Lebœuf, Histoire du diocèse de Paris, pp
2. « Quia ausu temerario artus in pace quiescentes visus es amovisse, ecce ego removebo te ab liac urbe ». {Vilœ pa/ruiii, l.)
station îie ^atnt 2Dcnts De l'Cstrée.
sujet qui témoignent de l'universalité de la croyance. Les uns racontent que les paroissiens de telle localité ont voulu s'approprier les reliques d'une église voisine, qu'ils ont emporté jusqu'à trois fois le sarcophage et que trois fois le défunt est retourné à son siège primitif pendant la nuit. D'autres rapportent que le jour où on a voulu toucher au tombeau pour l'emporter, les ravisseurs l'ont trouvé si lom'd que plusieurs paires de bœufs ont dû être attelés sans l'ébranler. Quand il s'agissait d'un édifice dont on voulait assurer le respect et la conservation, comme celui de Saint-Denis, on répétait de génération en génération qu'il avait été béni par le Christ en personne ('). Une seule objection m'embarrasse> c'est celle qui résulte de la narration des premiers soins donnés à la sépulture des martyrs aussitôt après leur mort; la pieuse femme qui avait dérobé les corps aux bourreaux les aurait ensevelis dans une pièce de terre labourée qu'un cultivateur devait ensemencer ( ). Ce champ, dit l'au teur, était à la distance marquée par la 6^ borne milliaire. En pareil cas, c'est une dame gallo-romaine qui s'empare des martyrs et les cache dans un endroit secret des jardins de sa villa, comme dans l'histoire de saint Andeol (5). Ici, je ne vois pas pourquoi la pieuse femme est allée dans un champ qui ne lui appartenait pas pour cacher ses trésors, au lieu de les porter dans le cimetière commun. Les fouilles de Viollet le-Duc dans le sous sol de la basilique abbatiale ont amené au jour des débris de
I. Felibien, Hist. de Fabb. royale de Saint Denis en France, pièces justif., p. CLXVI.
7.. Furtumque laudabile in sexto ab urbe memorata lapide, id est in arata terra quam seminibus preparaverat industria colentis, abscondivit. » ('F/Aï sincti Dionisii.)
3. Léon Maître, Les premiers mon. de la Gitule chrétienne, 111= liv., 142.
poteries et de tuiles romaines qui accuseraient plutôt l'existence d'un cimetière ou d'un groupe d'habitations autour de la sépulture de saint Denis. Mais je n'insiste pas et je reconnais que les martyrs parisiens ont pu être inhumés comme saint Symphorien extra canipuni publicum, pour un motif que nous ne connaîtrons jamais ('). Les historiens racontent encore que Dagobert, apprenant l'importance des services rendus par le martyr Denis et les miracles qu'il avait opérés, fit transférer son corps et ceux de ses compagnons dans une nouvelle église qu'il bâtit et oit il établit le même usage de psalmodier que celui qu'on pratiquait à Saint-Maurice d'Agaune (^). Ces détails semblent pourtant impliquer un déplacement de sarcophage ou de reliques, mais Mabillon sans se laisser intimider, leur oppose des textes plus anciens qui semblent mieux informés, notamment une vie de saint Denis, qu'on croit être du poète évêque Fortunat ou de l'un de ses contemporains. Que raconte-t-elle ? qu'une matrone très au courant des traditions historiques du diocèse de Paris, voyant que la période aiguë des persécutions touchait à sa fin, rechercha le lieu où étaient déposées les reliques des grands martyrs, et, dès qu'elle l'eut trouvé, fit construire au-desstis un mausolée très apparent (^). Nous soinmes là au temps de Constantin, au IV*^ siècle. Que se passa-t-il au V^ siècle ? Le même auteur va nous le dire. « Ce fut là lé point de départ de la basilique magnifique que les chrétiens élevèrent ensuite au-dessus