I. Voir Revue de F Art chrétien , année 1903, p
IRebue De r^rt cl^rétien.
CONTRIBUTION A L'HISTOIRK DK L'HA- BITATION PRIVÉE.— L'HABITATION PRI- VÉK EN BELGIQUE, par M. A. HeinS. 52 pi. in 8°, d'après Bôhn et d'après nature. — Gand, Heins, 190S. Prix : 6 fr.
Beaucoup de nos lecteurs ont connu d'ouï dire, sinon de visu, l'exposition de \' Habitation ancietine en Belgique qui fut organisée a Gand, en 1907, à l'occasion du Congrès d'Histoire et d' Archéologie. Cette exposition, dont nous avions pris l'initiative, et à l'organisation de laquelle M. Heins prit une part considérable, a inspiré à cet artiste la pensée d'employer son très habile crayon à un recueil des façades anciennes des villes belges, qui sont encore nombreuses, mais dont quelques-unes disparaissent chaque année. Il consacre son premier album à la ville d'Ypres, à ses anciens pignons, à ses pans de bois démolis, mais heureusement reproduits dans le recueil de Bohn et dont nous avons reproduit deux spécimens d'après le croquis même de M. Heins (i), à ses pignons de briques, de la fin du moyen-âge et de l'époque de la Renaissance, si caractéristiques en leur style très fidèlement traditionnel.
M. Heins nous promet d'autres séries consacrées aux différentes régions de la Belgique. Son crayon leste et primesautier, qui effleure les façades sans en creuser la structure, en saisit bien la silhouette et en dégage les traits typiques. Quelques-uns de ces croquis sentent la hâte du touriste pressé et se révèlent par le laisser aller en même temps que par le brio, l'extraordinaire facilité de main d'un dessinateur dont la fécondité est remarquable. Les dessins sont en tous cas précieux comme documentation.
DAS STRASSBURGER MUNSTER UND DIE CHEOPSPYRAMIDE, RAETSEL DER BAU- KUNST, von DoMBAUMEiSTER, J. Knauth. — Broch. in-4'^, 48 pp., 31 illust. (Extrait de la Revue Alsacienne illustrée). C. A. Vorahoff, Verlag. Strassburg, 1908.
L'application de procédés géométriques et eurythmiques aux monuments du moyen âge a été trop souvent traitée dans ces colonnes (2), pour n'y pas mentionner cette étude très curieuse et très documentée. L'éminent architecte établit d'abord dans une savante dissertation combien ces méthodes ont été répandues autrefois dans les ateliers, puis il montre quels principes ont présidé à la construction de la cathédrale confiée à ses soins. Ils peuvent se résumer ainsi : Tous les
I. V. Revue de t Art chrétien, année igo8, p. 99. 2 V. Revue de l'Art chrétien, année 1900, p. 340.
points architectotiiques caractéristiques sont répartis d'après des rapports précis ; et les différentes projections, tant en plan qu'en élévation, se ramènent à une simple figure géométrique fondamentale. Cette figure est le carré dans lequel est inscrit un triangle isocèle dont la base et la hauteur sont égales au côté du carré {fig. /). En répétant ce triangle sur les quatre côtés du carré, on obtient l'octogone étoile {fig. 2).
Fig.
■ Figure fondamentale de la quadrature.
Notons en passant que le carré était la marque
de l'atelier de Strasbourg.
Cette figure, tout invisible qu'elle soit dans l'œuvre, l'anime par ses dérivés dans l'ensemble comme dans les détails; elle offre les mesures proportionnelles de toutes les parties du vaisseau, grande nef et bas-côtés ; elle présente en outre l'avantage d'un système arithmétique des plus
Fig. 2. — Tracés auxquels donne Heu la tjutufraturc.
simples : les points d'intersection des lignes du triangle et de l'octogone étoile inscrits ne marquent pas seulement la place de points caractéristiques dans l'édifice, mais partagent encore ces droites dans le rapport des nombres 2, 3, 4 et 5. Des parallèles aux côtés du carré menées sur la figure 2 par les points 2, 3, 4 et 5 subdivisent ce carré en d'autres carrés plus petits; ces parallèles n'ont pas été tracées ici pour conserver à la figure sa clarté. Il est à remarquer que le triangle rectangle eurythmique, dont les côtés sont 3,4, et 5 et dont Viollet-le-Duc étudie les précieusçs propriétés dans le chapitre neu-
lldibliograpbte.
vième de ses Entretiens sur l'Architecture, se retrouve ici en A B C.
