‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 29 sur 130 · Gallia chrù/iana, XII, col · texte numérisé non relu

Gallia chrù/iana, XII, col

2. Abbé BruUée, Hist. de l'abbaye royale de Sainte- Colombe-lès-Sens. Sens, Duchemin, 1852.

3La confesston tje ^t(Btvmain îi':^urerre.

deux, car il nous apprend que cette crypte de l'église de Sainte-Colombe était sousl'invocation d'un autre martyr, 5". Syviphorien d'Autun, fait qui n'a pas lieu de nous étonner et dont les exemples ne sont pas rares dans l'histoire des confessions. N'a-ton pas vu la crypte de saint Irénée dans la basilique de Saint-Jean l'Evangéliste, celle de saint Euchaire, dans l'église Saint-Maihias ? Dans tous les cas, il est relaté que le corps de Raoul fut placé au milieu du chœur de l'église de Sainte-Colombe de Sens, tandis que son père Richard, fut mis dans la crypte du même monastère à droite de l'autel ad dexterani altaris (').

Ces simples mots sont importants pour nous, ils nous révèlent que la crypte était spacieuse, comme aux temps mérovingiens, puisqu'on y célébrait la messe; et il en ressort cette conséquence que le travail de l'archevêque était une simple restauration d'un monument antérieur à son épiscopat.

De la crypte, le tombeau est monté sans doute à l'étage supérieur, derrière le maîtreautel, pour obéir à la coutume d'accumuler les reliques dans les sanctuaires, jusqu'au jour où le bruit des curieux et des pèlerins avides de faveurs devint insupportable.

saint Loup, lui aussi, avait des dévots nombreux qui augmentaient encore la foule des importuns; on se débarrassa d'eux en transportant les deux tombeaux au bas de la nef, en face du dernier pilier, et en les alignant l'un au bout de l'autre sur des piliers de la hauteur de quatre pieds qui donnaient aux malades la facilité de se traîner dessous. On aurait pu mettre les deux saints côte à côte sur le même rang, mais cette

I. < Ejus quoque Richard! patris corpus in crypta S. Symphoriani ad dexteram altaris pausat tuniulatum eodem in monasterio. > Miraculasancti Gerjitani. Appendix {Acia sancloriiin, mensis Julii, t. VII, 287.)

disposition aurait été contraire aux volontés de saint Loup qui ne voulait pas être sur un pied d'égalité avec la vénérable sainte.

Avertis par les violences de la guerre de Cent ans que les monastères élevés dans les campagnes pouvaient être pris d'assaut, malgré leurs tours et leurs fossés, les habitants de Sens préparèrent à l'intérieur de la ville un asile plus sûr qui avait le titre ài& prieuré de Samte-Colombe, et où les gardiens des reliques pouvaient déposer leur trésor sans aucune crainte. Là encore, ils avaient ménagé une crypte qui offrait une certaine sécurité et dont on usait dans les circonstances périlleuses. Une partie du corps de la sainte y fut transférée en i486. Voici ce qu'on en disait au XVI le siècle : « Il y a, dit l'abbé Rouxeau, dans le fond de la nef de l'église, du côté droit, un lieu souterrain où l'on descend par 18 ou iq degrés... Il y a dans ce souterrain un autel où l'on dit la Messe, on l'appelle cave de Sainte-Colombe ('). ^

Cette dernière église a été démolie comme l'abbatiale, mais on a la certitude que la crypte subsiste toujours sous l'immeuble qui porte le n° 60 dans la Grande Rue. Espérons qu'un jour, au cours d'une démolition, ce sous-sol reverra le jour et sera dessiné par quelque amateur zélé des antiquités chrétiennes.

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