‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 109 sur 130 · CE EN E M · texte numérisé non relu

CE EN E M

Nombre d'architectes et d'archéologues nient ces lois géométriques de proportions ou aff"ectent au moins d'en faire peu de cas. Ceuxlà diront volontiers que M. K. est « l'homme d'un système '% et notre résumé forcément succinct semblera leur donner raison sous sa forme trop catégorique. On a écrit : « Un système est mauvais par cela même qu'il est un système >. L'éminent architecte a prévu l'objection ; il déclare qu'il a en vain essayé d'appliquer à la cathédrale de Strasbourg la triangulature, tandis qu'avec la quadrature ses recherches, plus ou moinslongues.ont toujours été couronnéesde succès ; sans se perdre en d'aventureuses hypothèses et sans déduire de ses travaux des conséquences hasardées ou témérairement absolues, il se borne simplement à souhaiter que le même procédé de mensuration soit appliqué à d'autres édifices du moyen-âge et attend de ces futures expériences la confirmation de sa thèse. Dans ces conditions quel homme de bon sens oserait lui jeter la pierre >. « La science, a dit Cuvier, a presque toujours été retardée par les systèmes. » M. K. ne saurait encourir de reproches sur ce point ; il n'érige point de système ; il fait part d'une suite d'observations pénétrantes, sans parti pris ni préjugés, inspiré seulement par l'amour de la vérité. En un mot, il apporte sur la question tout un nouveau dossier.

On admet généralement que la nature est l'éternelle fontaine de Jouvence où les arts trouvent avec leurs modèles la source de leur inspiration et de leur force. L'architecture semble emprunter à la nature elle-même le principe de la quadrature, car on le retrouve dans les phénomènes de la cristallisation.

Il paraît même avoir présidé à la construction de la pyramide de Chéops, avec quelques complications, il est vrai.

Ce monument gigantesque, haut de 147 mètres, couvre une superficie un peu supérieure à cinq hectares. L'unité de mesure d'après laquelle il a été édifié et que nous appellerons mètre de pyramide correspond à 0^,6356 ; elle s'applique exactement à l'ensemble et à maint détail de cette masse, sans compter que certains tracés répondent à ceux de la quadrature. Or cette mesure, par la plus extraordinaire des coïncidences, est égale au vingt-miilionième du diamètre terrestre (^).

I. La ligne de base de la pyramide à une longueur de 365,2028 mètres de pyramide, soit 232,1229 mètres ; la hauteur totale est de 232,038 mètres de pyramide, soit 1^7.4833 mètres. Les relevés et calculs faits sur place donnent des résultats concordants avec ceu.\là. De plus la double longueur de la base de la pyramide divisée par sa hauteur donne le nombre tt, rapport du rayon à la circonférence ; et voilà réalisée de façon aussi approchée que possible cette quadrature du cercle qui a préoccupé tant de cerveaux à travers les âges.

Bibltograpl)ic.

D'autre part, les relevés faits à la cathédrale de Strasbourg et appliqués à l'unité de mesure indiquée plus haut, soit la centième partie de l'espace compris entre les côtés du carré, donnent

Or, s'il est des mensurations de détails qui confirment l'adoption de cette mesure fondamentale, on remarquera toutefois qu'elle ne concorde pas plus avec la dimension du /zV^ couramment employé jadis qu'avec l'unité de mesure de la pyramide de Chéops.

Fig 6. — rri'tit^itiatttrc, moyenne et extrême raison contenues dans la ,::fn,i>atu)\\

On arrive à un tout autre résultat, si, d'après les principes exposés, on admet que les anciens maîtres n'ont point pris pour point de départ le côté du carré, mais bien le côté du triangle inscrit. Au moyen du triangle auxiliaire ayant pour côtés 3,4et5, les conséquences se déduisent d'elles-mêmes.

Appelons q la côté du carré et d le côté du triangle inscrit : q i 45 d

La mesure dans œuvre de la coupe donne 35'", 53 pour le côté du carré, soit pour le côté

h?>(fig.2.)

En d'autres termes, exactement 50 mètres de pyramide.

Largeur des piliers des bas-côtés, de la grande nef, partout les calculs faits d'après la quadrature concordent avec les résultats des relevés, en tenant compte des déformations dues aux mouvements de l'édifice.

En fait il existe entre la cathédrale de Strasbourg et la pyramide de Chéops une communauté de mesure qui correspond à la vingt-millionième partie du diamètre de la terre.