En joignant les sommets C, D, E, F de l'octogone étoile, on obtient un nouveau carré ; en y inscrivant le système de triangles isocèles tracés d'après les mêmes données que dans le carré primitif, on obtient par les nouvelles intersections de droites les divisions rationnelles d'après la série des nombres de 6 à 10. Le seul examen des onze figures où M. K reproduit ces tracés est une fête pour les yeux de ceux qui
aiment à reconnaître le charme harmonieux des lignes géométriques sous leur apparente sécheresse et leur croissante complication.
On doit admirer l'ingéniosité et la souplesse de ce système qui part de l'unité pour arriver progressivement jusqu'à la division par 10, où il s'arrête définitivement. Par ces divisions de la figure fondamentale on obtient donc 100 nouveaux petits carrés, qui peuvent à leur tour se subdiviser ou se grouper en d'autres où se peuvent répéter les tracés primitifs.
fig- 3 — Coupe transversale schématique de la cathédale de Strasbourg avec les tracés de 1;
a ijiiattynturf
A ce système M. K. a donné le nom de quadrature. Il en montre comme il suit l'application à la coupe transversale de la cathédrale i fig.j)'la largeur de l'édifice comprise entre l'aplomb intérieur des contreforts étant considérée de loo unités est le côté d'un carré où s'inscrit l'édifice A cette mesure la largeur de la grande nef, entre piliers, est de 40 unités; celle des bas-côtés, y compris les piliers de la nef, est de 30 unités : ces mêmes piliers représentent eux-mêmes 6 unités par rapport aux 24 unités de largeur intérieure de ces bas-côtés ; les contreforts ont le double des piliers, soit 12 unités. En élévation, on retrouve 40 unités du sol jusqu'à la moulure du triforium et 20 unités de cette moulure jusqu'au dessus du chapiteau des piliers de la
grande nef, cù prennent naissance les voûtes; soit un total de 60 unités. Dans les bas-côtés on mesure du sol jusqu'à la naissance des voûtes 24 unités, la largeur même de ces bas-côtés Ce sont là tous rapports arithmétiques d'une extrême simplicité
Le centre A des arcs des voûtes de la grande nef est au quart de la largeur du vaisseau, et sur un point de huitième division K de la largeur des bas-côtés pour les voûtes de ces derniers. Les centres C des arcs-boutants extérieurs sont à la même hauteur que la moulure même du triforium. Travées de la grande nef, fenêtres des bas-côtés, plan des piliers et des contreforts, tout se plie à cette méthode.
Les expressions d'arc en tiers-point et en
5^e\)ur Dr l^Srt chrétien.
quint-point sont employées pour les ogives du moyen-âge ; et l'on admet qu'est du premier genre l'ogive dont les centres sont au tiers delà ligne de naissance des arcs, et du second genre celle dont les centres sont au cinquième de la même ligne. Opposant au système de la triangnlature basé sur l'emploi du triangle équilatéral, ce système de quadrature basé sur le carré, M. K. propose une nouvelle interprétation de ces deux appellations et se demande si leurs noms ne s'appliqueraient pas moins à deux formes d arcs particulières qu'à deux modes différents de construction. La fig. 4. montre le tracé de
Fig. 4. — Arcs en tiers-point.
l'arc en tiers-point et \^fig.5 celui de l'arc en quint-point.
Enfin (fig. 6) la quadrature contient la triangulature. Que le point A décrive une circonférence autour de B, de même C autour de D, et E autour de F. Les jonctions des points d'intersection D G H F I K donnent l'hexagone ; et
Fig. 5. —Arcs en quint-point.
par suite le triangle équilatéral, tant par leur jonction avec B que par la jonction des points IDH.
D'autre part, la circonférence qui a D pour centre coupe le côté D E du triangle en L ; le mouvement circulaire de L autour de E détermine, sur les côtés C E et E M du carré, les points N et O, et par là les proportions de moyenne et extrême raison.