‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 103 sur 130 · I. Jehan Je Meung. Codicile · texte numérisé non relu

I. Jehan Je Meung. Codicile

D'autre part nous avons reçu de M.

Ch. Parnientier la lettre suivante :

Gand, le 19 août 1908.

Monsieur le Rédacteur,

Dans sa 2^ livraison de 1908, à la page 123, sous la rubrique « Question », la Revue de l' Art chrétien reproduit la fiche descriptive que le conservateur du Musée du Cinquantenaire à Bruxelles, M. Rousseau, consacre à une curieuse série de sculptures du XVI'? siècle ornant les semelles des poutres dans une des salles de l'hôtel de ville de Courtrai. Ces haut-reliefs sont au nombre de huit. La signification de deux d'entre eux seulement est donnée dans la fiche. Celle des autres demeure obscure et, pour arriver à l'éclaircir, la Revue fait appel à ses lecteurs.

Il m'a semblé, Monsieur le Directeur, que pour quatre tout au moins des six scènes non élucidées, il s'offre des interprétations non douteuses. Je me permets de vous les soumettre.

Rappelons tout d'abord que l'une des deux scènes expliquées représente Eve remettant à Adam la pomme fatale.

L'autre nous montre un personnage couronné, marchant à quatre pattes, une bride à la bouche, et servant de monture à une femme. M. Rousseau suppose, avec raison, que cette scène évoque une aventure ridicule que la légende médiévale

3Rebur lie rSrr cbrétien.

attribuait au «prince des philosophes » Aristote et qui fut contée entre autres par le trouvère Henri d'Andelys.

Or, il faut noter que, dans l'iconographie du moyen-âge, cette scène est presque toujours accompagnée d'une autre reproduisant une aventure non moins grotesque mise sur le compte de Virgile : le poète, au cours d'une visite galante, aurait été, sous prétexte de lui éviter la rencontre d'un jaloux, descendu par une fenêtre dans un panier et le panier aurait été arrêté à mi-route du sol, immobilisant le fugitif et le livrant sans défense aux moqueries des passants.

Comme on pouvait s'y attendre, l'anecdote concernant Virgile se retrouve dans les hautsreliefs courtraisiens. C'est bien elle que reproduit la scène décrite par M. Rousseau, sous le n° 3, en ces termes :

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