‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 87 sur 130 · I. Office de la .S"^ Vierge. Laudes, antienne du Benediclus · texte numérisé non relu

I. Office de la .S"^ Vierge. Laudes, antienne du Benediclus

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quiescement, que Jésus allait être le fruit béni de ses entrailles ?

C'est ainsi qu'en a jugé V auteur de la scène de Domy, et voilà pourquoi, il a placé l'ange debout, l'encensoir d'or à la main, près du temple et de l'autel, c'est-à-dire de Marie et de Jésus.

En procédant de la sorte il ne s'est pas trompé du reste, car,à propos de la Messe de Flaccus Illyricus, dom Cabrol s'exprime ainsi : « On remarquera que dans la prière de l'encens, Per intercessionem, on lit non pas le nom de saint Michel comme au romain, mais celui de saint Gabnei stantis a dextris altarts inccnsi, ce qui est la vraie version ('). On voit tout ce que le rôle de l'ange de la prière de l'encens a de rapports avec celui de l'ange de S. Jean, l'un à vrai dire étant le type du premier. L'archange Gabriel peutdonc s'identifier avec le second, puisqu'il s'identifie avec le premier ; tout ce que Rupert avance de cet esprit céleste, il l'a fait et l'église elle-même avant de substituer à S. Gabriel, l'archange Michel dans ses offices, le considérait comme le tufor et Vadjutor dont parle l'abbé de Deutz. Chargé de recueillir les prières du peuple des croyants, il les portait devant le trône de l'Eternel, afin de les faire agréei et d'obtenir pour les âmes, au nom du Christ, homme et Dieu, les grâces et les bienfaits auxquels l'Incarnation et la Rédemption leur permettent de prétendre.

Ce n'est donc pas sans raison, qu'au début de cet article, j'espérais amener mes lecteurs à une compréhension plus nette de l'imagerie de Ste-Mariedu Pré à Donzy : je les prie toutefois, quelque soit leur avis, d'agréer mes excuses pour avoir osé retenir si longuement leur bienveillante attention.

I. Revue béiiédicline, 1905. Avril, p. 1907. L'opinion de Rupert sur S. Michel s'appliqua si parfaitement à S. Gibriel, qu'on peut réellement se demander s'il n'a pas réellement songé à ce dernier, en écrivant son commentaire. Le nom d'un archange aurait pu alors t^tre substitué à celui de l'autre, grâce à l'erreur ou à l'acte volontaire d'un copiste partisan d'un tel changement. S'il en est autrement, on peut admettre que la pensée du bénédictin de Deutz a subi l'influence du mouvement d'idées qui poussait à cette substitution. /*f7/i-ontre, à Ste-MarU du Pré, Us moines clunisiens tenaient pour r ancienne opinion, et on peut considérer l'ange de Donzy comme un témoin important de l'ancienne tradition.

II. Porte méridionale de S. Isidro de Léon ('). Nouveau coup à' œil sur son imagerie.

Une deuxième fois je m'occuperai du tympan de cette église monastique, l'article que j'ai publié sur lui ayant besoin pour être plus satisfaisant, de quelques observations complémentaires, voire même d'une modification.

Et d'abord, j'y reviens, la présence de l'ange près du bélier, suffit largement pour rendre avec précision et évidence, tout le verset 12 du chapitre XXII de la Genèse. La main du très- Haut n'a donc pas à intervenir dans cette scène pour matérialiser en quelque sorte les ordres que le Ciel intime à Abraham ; l'ange, d'après le texte, le.s lui transmettant en personne. Penser différemment serait adinettre sans raison suffisante, un double emploi totalement inutile.

L'importance d'ailleurs de cette main n'est pas sans signification : elle est le signe naturel, sensible et manifeste de la bénédiction, de la promesse contenue dans le verset 18 du même 22'' chapitre.

Qu'on y fasse bien attention ! et au point de vue de la doctrine, je n'ai pas assez appuyé sur le fait, le point essentiel et capital du sacrifice offert par Abraham, c'est la promesse du Messie : en dehors d'elle, tout est d'importance secondaire. A parler vrai. Dieu n'impose au patriarche d'immoler Isaac, que pour lui permettre de mériter la bénédiction qu'il se propose de lui octroyer, et l'holocauste exigé, bien qu'il soit la figure de ce qui se passera dans le temps, quand, par amour pour ses créatures. Dieu livrera son Fils à la mort, n'est surtout que le prélude de la promesse solennelle.

On comprend donc sans peine comment des théologiens artistes ou des artistes guidés par des théologiens ne pouvaient dans l'œuvre si religieuse et si docte qu'ils ont créée, faire abstraction d'un fait aussi capital. Aussi, à mon avis, ont-ils eu recours à la main divine pour matérialiser l'intervention céleste et la promesse du Messie, n'ayant pas à leur disposition de symbole plus naturel et plus significatif pour exprimer ce qu'ils ne devaient pas omettre (-).

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