‹ Les Eglises de JérusalemChapitre 7 sur 60 · Peregrinatio, p · texte numérisé non relu

Peregrinatio, p

3. Arculfus, de Locis sanctii!, ap. Itinera et descriptioncs Terrœ sanctœ, t. I, p. 160

celles où se font les grandes stations liturgiques. C'est à ce titre qu'elle nous signale en dehors de la ville plusieurs autres sanctuaires où l'on se rendait processionnellement dans certaines circonstances. Ce sont d'abord les églises du mont des Oliviers, à l'est de la ville.

La plus importante de ces églises était celle de VImbomon, EiJLowa-.o;, ou de l'Ascension, bâtie par l'architecte Eustache, sous les ordres de Constantin et de sainte Hélène, au sommet du mont des Oliviers, pour consacrer la mémoire du mystère. On y faisait des offices particuliers le jour des Rameaux et pendant l'octave de Pâques. Les néophytes qui venaient de recevoir le baptême s'y rendaient fréquemment. M. de Vogué, conduit par l'étude des ruines, a distingué très nettement ici la vérité, au milieu de l'obscurité et de la contradiction des textes. Il a prouvé qu'on avait confondu à tort l'église de Vlmbomon avec une autre église construite à quelque distance. Son hypothèse est pleinement confirmée par Silvia ; celle-ci nous dit en effet qu'en descendant de rimbomon vers Jérusalem, on rencontrait une autre église qu'on appelait in Eleona ("EXa'.Lvx )^ c'est-à-dire dans le jardin des Oliviers. On y vénérait la grotte dans laquelle Notre-Seigneur, quelques jours avant sa mort, instruisait ses disci-

pics'; c'estlà, croyait-on, qu'il avait prononcé son discourssurla ruinedutemplc etlesmalheursqui allaient fondre snr Jérusalem [Matth., cap. xiv). On faisait la station à VE/cona, le dimanche des Rameaux et le jour de la Pentecôte ; on y menait aussi les nouveaux baptisés pendant l'octave de Pâques-. Le martyrion de saint Etienne était tout près de là ' .

Enfin sur les dernières pentes du mont des Oliviers, on trouvait un nouveau sanctuaire, « une élégante église, » ditSilvia, à l'endroit de la grotte de l'Agonie . Puis, en descendant encore vers la cité, à la distance

1. Cf. Iter Burdig. Tobleret Molinier.I, IS.a Ibi facta estjussii Constantini basilica mirœ pulchritudinis. Pseudo-Eucher, de LocissaHetis{ihid. 39), parle des deux églises célèbres du mont des Oliviers: l'une où le Christ enseigaait ses disciples, l'autra où il quitta la terre. Cf. aussi Arculf, I. 23.

2. Peregrinatio, p. 83, 90, 94, 99. D^ Vogiié, p. 315, suppose, d'après un passage de saint Jérôme, que l'Imbomon était de forme circulaire. Le milieu du toit était ouvert, parce que, d'après la tradition que nous rapporte le même saint, tous les efForls des architectes furent impuissants à couvrir l'endroit par lequel No tre- S îigneur était monté au ciel. C'est la tradition dont parlent saint Paulin, Epist. 31, Ji. 4; Sulpice Sévère, 1. II Sxcr. hislor. cap. 48, et plusieurs des anciens pèlerins. Saint Cyrille semble y faire allusion, Migne, P. G., t. XXXIII, 856.

3. Martyrium sancti Stephani non longe. Peregrinatio, p. 121, Sur le tombeau de saint Etienne, cf. Revue Biblique, Ul, i52. Sur l'emplacement de Gethsémani, cf. Keppler, Theologische Quirlalsclirift, 1893 (III), et Revue biblique, III, p. 153.

24 LES lÉGLISES DE JERUSALEM

d un jet de pierre, on arrivait au lieu dit Gethsémani, où le Sauveur fut pris par les soldats et dont le souvenir était sans doute consacré par une chapelle ou un oratoire '. Virgile mentionne sans aucun détail vingt-cinq églises sur le mont des Oliviers, rangeant sans doute sous ce titre les petits oratoires qui en effet y étaient fort nombreux '. C'est grâce au texte de Silvia que nous pouvons désormais nettement établir, dès le IV* siècle, l'existence et la destination de ces sanctuaires qui ne nous étaient guère connus que par la mention d'auteurs très postérieurs. On allait processionnellement visiter ces saints lieux, la nuit du jeudi et du vendredi saint.

Il nous faut citer aussi, parmi les sanctuaires où avaient lieu les stations liturgiques, deux églises à Béthanie et la fameuse basilique de la ?sativité à Bethléhem.

La première église de Béthanie, à deux milles environ au sud-est de Jérusalem, avait été construite à quelques pas en avant du bourg, à l'endroit même où Marie sœur de Lazare rencontra le Sauveur. Le

1. Peregrinalio, p. 94. L'éditeur confond ici à tort Gelhsémani et la grotte de l'Agonie, et il oublie que l'église de l'agonie était distincte de celle dite de Sainte-Marie, sur le sépulcre de la sainte Vierge. Cf. de Vogué, o. c, p. 305, 313.

Page 1