‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 44 sur 130 · Bulletin monumental, t. LXX · texte numérisé non relu

Bulletin monumental, t. LXX

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été en état de consommer son évolution, et il demande à M. E. d'en donner la preuve positive. Il considère comme bien distinct le airvilinéaire anglais et le flamboyant français. En 1374, le style flambo3'ant avait cessé d'être pratiqué en Angleterre. La communication, si elle a existé, de ce pays à la France, n'a pas eu de force ni d'ensemble. Le XIV'= s. français contenait le germe du flamboyant, et a pu l'engendrer, pense-t-il, sans ingérence étrangère. En fait, les transitions françaises vers le flamboyant sont occasionnelles, locales, isolées, rares et dispersées du Nord au Midi. L'action de la famille de Charles V, de 1365 à 1415, a été prépondérante dans cette évolution. Telle est à peu près la thèse de M. Anthyme Saint-Paul.

Celui-ci insiste sur ce point, que le XV<= siècle n'a pas connu, venant de l'Angleterre, une puissance de rayonnement artistique analogue a celle qu'a exercée la France sous Louis VII, Philippe-Auguste et saint Louis, pénétrant des nations inférieures en civilisation, avec ses armes, ses religieux, ses artistes, son université; il n'y a eu rien de pareil pendant la guerre de Cent ans. Cette période a connu des alternatives de trêve et de guerre active également peu favorables à la communication d'un style d'un peuple à l'autre.

L'éminent archéologue reprend une à une les villes signalées de part et d'autre dans l'actuelle controverse, et où est affirmée ou contestée l'apparition du style flamboyant en coïncidence avec la présence des Anglais. Il constate plutôt la pénurie d'imitation du style d'Outre-Manche, là où elle devrait abonder. Il insiste sur le caractère inconsistant des formes introduites par les Anglais dans la région bordelaise et l'Agennais, le Périgord, à Evreux, à Rouen. Il montre, en ce qui concerne les grandes roses des cathédrales, que c'est la rose française qui a pénétré en Angleterre et non la rose anglaise en F"rance. Enfin, il se livre à une étude historique fouillée au sujet des longues vicissitudes de la guerre de Cent ans, qui n'ont guère laissé de répit suffisant, pour que les constructeurs anglais et français pussent prendre utilement contact. On ne peut, dit-il, créer une antithèse entre cette période et celle qui l'a précédée ; elle n'a laissé qu'une haine de races. Sa dissertation n'est pas finie ; nous en ferons connaître la suite.

Dans la même livraison du Bulletin niomiviental nous avons à signaler l'excellente étude de M. A. Angles sur l'abbaye cistercienne de Sylvanès, l'une des plus remarquables de l'Aveyron ; la description par M. M. Aubert de la curieuse église romane de Saint Pathus ; la des-

cription par M. L. Plancouard de la cloche romane, peut-être la plus ancienne de France, celle de St- Remy de Marines,portant une inscription du Christ de gloire, formule dont notre collaborateur M. Germain de Maidy s'est occupé naguère dans nos colonnes (').

Le château de Blois actuel a succédé presque sur le même emplacement à un puissant château féodal, qui n'avait pas moins de 270 m. de long et 650 m. de tour. Des fouilles récentes en ont fait trouver des vestiges, que décrit M. le D'' Lesueur, lequel est parvenu à restituer son plan vers la fin du règne de Louis XII.

M. John Bilson disserte savamment sur les voûtes d'ogives de Morienval, et M. L. Maître sur la crypte de Saint-Denis

Enfin, M. P. Vérité explique les raisons profondes (elles résident dans d'antiques substructions), pour lesquelles le chœur du Mans est évasé en plan. Disposition rare dont M. Lefèvre-Pontalis signale d'autres exemples à Senlis, à Notre- Dame de Paris.

BULLETIN DES ANTIQUAIRES FRANGE, 2' trimestre, 1908

DE

Notre collaborateur M. Mayeux a fait une communication intéressante sur le portail de Perpignan, où la figure du Christ est accostée de celle de quatre apôtres : S. Pierre, S. Paul, S.Jean-Baptiste et S.Jacques le Majeur. L'auteur note le choix de l'ordre de ces personnages. Les deux derniers, ont même pris, contre toute hiérarchie, la place prééminente de S. Pierre et de S. Paul au centre, contre les jambages. Il l'explique par un sorte de présentation : le prince des apôtres présentant au Christ les deux saints régionaux. L'idée de figurer le Sauveur accompagné de quatre apôtres est de tradition latine.

M. P. L. Lauer s'occupe après d'autres (2) du célèbre joyau carolingien conservé jadis à l'abbaye de Waulsort-sur-Meuse, qui, sur le disque lenticulaire, porte gravée l'histoire de la chaste Suzanne. Son inscription nous apprend que l'objet fut exécuté par l'ordre du roi Lothaire ; M. Dalton a montré qu'il s'agit de Lothaire II.

C'est un monument d'une valeur historique considérable. On sait que Lothaire II passa sa vie en efforts infructueux pour faire annuler son unionstérile avecTeutberge, afin de fairelégitimer le fils naturel de Waldrade. Il fit accuser son épouse d'inceste ; celle-ci fut réhabilitée par l'assemblée de Vendresse en 865, et M. Lauer est

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