L. Cloquet
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Ilotes D'iconograpbie.
I. — L'ange à l'encensoir du tympan de Sainte-Marie du Pré (Donzy) (')•
(ju cours de 1905, j'ai fait paraître dans cette Revue, une étude sur l'imagerie de ce tympan, et dans les pages 1 qu'elle renfermait, je me suis arrêté longuement sur l'ange qui se tient aux côtés de la Vierge.
Le personnage en valait certes la peine, puisqu'il présente une particularité iconographique tout à fait propre à piquer la curiosité et à provoquer les recherches des archéologues.
Cet esprit céleste, l'archange Gabriel en toute évidence, tenait en sa main droite, un encensoir dont les traces sont encore nettement visibles.
Dès l'abord, ce détail m'avait fait songer a l'ange de l'Apocalypse et j'estimais alors qu'un jour, on parviendrait à découvrir un texte quelconque propieàjeter plus de lumière sur cette curiosité iconographique et à en faire mieux saisir la raison d'être.
Cet espoir n'a pas été déçu et Rupert de Deutzvanous permettra encore d'avancer dans la connaissance de ce mystère. Son raisonnement emprunté à son Commentaire sur l'Apocalypse, porte sur le passage suivant :
« Iste Angelus bteùt jiixta aram templi habens thuribulum aureiim in manu sua. •>
« Nimirum r} lempltim Uei sanctiim, sancta itniveisalis Ecdesia Dei est, et hujus Icmp/i uni sivc allât c C/irïslus L'st.Qaomodo in teinplo manufacto visibile altare omnimoda dignitaie religionis piseeminet, sic in Ecclesia sua Deus et homo Christus divina et regia majestate prœpoUet. Quomodo juxta aram hujusmodi isle angélus sietit : Ubi primum ara ipsa in templo suo fundata est ; ubi Christus per fidem in cordibus patrum reposilus est credentium huic verbo : < Et in semine tuo benedicentur omnes gentes (Gen. XXUj, » quod utique semen Christus est, extunc angélus iste gentis illius princeps factus est, et idcirco recte juxta arum steiisse dicitur : quia proptei liujusmodijidem tulor et adjutorilli populo dilus
I. Revue, 1905, 4°livi. ce tympan est reproduit à la page 262. s.Migne, toin. m désœuvrés de Rupert, pp. 973 el suiv.
est. « Stetit ergo inquit, habens thuribulum aureum in manu sua. » Thuribulum aureum fides illorum erat sancta, fides pura, fides aurea, videlicet multis Iribulationibus eorumdem super terram peregrinanlium, velut aurum in camino ignis probata. Hanc illorum fidem tanqiiam thuribulum aureum habebat in mana sua, scilicet ipsam habens pro illis justitiœ causa?n, ad impetrandum Dei bénéficia... Et data sunt ei incensa multa, ut daret de orationibus sanctotum omnium super altare quod est ante x'hxon-am.Ergo incensa qica illi data sutit^sanclorum O'ationes sunt. Igilur orationes sanctorum Patrum et Patriarcharum quse hic incensa digne vocari meruerunt, illœ fuerunt quas efiundebant propter Christum, propter adipiscendœ ejus adventum magno patri Abrahœ reproinissum ut in ipso benedicerentur ciiin omnibus gentibus sine cognationibus terrœiOen. XX If) atque absolverentur ab illa prima prœvaricationis inaledictione.
Malgré sa longueur, cette citation a dû être donnée en entier, car elle a pour l'imagerie de S"=-Marie du Pré, une importance extrême et elle projette sur ses sculptures une abondante lumière.
Dans son tympan, nous retrouvons en effet, les divers éléments contenus dans le passage de Rupert, Les ardentes supplications des Patriarches, la foi et les prières des saints ont été finalement récompensées : Celui qui devait venir a pris chair. Le temple du Seigneur est ici la Vierge « Beata Dei Genitrix Maria, Virgo perpétua, tcniphiut Doinini » ('). En lui, est dressé l'autel «altare Christus», le Verbe fait homme, et l'ange, dont la mission vient d'atteindre son apogée, est toujours debout à ses côtés, l'encensoir d'or à la main.
Je sais que Rupert voit dans l'ange de l'Apocalypse, S. Michel, mais avouons que tout ce qu'il en dit s'applique admirablement à Gabriel. Que disje ! Tous les développements du bénédictin de Deutz lui conviennent à merveille lui reviennent de droit, car c'est lui, et non S. Michel, qui a joué le rôle prépondérant dans la naissance du Verbe incarné. N'a t-il pas, en effet, été envoyé vers Zacharie et vers Marie, afin d'annoncer au premier, la naissance du Précurseur, et à la seconde, moyennant son ac-