Cardinal Pilra, Analeda, p
lémoignage de Silvia est le premier qui nous fait connaître l'existence de cette église. Le second édifice dont nous parle notre voyageuse est celui du Lazariou, ('•glise de Lazare; elle s'élevait au milieu du bourg de Béthanie, sur le lieu du tombeau du disciple'. Les fidèles de Jérusalem allaient quatre ou cinq fois par an en procession visiter ces églises. On connaissait déjà par les itinéraires deux autres sanctuaires àBélhanie: celui de la maison de Marthe et Marie, et celui delamaisonde Simon le lépreux, dont Silvia du reste ne parle pas. Quant à la basilique de la Nativité à Bethléhem, c'était la plus fameuse de toutes les églises de Palestine, en dehors des basiliques de Jérusalem ". Elle remonte à l'époque constantinienne. Les anciens itinéraires, Eusèbe et saint
1 . Silvia, comme le pèlerin de Bordeaux, place Bélhanie à quinze cents pas de Jérusalem, Peregrinatio, p. 83. Virgile met ce lieu au cinquième mille de Jérusalem, /. c, p. 1 19. Plusieurs autres itinéraires en parlent aussi. Voir S. Jérôme, Onoin. ad voc. Belhania. L'endroit du Lazarium s'appelle encore Aiziiieti. On y montre le tombeau de Lazare au fond d'une église qui date des croisades. Cf. aussi saint Jérôme, epist. Paulct.
2. Nous renvoyons à la belle restitution de M. de Vogiié (p. 50;, qui nous semble avoir bien prouvé, dans son habile discussion, que la basilique remonte au ive siècle. Cf. aussi Guérin, Description géog , histor. et archéoL de la Palestine, Judée, 1,128. Origène. dans un texte célèbre, nous montre déjà de son temps Belhléliem vénéré et célébré par la piété chrétienne. Contra Celsum, 1.
2(> I.KS KGLlïKS DU Ji^RUSALEM
Jérôme, ne manquent pas de la mentionner ^ Silvia nous apprend qu'elle était le centre des offices liturgiques de rÉglise de Jérusalem pour les fêtes de FEpiphanie (Xoël), et aussi par une coutume assez singulière, que nous essaierons d'expliquer plus tard, le quarantième jour après Pâques. C'est de toutes les églises de la Palestine celle qui a le mieux résisté aux dévastations et, comme le dit M. de Yogûé, « celle qui a le mieux conservé, jusqu'à nos jours (après quinze cents ans d'existence), l'antique physionomie de son origine. »
Nous devons, en terminant ce chapitre, revenir en quelques mots sur les difficultés que présentent certains textes que l'on a proposés comme contraires à l'interprétation que nous avons donnée ci-dessus de la description de Silvia. Eusèbe, sur lequel on a surtout voulu s'appuyer, n'est pas très explicite. Il parle du saint Sépulcre, puis, àTorient, de la basilique et de l'hémicycle ou lieu de l'Invention de la Croix. Mais il n'est pas question du Golgotha ; il se contente de dire: « Ce temple qui vient d'être décrit fut élevé en témoignage de la résurrection ^. » Les itinéraires avant le vii^ siècle présentent aussi
\. Iter Burdig., Eusèbe, H. E.,X, 14; Vit. Const. 111,50; IV. 45 ; de Laiid. Const. IX ; Hieron. ep. CVIII, 28. 2. Eusèbe, Vita Const., 1. III, ch. xxxiv-xxxix.