L. Cloquet
^m^m^^^m Correspondance, ^m^m^m^m
Hrmorial Des Bapes.
Ayant pris la liberté d'insérer dans la livraison de juillet la lettre de l'un de nos abonnés sur /'Armoriai des Papes, nous devons à nos lecteurs et à nous même de publier ce supplément d informations qu'il nous adresse.
3 août 1908.
Monsieur le Rédacteur.
A lettre que j'ai eu l'honneur de vous adresser au sujet des armoiries de quelques papes, disait que si l'authenticité du blason d'Innocent \'\ parait sans conteste, il n'en est pas de même des versions qu'on en donne, puisqu'elles ne concordent pas.
Après avoir discuté leurs divergences à l'aide des documents que je connaissais, je ne me sentais pas satisfait et je terminais par ces mots :
< Jusqu'à meilleure information, je blasonnerai l'écu de la famille Aubert des Monts et du Souverain Pontife qui en fut la gloire :
< De gueules, au lion dor, à la cotice (Cazur hrocliant sur le tout ; au chef cousu du premier, chargé de trois coquilles du second — alias : au chef dargent charge de trois coquilles de gueules — rangées en fasce. >
Dans l'espoir de parvenir à la vérité j'ai continué à étudier la question, et je viens vous prier de vouloir bien, cette fois encore, communiquer le résultat de mes nouvelles recherches à M. le chanoine Leuridan.
Me riant à l'autorité et à la compétence des héraldistes d'Avignon, j'avais avec eux rejeté la divise.Mais la définition que j'en donnais d'après leur manière d'interpréter les armoiries d'Innocent VI, est fausse. J'avais compris que la divise était une partie du champ de l'écu et qu'elle devait être entre deux reliefs dans la sculpture. Tous les traités de blason que j'ai consultés l'appellent, au contraire, une fasce rétrécie, diminuée de largeur, divisée, et par conséquent une pièce ou meuble de l'écu qui doit se figurer en un seul relief dans la sculpture.
11 semble bien, alors, que ce relief change la nature de ce qu'on veut représenter selon qu'on le fait plus ou moins large. Que servirait-il de lui donner plus de proportion qu'un simple trait si l'on veut marquer seulement la séparation du chef et de la partie inférieure de l'écu 1 Or, à supposer que ce soit l'unique raison, il est évident qu'on aurait pu le faire plus étroit sur l'écu de la clé de voijte du tombeau d Innocent \'I que vous avez reproduite. II en est de même du blason de la clé de voûte de la tour Saint-Laurent au palais des papes, où le
relief est plus large que sur la précédente : il occupe le tiers du chef J'en dirai autant de lécusson du cardinal Audoin Aubert, neveu d'innocent VI, écusson sculpté en 1353 à la clé de voûte de la salle du premier étage du
Avignon. — Armoiries d'Innocent VI à une clé de voûte du l" étage de la tour Saint-Laurent au Palais des Papes
beffroi de l'Hôtel de ville d'Avignon, et dont je n'avais pas parlé ,').
Avignon. — Armoiries du cardinal Audoin Aubert a la clé de voiite du !■;' étage du beffroi de l'Hôtel de ville.
Ci-joint la photographie de ces deux derniers blasons et du beffroi en question.
I. « Devenu pape sous le nom d'Innocent VI, Etienne Aubert conféra le cardinalat en 1352 à son neveu .'\rdouïn [jirl Aubert. évêque de Maguelonne. C'est ce cardinal qui fit construire en l'an
REVUE DE l'art CHRÉTIEN.