On n'ignore pas qu'Egyptiens et maîtres du moyen-âge étaient rompus à la pratique des tracés géométriques et des calculs, les uns pour les arpentages continuels de leurs champs après les crues du fleuve, les autres pour l'édification de leurs monuments. Certains principes architectoniques remontant à la plus haute antiquité se sont-ils transmis d'âge en âge par tradition ? Ont-ils été jalousement gardés comme de religieux secrets dans les ateliers et savamment mis en pratique ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre et qui se posent nécessairement après la lecture de la thèse très ingénieuse et très originale que nous venons d'exposer sommairement.

Nous devons ajouter que le travail de M. K. est édité sous une forme agréable où plans, tracés géométriques et photogravures sont reproduits avec une grande netteté. Il eût peut-être été désirable que certaines figures géométriques aient été placées en regard du texte qui s'y rapporte. Cette légère critique de forme n'enlève rien au mérite fondamental de cette œuvre attachante. ^

^^ ©érioïiiques.

NUOVO BULLETTINO DI ARGHEOLOGIA GRISTIANA, 1908, t. XIV, n. 1-2.

M. H. Marucchi écrit une étude intéressante sur les fouilles et les découvertes récentes dans la région du cimetière de Priscilla. {La basilica papale nel cimitero di Priscilla ritrovata ed inparte ricostrutta dalla parte délia Commissione di archeologta sacra, pp. 5-125, pi. 1-8 et 10 fig.). Au-dessus de l'antique cimetière, existait dans les premiers temps du christianisme une villa des Acilii Glabriones. De Rossi découvrit, en 1888, l'hypogée de cette famille et en 1890 il déblaya sommairement, pour la recouvrir de terre ensuite, la basilique de saint Sylvestre, située à la surface du sol.

De nouveaux travaux, exécutés en 1900, amenèrent la découverte d'un baptistère souterrain et donnèrent occasion à M. Marucchi d'attribuer au cimetière de Priscille, plutôt qu'à l'Ostrien, la tradition du ministère exercé par saint Pierre. En 1906 on déblaya plus à fond les ruines situées à fleur de sol et l'année suivante on reconstruisit deux édifices avec absides, dont l'un a été re-

3Re\)ut De rârt c!)rétim.

connu avec une complète certitude pour la basilique dans laquelle le pape saint Sylvestre a été enterré. C'est grâce aux données fournies par l'itinéraire de Salzbourg que l'identification a pu être faite. On peut reconnaître l'emplacement des tombes de saints Félix et Philippe, deux des fils de sainte Félicité, mnis on en est réduit à des conjectures sur les tombeaux de.s papes qui étaient 'enterrés en cet endroit : Marcel, Sylvestre, Libère, Sirice, Cëlestin et Vigile.

On n'a pas retrouvé les inscriptions historiques se rapportant à ces tombes célèbres et conservées dans les sylloges. Une seule inscription, gravée sur un socle de colonne, rappelle les noms des saints Félix et Philippe. Elle est connue d'ancienne date, Leblant en a fait don autrefois au musée du Louvre. M. Marucchi étudie à nouveau le texte des inscriptions, il trouve, spécialement, en réexaminant le papyrus de Monza, quelques indices nouveaux qui confirment sa thèse relative au séjour de saint Pierre dans la catacombe de Priscille. (Cette thèse a été admise par Mgr de VVaal, pp. 153-156J. En appendice à son article, il publie le catalogue des 59 inscriptions ou débris sculptés, retrouvés dans ces parages et fixés maintenant aux parois des deux édifices que la commission d'archéologie sacrée a fait reconstruire.

Deux débris de sarcophages sur lesquels on voit des éléments de l'histoire de Jonas ont été retrouvés hors de la porte Majeure a Rome. Ils paraissent dater du IV"^ siècle et proviennent peut-être de la catacombe peu connue de Castulus. (A. Bartoli. Frainmenti di sarcofago cristiano riiivenuti a S. Castulo sulla via Labicana, pp. 127-130 et fig.)

D'après le P. Marchi, suivi par Mgr Wilpert, une peinture du IL' siècle à la catacombe de Prétextât représente le couronnement d'épines. Aucune autre représentation aussi ancienne ne figure une scène quelconque de la passion du Christ. Aussi l'interprétation du P. Marchi n'at-elle jamais été admise définitivement. Le père Garrucci rapportait la peinture au baptême du Sauveur et M. H. Marucchi reprend maintenant cette opinion en la précisant davantage. C'est d'après lui le témoignage du Christ, rendu par saint Jean qui est x(t]^xé%&x\\.t.{JDsservazioni sopra una pittUra biblica del cimitero di Pretestato, pp. 131-142 et fig.)

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