I. Ces marches manquent sur \zi figure
Fiff. 3- — Plan d'une église de Silos.
XIP siècle, nous aurions ainsi trois phases de construction, trois époques bien déterminées. Mais nous manquons de données suffisantes pour étayer cette hypothèse ; nous croyons même que le second plan traduit plutôt la disposition générale de l'église romane, et rien de plus. Ceci étant, nous poursuivons notre tâche, en décrivant le 3*= plan auquel nous venons de faire allusion, — un plan que nous croyons beaucoup plus intéressant que le second et qui, lui, repose sur des données très sûres, du
l^ebue ïJe V^xt chrétien.
moins dans son ensemble. Un bon nombre de détails sont même faciles à expliquer.
Ce p]an{p/an/a iconografica) qu'un auteur inconnu a dressé, probablement à l'époque de la démolition de l'église, a été découvert par D. Férotin dans les archives de
Fig. 4. — Plan de l'église romane, dressé au XVIip siècle.
l'évéché de Ségovie ; mais l'historien de Silos n'a pas jugé bon de le publier tel quel, sans doute à cause de la façon un peu gauche dont il est rendu. Quant à nous, nous le trouvons si intéressant, si précieux même, dans la naïveté relative de son exécution, que nous n'hésitons pas à le
publier (fig. 4). Plusieurs détails y sont traduits d'une façon inexacte : les voûtes, les fenêtres, les arcs qui retombaient sur les piles et les colonnes, n'y sont pas figurés ; et pourtant, il est évident que l'auteur s'est appliqué à le faire avec soin ; à notre avis, il constitue un véritable document archéologique. L'orientation y est marquée ; mais, comme les plans précédents, il n'offre aucune indi- ■ v»; cation d'échelle (").
Ce plan, d'une ordonnance régulière, n'offre rien de bien insolite. Il nous montre une église, composée d'une nef, de deux collatéraux et d'un transept muni d'une abside flanquée de deux absidioles, — transept dont les deux croisillons très développés comportent deux autres absidioles. Un porche s'étend au Nord sur toute la longueur de la nef
Cette église est divisée en
deux parties bien distinctes :
Xéglisc basse qui comprend
cinq travées de la nef et des
bas-côtés ; et \ église haute
qui se compose de la travée
de l'Est, du transept et des
absides. Les deux églises
sont divisées par un escalier
de neuf marches.
Puisque ce plan peut donner lieu à des
remarques intéressantes, nous reprenons,
en nous aidant d'une description du XVI^
I. Il est cependant aisé de connaître les dimensions de l'édifice, puisque la partie du cloître indiquée au Sud, existe encore aujourd'hui. La longueur totale de celte église devait être, dans œuvre, 54 mètres. La nef devait avoir à peu près 16 mètres de largeur.
ILts égltôes De Tabbape De ^tlos*
siècle ('), l'examen rapide des parties qui le composent.
Le mur de la façade Ouest est de moitié plus fort que les autres. Son énorme épaisseur (à peu près deux mètres) s'explique par le fait des vents qui suivent la vallée dans laquelle l'église était construite, et qui allaient se briser contre cette façade ; tout naturellement il devait offrir une bien plus grande résistance que les autres parties de l'édifice.
La partie Ouest de la nef offre quatre piliers cruciformes, cantonnés de colonnes doubles, sur chacune des faces principales des ressauts. En regard, se voient des colonnes jumelles, engagées dans les murs des bas-côtés Nord et Sud. C'est bien la preuve que ces colonnes recevaient de larges arcades, des doubleaux présentant peut-être deux tores accolés. Mais, évidemment, le dessinateur n'a pas bien indiqué les proportions des supports mentionnés, pas plus qu'il n'a figuré les distances exactes entre les piles A et les colonnettes B. La nef, en regard du tombeau de saint Dominique (C), présente quatre piliers cylindriques ; deux pilastres rectangulaires leur correspondent dans le collatéral Nord, tandis que des colonnes engagées se voient en face, dans le collatéral Sud. Et ainsi on arrive à l'église haute. Des piles composées d'un massif cruciforme, mais non plus cantonnées de colonnes jumelles, séparent la nef de l'église haute. En avant de la pile E se voit un tracé rectangulaire que nous ne pouvons expliquer sûrement ; peut-être
I. Elle est du P. Nebreda, abbé de Silos {Registre de. Archivas^ fol. 73-75).
représente-t-il un autel. Près de la pile D, des marches, puis des courbes qui se rencontrent indiquent probablement un ambon postérieur à la construction. En avant de la croisée du transept, on remarquera deux piles bâties sur le même planque les quatre piles de la nef. Les piles de maçonnerie à ressauts et colonnettes accouplées qui ont place à l'entrée des absides, comme aussi aux angles Nord-Ouest et Sud-Ouest des bas-côtés, correspondent aux piles en question.
