Peregrinatio
3. Les interprètes de Silvia n'ont pas remarqué ce point. Gamurrini en particulier et l'abbé Duchesne croient qu'il s'agit dans ce passage de l'Ascension.
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se céli'brût dans l'église de rimhomon, qui était le lieu même où le Christ s'était élevé au ciel? On ne voit pas davantage le motif pour lequel on se rendait ce jour-là à Betlilélem '.
En réalité, au moment oîi Silvia nous parle, la fête de l'Ascension est encore combinée avec celle de la Pentecôte. Le récit qu'elle va nous faire de la Pentecôte ne laisse aucun doute sur ce point.
LaPentecôte estlecinquantièmejour après Pâques. « Encore un jour de gros travail pour le peuple », dit Silvia. Les Vigiles se célèbrent en Anastasie, lecture comme tous les dimanches, au saint Sépulcre, de l'évangile de la résurrection. Le matin on se rend au Golgotha ; l'office s'y célèbre comme les dimanches ordinaires, si ce n'est que les prêtres et l'évêque abrègent les prédications de façon que la messe puisse se terminer avant neuf heures. Car il faut qu'à neuf heures, ou heure de Tierce, on arrive à l'église de Sion ; c'est à l'heure de Tierce, on le sait, et à ce même endroit que le Saint-Esprit descendit sur les apôtres. On lit le passage des actes qui se rapporte à ce mystère, et on fait Toblation -.
1. A moins que l'on n'admette notre hypothèse (cf. p. 79), et que l'on ne voie dans cette cérémonie uneallusion à l'Annonciation.
2. Peregrinalio, p. lOi ; il semble bien que ce soit une seconde messe ; car pour la réunion à l'éghse du Golgotha, elle a déjà dit olf-irtur juxla consuetudinem .
En renvoyant le peuple, l'archidiacre dit: « Aujourd'hui, aussitôt après Sexte, rendons-nous au mont des Oliviers afin de nous réunir dans l'église do l'Inibomon. »
Chacun se retire pour prendre son repas, et, aussitôt après dîner, on fait l'ascension du mont des Oliviers ; il ne reste pas un chrétien dans la cité. On entre dans l'Imbomon, on lit les leçons, les hymnes, les antiennes propres, et les oraisons, puis le texte de l'évangile sur l'Ascoision du Sauveur au ciel, après la résurrection ; on bénit ensuite les catéchumènes et les fidèles.
Ce passage, je le répète, prouve sans réplique l'union des deux fêtes au même jour, chacune avec son objet spécial. Le fait de la combinaison en un môme jour de deux solennités qui ensuite se dédoublent, n'est pas inouï dans l'histoire de la liturgie. 11 faut se souvenir aussi que pour les anciens, jusqu'au iv« siècle, la Pentecôte, c'est moins la fête du cinquantième jour que l'ensemble des cinquante jours qui forment une époque liturgique privilégiée, un temps de joie, et comme une seule fête. L'Ascension n'est pas indiquée comme une fête à part; elle est confondue dans la fête générale des cinquante jours de la Pentecôte. La fête spéciale de la Pentecôte n'aurait été établie, d'après certains archéologues,