I. Voir Revuede l'Art Chr/tien, tie 1908, p
regardée comme les Actes du peuple romain. Comme la ferveur allait toujours croissant, bientôt les premiers chrétiens virent dans un passage des Bucoliques, une prophétie de la naissance du Christ. (Eglogue IV, v. 5.) Virgile fut presque traité comme un prophète : dans plusieurs églises, et notamment dans celle de Rouen, on le chantait comme le poète des Gentils : « Maro, vates Gentiiium da Christo testimonium ».
Pendant le moyen-âge le poète de Mantoue jouit d'une autorité souveraine. On lui attribua les œuvres les plus merveilleuses et les plus extraordinaires. Cependant comme toute médaille, la gloire de Virgile euf son revers. 11 fut accusé d'immoralité : plusieurs traduisirent son surnom de Parthenias (le Virginal) par <i amant des vierges ». De là naquit une légende qui illustra la littérature et les arts de cette époque.
L'ami des vierges devint amoureux de la fille de l'empereur Julius. Celle-ci lui donne rendezvous à minuit au pied de sa tour.
Une corbeille descendroit Et Virgile eins se mettroit, En amont tantost vous trairons.
L'amoureux ajoute foi aux promesses de son amie, se rend au pied de la tour, monte dans la corbeille, mais
Quand au droit milieu fui saquie Adont illec fut atacquie
Et illecques lyer se tint Jusques par tout le beau jour vint Tout le monde y est venu ; Et chacun s'est illec tenu :
Disoient : Vez cy grant merveille ; Vez Virgile en la corbeille (■)•
Tout Rome accourut voir ce spectacle, et l'amant malheureux fut maintenu en cette posture jusqu'à midi. Enfin délivré il se venge cruellement, et la perfide amante fut punie dans sa pudeur même.
Les moralistes du moyen-âge tirèrent parti de cette légende, elle leur servit à prouver la fragilité de la raison humaine lorsqu'elle n'est pas soutenue par la giâce. Pour frapper davantage