‹ Les Eglises de JérusalemChapitre 38 sur 60 · Migne, l. c , p. 129, 130, \ol, 159 et · texte numérisé non relu

Migne, l. c , p. 129, 130, \ol, 159 et

LA LITURGIE DE jéRUSALEM IM

une autre conclusion. Les catéchèses avant Pâques ont été prôchées dans l'église du Golgotha, selon Silvia. Dans les catéchèses qui précèdent Pâques, saint Cyrille fait sans cesse allusion « à ce lieu sacré et bienheureux du Golgotha dans lequel nous sommes maintenant rassemblés... à ce rocher du Golgotha sur lequel nous sommes... à ce Golgotha trois fois saint dans lequel on ne doit jamais se rassasier d'entendre parler des trophées du Seigneur », etc.^Ce n'est qu'après Pâques, toujours d'après Silvia,

I.Migne. /. c , pp. 468, 472, 517,688,776,800, 820, 924. Cependant il faut avouer qu'il y a sur ce point dans saintCyriile un passage qui, au premier abord, fait difficulté. Dans la xive catéchèse n» 14, il dit : « cette sainte église de la Résurrection dans laquelle nous sommes maintenant réunis... » Or cette caiéchèse appartenant à la série de celles qui ont été prononcées avant Pâques, aurait dû être donnée, d'après notre système, non pas dans l'église de la Résurrection, mais dans celle du Golgotha. Dans un autre passage de la même conférence, il a l'air de décrire la grotte de la Résurrection comme l'ayant sous les yeux (n. 9). Il y a là une réelle difficulté qui disparaîtra si l'on veut admettre que ce jour-là saint Cyrille donna, contrairement à l'usage, sa catéchèse dans l'Anastasie ; et comme précisément cette catéchèse roule tout entière sur le sujet de la résurrection, l'exception s'expliquerait sans peine. Ce qui justifie cette hypothèse c'est que dans l'explication du symbole, quand il arrive à l'article sur le Saint-Esprit, il avoue que puisqu'il a parlé du Christ sur le Golgotha, il aurait dû parler du Saint-Esprit dans l'église de Sion , où il est descendu. Mais il n'a pas voulu séparer le Fils du Saint-Esprit, etc. (xvie catéchèse, n. 4). Il faut remarquer encore que la catéchèse xiv" dont nous avons parlé ci-dessus est

quo If s catéchèses auront lieu dans l'église de FAnastasie ou de la résurrection. Saint Cyrille, dans sa XVIII* catéchèse, la dernière prononcée avant Pâques, dit formellement à ses auditeurs : « Après la synaxe, (il s'agit de la synaxe eucharistique), entrant dans le saint lieu de la Résurrection, vous entendrez d'autres catéchèses, si Dieu le veut \ j>

précisément celle qu'ont tant invoquée les partisans d'une seule église. « Ce lieu de la résurrection et du Golgotha n'est pas appelé ég'ise, comme les autres églises, mais Martyrium, témoignage » {xw-, n. 6j. Mais ce passage ne saurait contredire les textes si précis et si formels que nous avons cités en faveur de la distinction des deux églises. Nous ferons obser\er d'abord que ces paroles sont une interprétation forcée d'un texte d'Ecriture sainte. Le saint docteur veut prouver que le prophète dans ces mots : In dieni resurrectionis in Martyrium [in testimonium), a prévu le lieu même de la résurrection qui devait s'appeler Martyrium. L'application est au moms contestable. De plus le titre de Martyrium appliqué à une église n'est pas, quoi qu'en dise saint Cyrille, un fait unique. Le mot de Martyrium, est couramment employé au ive siècle pour désigner des églises construites sur la tombe d'un martyr. Silvia l'emploie quelquefois dans ce sens. Quant aux deux églises de l'Anastasie et du Golgotha, on disait aussi le Martyrium de la résurrection et le Martyrium du Golgotha, quoique le terme de Martyrium fût employé de préférence pour le Golgotha. Silvia nous fournit elle-même des exemples à l'appui [Peregrinatio, p. 64, 69, 75). Le fameux texte de saint Cyrille peut donc s'interpréter dans ce sens : ce lieu de la résurrection et du Golgotha n'est pas appelé église, comme les autres églises, mais Martyrium, Martyrium du Golgotha et Martyrium de la Résurrection. 1. .Migne, /. c, p. 1056.

LA LlTUIUilK DK JKHUSALEM 153

iVoM à l'ovôqiio que revenait de droit la charge do faiii' les (:at>''cli('ses aux compétents, tandis qne les rr/)i//a/i/s pouvaient être instruits indilTéremment par (les prêtres, par des clercs ou môme par de simples laïques. Il y avait cependant dans bien des églises un tlortor prr/f'sicV, dont les fonctions ne sont pas encore très bien connues, mais qui avait, entre autres charges, celle de catéchiser les catéchumènes du premier degré '. On peut remarquer que, parmi les œuvres des anciens écrivains ecclésiastiques, la plupart des catéchèses aux compétents ont pour auteurs des évoques. Il y avait cependant quelques exceptions; il y en eut une en particulier à Jérusalem pour saint Cyrille, qui n'était pas encore évêque au moment où il donna les siennes^ Mais il le devint peu de temps après, et il est possible que l'évèque de Jérusalem dont nous parle Silvia fût saint Cyrille, qui n'est mort qu'en 386. L'objet de ces conférences était, nous dit-elle encore, l'explication de la sainte Ecriture, depuis la Genèse, d'abord charnellement, c'est-à-dire au sens littéral^ puis spirituellement ; l'évèque traitait ensuite de la Résurrection et des

1 Sur le doctor ecclesiœ ou doclor audieiitium, cf. les canons de saint Hippolyte; Cypriani episl. xxiv; Dodwell, Dissertationes Cijpvianicœ, dissert. vi,p. 107, et Migne, Pa/ro/. gr/'. , XXXII, 144.

2. Voyez les motifs de cette dérogation, Migne, P. gr., t. XXXIII, 38, 131, 133 et 164-155.

choses de la foi. Il est évident que, pendant un si court espace de temps, il ne pouvait donner qu'un résumé très élémentaire de la doctrine.

La catéchèse durait de Prime à Tierce, trois heures environ. C'est bien, en effet, à peu près l'espace de temps que représentent les catéchèses de saint Cyrille. Lui-même s'adresse souvent à son auditoire pour l'encourager, l'exhorter à la patience : « Je crains de vous fatiguer: Que nul ne se lasse... Mon discours se prolonge *... »

Après avoir suivi ces catéchèses chaque jour pendant les cinq premières semaines de carême, les compétents reçoivent le Symbole des apôtres. On croit assez généralement que le Symbole n'était pas écrit, mais qu'on l'apprenait par cœur. Pendant la sixième et la septième semaine, l'évêque prenaitchaque article du Symbole comme texte et le développait.

Tous les détails que Silvia nous donne ici sont bien conformes aux renseignements que l'histoire nous a conservés sur les catéchèses de saint Cyrille, à la condition d'apporter à leur distribution telle qu'elle a été faite par ses précédents éditeurs certaines modifications qui paraissent s'imposer depuis la découverte du manuscrit d'Arezzo\

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