Le transept (el cruzero grande y muy bueno) était séparé de la dernière travée de la nef par une grille (una reja alla y ^r««flfe^ ; cette grille est indiquée reliant les piles F et G, F et D. La coupole qui s'élevait sur le carré du transept et qu'on a comparée à celle de la vieille cathédrale de Salamanque, n'est pas indiquée sur notre planta iconografica. Deux autres coupoles existaient en avant des absidioles qui Hanquent l'abside principale (').
Les deux croisillons du transept montrent des absidioles qui étaient évidemment voûtées en cul-de-four ; le croisillon méridional est figuré au pointillé, pour indiquer qu'il avait déjà disparu, lorsque le plan fut relevé. Les trois absides qui s'ouvraient en regard de la nef et des bas côtés étaient précédées de deux travées, qu'indiquent les colonnes engagées dans les murs.
(A suivre.) Dom E. Roulin.
i. t Al lado de la epistola lieue una capilla de Nueslra Seilora,}' adelante en una média naianja un altar... > — < De la parte del evangelio... adelante, en el niisino, esta una média naranja que responde a la de el otro lado... > Description par le P. Nebreda, mentionnée précédemment.
Xfe^ >!iU A'gi' ^'W^ >'W.i x'vl^t t'a* t'»^» t'a» n'tk t'fei t»»;* A'yl* iM* »<»?* >^« '
riTiiiii3iiïxixiii^i3:iTiixiTiiii33tiiiiiiixiTiiiiixiiriiTrxiiiiJïJXii iii
I nxmnciiiiiiiuxrmix
^-n-n TTim rTTlTi
Ii*iconograpt)ir eytértture tie la catbétirale
ïie Bots le^Duc
atjxiTXxiiiTiiiî:iiiiiiïxiriiiro.iiiiiiiiitiiii-iiiiiiiirïiii:
nnxiinii i-TX I ir
imnx] nrn
fè
;^*aÔ^^ *^-^ ^Aiï:^ ^i^^ *^^ *^^ ''iB^ '*'£.'' *^^ ^Ail-^ ^i^-^ ^sB"" ^&^ V>^ *Afi-*^
tradition des temps passés. Ce fait, qui se réalisa à Louvain, lors de l'exécution des sculptures de l'Hôtel-de-Ville, dut se vérifier aussi à Bois-le Duc, où une suite dogmatique et symbolique se retrouve dans
rgjjjjg^^g^jg^j^g on passe en
t. revue les représenta- 'ç tions, figurées dans les ; églises du style flam- I boyant aux Pays-Bas, 1 on observe, à partir du
"aWwï#Js»âmmcfio,$fi XV*^ siècle, une transformation graduelle de l'iconographie chrétienne. Elle abandonne peu à peu la sévérité dogmatique et un certain nombre de traditions doctrinales du passé, pour s'ouvrir davantage à la fantaisie populaire, et à la liberté individuelle de l'artiste. L'esprit profane pénètre davantage les arts au XV^ siècle, à l'époque où l'on vit s'élever de nombreux édifices remarquables dans le Brabant, à Bois-le- Duc en particulier. Nous nous bornerons à exposer l'iconographie intéressante de la cathédrale nommée cidessus, dont le chœur et la nef furent construits de 1419 à 1523. Les sculptures du chœur (bas-reliefs de 14 19- 1430 environ, statues postérieures à 1481) montrent déjà ce caractère populaire, tandis que les arcsboutants sculptés de la nef nous révèlent des excès drolatiques et des libertés individuelles.
Cependant, même au XV<= siècle, lorsque s'exécutait un travail important, le maître d'œuvre continuait à recourir à l'érudition d'un hagiographe entendu, pour connaître les lois du symbolisme et les données iconographiques, puisées dans la
I. Cette étude a été présentée en abrégé au Congrès archéologique de Gand. Elle fait aussi partie de la dissertation doctorale de l'auteur : JJe Kathcdraal 7ian 's Hertogenbosch, Bnissel-Amslerdani, 1907, pp. 130-207.
Plan terrier de la cathédrale Saint-Jean à Bois-Ie-Duc
les sculptures de la cathédrale. Ce savant ensemble iconographique suppose un plan, conçu par un théologien, dont les détails ont été modifiés par la fantaisie des sculpteurs.
L'examen des sculptures fera ressortir le bien fondé de cette thèse.
Commençons notre exposé par la décoration sculpturale de la nef.
3l'iconûsrapl)ie îie la catbéîïrale de Bols le 2Duc.