des pratiques orientales do TKglise de Jérusalem, ou des Eglises d'Antioche et de Syrie, dont la liturgie aie plus d'analogie avec celle de Jérusalem. Saint Cyrille, évêque de cette Eglise au milieu du iv*^ siè^cle, expose en effet en détail toute cette partie des mystères. La loi de l'arcane, qui l'avait jusqu'alors retenu dans l'exposition du sacrement, n'existe plus pour lui, car ceux qui l'écoutent sont les nouveaux baptisés, qui ont droit par conséquent d'être initiés à tous les mystères ^ .
Il décrit donc les diverses cérémonies de la messe depuis l'offertoire, le lavement des mains, le baiser de paix, la préface, le Sanctus, l'épiclèse ou invocation du Saint-Esprit et la consécration, les supplications et prières du Mémento, le Pater, la communion
1. \e catéchèse mystagogique. Rapprocher celle Liturgie de celle des Constitutions Apost., sauf quelques légères différences, et de la Liturgie de sainl Jacques, qui est la vraie Liturgie de Jérusalem et dont la rédaction définitive, d'après certains critiques, est du ve siècle ; mais elle a certainement des éléments d'origine très antique. Probst, dans le Katholik, 1884, 1, 142. 253, a établi contre Lebrun et quelques autres liturgistes, l'analogie entre les catéchèses de saint Cyrille et les Constitutions Apostoliques. Cf. aussi Real-Ency. de Kraus, au mot Liturgie, I, 310, et Mader, Der heiliye Cyrillus von Jérusalem, p. 148 seq.
et l'action de grâces*. A la fin de la messe, reprend Silvia, le diacre élève la voix; les fidèles qui sont debout inclinent la tête, et l'évêque les bénit. Il sort ensuite du Saint-Sépulcre où il a célébré les mystères, et on vient lui baiser les mains. La messe dure environ jusqu'à la cinquième ou la sixième heure (onze heures ou midi) ". On voit que cette bénédiction de l'évêque, avec un cérémonial uniforme, était la finale de tous les offices un peu solennels. Dans notre liturgie, il en reste des traces à la fin de la messe et des vêpres pontificales.
Les offices de Sexte et de None disparaissent le dimanche, comme celui des Laudes. Pour le Lucernaire, il s'accomplit comme les autres jours de la semaine.
Il y a, pour les dimanches de carême et de la Pentecôte, d'autres modifications que nous exposerons plus loin ^
Une sera pas inutile, avant d'aborder la description des fêtes principales, d'expliquer, autant que le permet l'obscurité des textes, le sens de quelques-uns
1. Lebrun, /. c, p. 55 et suiv. ; Duchesne, p. 58. Pour les textes liturgiques de saint Cyrille, cf. l'édition de Swainson, The greek Liturgies chiefly from original authorities, in-i», Lond., 1884, p. 209.