Peregrinatio, 76, 77, 83, 103, etc
LA LlTUnaiE DK JERUSALEM 65
ri']vaiiiAile. Les plus aiu'icns loclionnaircs quo nous possédons soiil htiii do renioiilcr à iiiic époque aussi reculée.
Dans ses catéchèses, saint Cyrille fait allusion souvent à des leçons lues avant le sermon; on indique môme le passage d'où la leçon est tirée; mais il faut se garder de voir là des lectures' liturgiques. Elles sont tout à fait en dehors de l'office ; c'est le catéclTiste qui, avant de prendre la parole, fait lire un passage des Livres saints de l'Ancien ou du Nouveau Testament, en harmonie avec le sujet qu'il va développer ^
Il y avait partout des lectures à la Messe des catéchumènes. Selon l'usage antique, au moins pour l'Église romaine, les lectures n'étaient pas admises dans les autres parties de l'office, sauf pour le service de la vigile. L'Eglise de Jérusalem les admettait dans certaines circonstances à l'office des vigiles des vendredis et des samedis de carême : tota nocte vicibus diciintui'psalmi responsorii, vicibus antip ho me, vicibus lectiones diverse, qux omnia usqiie ad mane protrahentes ; il en est encore question à l'office du ven-
1. Saint Cyrille, catéchèses xie. xiie, xix', xxe,etc. Cf. Schniid, de primitivœ ecclesiœ leciionibus et prœcipuis circa easdem ritibus, apud Volbeding, Thésaurus commentationum, t. II, p. 62 et seq., et Tenzelius, de ritu lectionum sacrarum, Viteb. 1685.
dredi saint el dans plusieurs autres fêtes, comme on le verra par la suite'. Mais on ne saurait affirmer que ces leçons étaient admises tous les jours aux vigiles ; elle dit souvent de cet office qu'il se compose d'antiennes, de psaumes responsoriaux, d'hymnes et d'oraisons, mais sans parler de leçons*.
Les oraisons sont dites plusieurs fois pendant l'office, souvent après chaque psaume, après ou avant la lecture de l'évangile, elles sont entremêlées aux lectures ; on les retrouve à tous les offices du jour et de la nuit ; les prêtres seuls, les diacres et quelquefois les simples clercs, ont le privilège de faire cette oraison publique ; il est probable qu'elle était, dans une certaine mesure, livrée à l'improvisation, comme les préfaces ; l'improvisateur était tenu seulement de ne pas sortir d'un thème général qui variait suivant les offices du jour ou de la nuit". Ici encore nous pouvons recourir à des auteurs peu postérieurs à l'âge de Silvia, pour expliquer sa pensée, et pour retrouver cette oraisoîi aux allures plus libres, sans
4. Pere^rinafto, 95, 103. L'assertion de M. l'abbé Duchesne à que l'usage romain primitif concorde sur ce point exacte" ment avec celui de Jérusalem au temps de Silvia » {Ori' gines du culte chrétien, p. 437), ne me parait donc pas complètement exacte.