L'abbaye est transformée en hospice aujourd'hui
2. Héric, religieux de l'abbaye de Saint-Germain, a écrit la vie de S. G. en vers et deux livres sur les miracles accomplis autour de son tombeau. (Acta S. S., mensis julii VII, 184-304. <l Perfecto opère, cunctisque decorem pr;ctendentibus consummatis, sanctissimum et toto orbe venerandum corpus B. Germani in cryptam tanto dignam thesauro, ingenti obsequiorum génère translatumest.>)
une sorte de cénotaphe et par deux autels érigés à la tête et aux pieds.
L'agfencement était bien moins funèbre dans la crypte antérieure à celle que nous examinons, la lumière y pénétrait puisque l'on avait pris soin d'étaler la pompe d'une exposition resplendissante de richesse.
Pendant les embellissements exécutés au VP siècle par l'évêque d'Auxerre, saint Didier, le roi avait fait élever au-dessus du tombeau une coupole garnie d'un beau travail en or et en argent, qui se voyait encore du temps de Héric, religieux de l'abbaye, dont nous tenons ces détails ('). On distinguait, dit-il, le nom du roi qui avait commandé le travail et le nom de l'ouvrier qui l'avait exécuté. Tel était le monument d'où serait dérivé le tombeau que nous apercevons autour du sarcophage et qui ne peut être observé faute d'espace (").
Au IX" siècle, la basilique du VI^ siècle étant jugée trop petite, il fut décidé qu'elle serait allongée de vingt toises dans la direction de l'orient avec le concours du comte d'Auxerre, Conrad. C'est alors que furent posés les fondements de la crypte principale qui occupe le centre du chœur actuel, en profitant d'une déclivité du terrain. Ce remaniement entraîna des longueurs, car les beaux matériaux manquaient et on tenait à offrir à saint Germain une demeure digne de sa réputation.
Héric nous raconte que la communauté envoya des délégués dans le midi avec la mission de visiter les ruines et d'en rapporter de quoi parer la crypte. Ceux-ci descendirent le Rhône jusqu'à Marseille et rapportèrent de leurs explorations plusieurs
1. « Per manus sancti Desiderii regalibus expensis fredam composiiit qua^i auro, argentoque elegantissime decorata in nostram quoque duravit œtatem ; auctorem ministrumque operis insculptarum sibi designans suffragio litterarum. > (Cap. IV, Ibidem.)