‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 100 sur 130 · IO · texte numérisé non relu

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Hebue lie r^rt cbrétien.

Je regrette de ne pas posséder également la photographie des clés de voûte armoriées de l'église de Beyssac. Hélas ! cette église est entre les mains d'un intrus qui ne la laisse ouverte que lorsqu'il s'y trouve. Le pasteur légitime en a été indignement chassé, ainsi que du presbytère, par une municipalité sectaire. 11 serait intéressant de savoir si elles ressemblent aux autres clés de voûte sur le point qui nous occupe, car dans l'affirmative je ne m'expliquerais plus pourquoi en faisant leur description on n'en tiendrait pas compte.

Avignon. — Beffroi de l'Hôtel de ville construit par le cardinal Audoin Aiibert.

Si de la sculpture nous passons à la peinture, deux anciens manuscrits que je n'avais pas signalés, de la bibliothèque de Carpentras, le n" 890, de la collection Barjavel (fol. 4), sans nom d'auteur, composé en 1540, et le n° 1862 (fol. 132), écrit par Peiresc (i) au commencement

'353 cette magnifique tour qui devint plus tard le Beffroi de l'Hôtel de ville, et qui est appelé vulgairement la Tour de l'Horloge.

« Les armes du cardmal sont sculptées à la clé de voûte de la salle du I" étage de ladite tour. » Gustave Bayle, Histoire de la Tour de l' Hôtel de ville d'Avignon, dans le Bulletin de l'aucluse, t. lU. année 1881. p. 73.

I. Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, né en 1580 d'une famille noble de Provence, était un des hommes les plus instruits de son temps. Quoique conseiller au Parlement d'Aix, il voyagea beaucoup.

du XVII' siècle et consacré au XI V^ reproduisent le blason colorié d'Innocent VI avec ces émaux : champ et chef (/e' gueules, lion et coquilles d'argent, cotice et azur. Et pas plus de divise ici que dans les autres héraldistes du Comtat-Venaissin, sauf sur le plan cité de la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon I Le manuscrit 1862 présente cependant une particularité qui se rencontre rarement dans le dessin : deux traits fort rapprochés l'un de l'autre, au lieu d'un seul, à la naissance du chef pour indiquer ou simuler sans doute en relief la séparation ('). Un des côtés de l'écu et de la cotice a également un double trait pour la même fin. Mais le petit espace compris entre les deux traits sous le chef est peint en rouge comme la tranche gauche de l'écu. De là, et de ce que j'ai dit précédemment il semble définitivement acquis que le chtf sit de gii eu le s. Aussi bien, Massilian, que sur la foi de Reynard-Lespinasse (op. et loc. cit.)]^ croyais l'un des rares partisans du chef d'araeni, doit être retranché de leur nombre. Son manuscrit (n° 2431, xi, f" 10, à Avignon) porte : de gueules, au ho?! d'or, à la bande d'azur brochant sur le tout; au chef d azur chargé de j coquilles dor. Ainsi que le P. Gorgeu {op. cit.) il a donné au chef l'émail attribué à la divise par tous ceux qui l'admettent ('). Mais les coquilles et le lion seraient-ils plutôt dargent comme le veulent les manuscrits de Carpentras ? Après mes recherches dans le Midi et le Limousin, il restait à interroger l'Auvergne où s'éteignit la famille d'Innocent VI. J'ai demandé à l'honorable et savant M. Ronchon, archiviste départemental du Puy-de-Dôme, quelles armes les héraldistes de sa province attribuaient il l'évêque de Clermont, Etienne Aubert, le futur pape, et à sa parenté. Il répondit sans citer aucun nom d'auteur ni aucune preuve :

< De gueules, au lion d'argent, à la bande d'azur brochant sur le fout, ati chef de gueules soutenu 1^) d azur et chargé de trois coquilles d'ar gent (*) >.

C'est la première des trois versions que je rapportais dans ma précédente lettre et celle qu'adopte aussi La Chesnaye des Bois dans son Dictionnaire de la noblesse de France (19 vol., Paris, édit. de 1863, t. I, col. 257, art. Aubert). En corrigeant bande par cotice, serait-elle la vraie .' Ce n'était pas mon avis tout d'abord, regardant les arnioristes modernes d'Avignon, qui la rejetaient, comme mieux à même d'être bien informés. J'incline maintenant

On lui doit la découverte des marbres de Paros et l'importation en France des chats angoras et de divers végétaux exotiques. Auteur de plusieurs Manuscrits intéressants, embrassant un période de l'année 1300 environ a 1635, il est le premier qui ail écrit l'histoire par l'aspect de la médaille. Sa mort arriva en 1637.

1. Cette particularité existe aussi sur la gravure des BoUandistes, Acta Sanctorum, t. XHI, Propylaum .Maii. p. 90 '*.

2. La devise se trouve aussi d'azur sur l'écusson d Innocent VI à la page 547 de l'. Armoriai, manuscrit de 1604, n" 20. 296 (Bibl. nat.) que je citais à Jean XXII ; mais le lion a été omis et les émaux du chef sont renversés, il est d'aigent avec coquilles de gueules.

