I. Les faitznierveilleu.'c de VMrgile, Genève, Gay
CorrcsponDance.
l'imagination, la corbeille fut exposée dans les églises.
Jadis on voyait cette scène sculptée sur une des miséricordes de la cathédrale de Rouen, mais elle fut supprimée sous le pontificat du cardinal Cambacérès. Dans l'église Saint-Pierre à Caen, sur le 3e pilier, on voit encore Virgile blotti dans une corbeille suspendue au bout d'une corde. Les encadrements du titre des œuvres de Virgile (édition de 1529. Paris, Pierre Gandoul), Montfaucon (Antiq. expliq. t III. 2' part. pi. 194) figurent le même sujet
Le sculpteur de l'hôtel-de-ville de Courtrai a traduit une légende encore très populaire à son époque.
Un passage de Jehan de Meung rapproche cette scène de la scène n" 7, qui nous montre un personnage marchant à quatre pattes et chevauché par une femme.
Luxure est un péché que qui s'i livre James jusqu'à la mort à peine s'en délivre : Virgile et Aristote en furent ja si yvre Que petit leur valurent leur engin et leur livre (')•
Alexandre devient tellement amoureux d'une jeune Indienne qu'il en néglige ses conquêtes. Aristote son précepteur parvient cependant à le détourner de sa passion. Furieuse, l'Indienne jure de se venger. « Soyez demain à la fenêtre » de la tour, dit-elle à son royal amant, et je )) vous ferai voir votre précepteur en belle pos- » ture ! ».
Puis usant de tous ses charmes et de tous ses artifices elle rend le philosophe éperdument amoureux au point de céder à tous ses caprices. La belle lui demande de se promener à cheval sur son dos. Aristote cède, on lui met une selle sur le dos, un mors dans la bouche et
... la demoiselle trop lie Aval le veigier le conduit :
A lui chevaulchier se déduit, Si chante cler et à voix pleine t ^< Ainsi va qui amors maine... >
A cette vue Alexandre éclate de rire. Aristote lève la tête, voit son élève et s'enfuit honteux et confus, d'avoir malgré son âge, cédé à une passion qu'il reprochait à un jeune homme.
Cette scène est aussi sculptée sur le chapiteau
de l'église Saint-Pierre à Caen, au portail de la Calende et sur une des stalles de la cathédrale de Rouen, au-dessous d'une console au portail de Saint-Jean à Lyon, dans un médaillon conservé au palais des Beaux-Arts à Paris et provenant du château de Gaillon, sur uue petite plaque d'ivoire reproduite dans Montfaucon.
A l'exposition de Paris en 1880 on pouvait voir deux aquamaniles du XI V*- siècle, représentant une jeune Indienne chevauchant Aristote. L'une faisait partie de la collection Spitzer, l'autre de la collection Chabrière Arles.
Le même sujet a été peint par Spranger et
gravé par Sadeler, au XVIL siècle, gravé sur
bois par Hans Baldung, exposé au salon de 1855
par Henri Lehmann, r- 'j- ■ a,,
^ l^rederic ALIX.