3. Ce terme employé seul équivaut à l'expression : soutenu d'une divise.

4. Cette dscription serait-elle tirée de Bouillet, Nobiliaire d' Auvergne ?

Correspondance.

à l'admettre parce qu elle a en sa faveur les écus sculptés quant aux wf?<(5/^j-, et les plus anciens auteurs du Midi,

Avignon. — Entrée principale du Palais des Papes surmontée des armoiries de Clément VI.

que je viens de connaître, joints au plus grand nombre des héraldistes de tous pays quant aux l'matix.

On peut donc s'en tenir là au sujet du blason d'Innocent VI.

Les manuscrits de Peiresc (fol. 130) et de la collection Barjavel (fol. 3 et 6) offrent, en outre, les armes de Clément VI et de Grégoire XI : d'argetit, à la bande ctazur accompagnée de six roses de gueules mises en orle. Je vous envoie la photographie de l'entrée principale du palais des papes qui porte cet écu, elle prouvera que M. Leuridan a raison sur la position des roses.

Le manuscrit n" 8go présente seul les armes de Benoît XII (fol. 2) : d'argent, à la bordure de gueules et celles de Jean XXI I (fol. i ) : écartelé, aux i et 4 d'argent, ou lion d'azur accompagné de dix billetles ( [] ) de gueules posées en orle ; aux 2 et J de gueules, à deux fasces d'or.

Ces documents confirment les descriptions que j'ai adoptées pour ces divers papes. Les billeltes, données par un seul auteur à Jean X.Xll, et les fasces d'or, ne sauraient, semblet-il, ébranler mes preuves et conclusions.

Pardonnez-moi, Monsieur le Rédacteur, toutes les menues explications, sèches et ardues, de cette lettre et surtout de la précédente, qui demandent beaucoup d'attention pourêtie comprises. Souvent ce n'est qu'au prix de ces mille détails que l'on parvient à découvrir la vérité. M. le chanoine Leuridan m'excuse lui-même quand il écrit pour se disculper des erreurs qui ont pu lui échapper, que < le blason des papes est un véritable dédale de questions très controversées et fort peu claires >. Et, ajouterai-je. on y rencontre bien peu de critique. Dès lors qu'on ne veut pas traiter ces questions d'une manière superficielle, la démonstration qu'elles exigent, comme tout problème compliqué, en rend l'exposition et la lecture d'autant plus difficiles qu'on ne cesse de les embrouiller depuis des siècles.

Dans ces pages, écrites sans aucune prétention littéraire, je n'ai pas non plus l'intention de rien apprendre aux érudits. Ils en savent plus que moi. C'est à leur école et dans l'étude de leurs ouvrages que je m'instruis. J'ai voulu seulement contribuer pour une part, si faible soitelle, à la bonne ornementation du monument élevé à Notre-Dame de la Treille.

Daignez agréer, je vous prie, Monsieur le Rédacteur, l'expression de mes hommages les plus respectueux.

Un Abonné.

Bebur tïc V^xt ct)ittten.

Questions et Réponses

Les sculptures symboliques de l'Hôtel de ville de Courtrai.

En réponse à la question que nous avons posée à ce sujet dans notre livraison du mois de mars dernier, nous avons reçu deux intéressantes communications. Voici la première, que nous a adressée M. F. Alix :

NE étude approfondie de la littérature du moyen-âge et spécialement des Bestiaires, Volucraires et Lapidaires, permettrait d'identifier les sculptures allégoriques de l'hôtel-de-ville de Courtrai. Mes connaissances ne me permettent pas d'oser une telle entreprise. Cependant l'explication des n^ 3 et /, me parait facile.

L'édifice faisant saillie est une tour, la femme qui apparaît à la fenêtre est la fille du roi : l'homme blotti dans le panier est le poète Virgile. Les personnages placés en bas représentent le peuple de Rome accouru pour se gausser de l'amoureux mystifié.

Nul nom ne fut plus populaire que celui du poète de l'Enéide. Déjà Pioperce avait dit ;

Cedite romani script ores, ce dite graii Nescio quid majus nascitur Iliade.

Le succès prodigieux des ouvrages de Virgile l'entoura d'une telle renommée que le peuple l'acclamait au passage, et qu'au théâtre on l'honorait comme un empereur. Ses Géorgiques firent croire qu'il avait pénétré à fond les secrets de la nature ; et les secrets populaires qui y sont renfermés le firent passer pour un grand magicien.

A peiae mort on lui éleva des statues : on célébrait avec une ferveur toute religieuse le jour de sa naissance. Son tombeau devint un lieu de pèlerinage fréquenté par les poètes et les femmes enceintes. Lorsque l'on consultait le destin en ouvrant un livre au hasard on se servait de préférence delà Bible ou de l'Enéide,

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