Revue de l'Art chrétien, 1904, 4e livr
2. La main étendue ne signifie pas moins la bénédiction et l'octroi des grâces que la main bénissant dans la forme la plus usitée. A titre
jRebue lie V^xt cJ)rét(eu.
Ce point développé, je dois maintenant modifier mes dires en ce qui concerne le cavalier de l'Apocalypse. En effet j'ai avancé qu'il sjanbolisait, suivant toute probabilité, la Mort et par suite, je l'ai placé sur le coursier livide que lui donne S. Jean, tout en laissant en note, la liberté de reconnaître en lui le démon.
Bien que la première de ces deux hypothèses puisse se soutenir, c'est la seconde qui s'impose. Nous sommes en présence du Mauvais, mais l'esprit infernal doit changer de coursier et monter le cheval roux de l'Apocalypse.
Pour nous convaincre de la chose, voyons ce qu'avance à ce sujet Riipert de Deutz dans son Commentaire du fameux écrit de S. Jean : « Et exivitequus rufus, et qui sedebat super eum, datum est ei ut sumeret pacein de terra ». Equus rufus civitatis diaboli, civitatis Babyionire est populus sanguinolentus, et sessor et agitator ejiis diabolus est... hic autem in sanguine alieno, sanguine sanctorum, quem effudit rufus est. Hic equus exivit, in jam dicta passioue Domini (Math. XXII), jamdudum rufus omni sanguine juste, a sanguine Abel justi usque ad sanguinem Zacchariœ filii Barachicne, et tuiic exivitut ivipleret viensuram homicidioruDi junctis sihi gentilibus, et Pontio Pilato, ad occidendutn DoiiiinuDi. Diabolus enim sedebat super eum » (■).
Ces considérations sont absolument significatives et les sentiments et intentions que j'ai prêtés au cavalier de S. Isidro s'accordent nettement avec la façon de voir de Rupert de Deutz.
Le diable est le contradicteur de Dieu, l'ennemi juré de ses desseins, l'instigateur de tous les crimes et la mort qu'il a caressée et voulue par-dessus toutes les autres a bien été celle de Jésus. L'explication que j'ai donnée de l'arc qu'il porte, de la fîeche (2) qu'il va décocher et de
d'exemples je renvoie au vol II. des Nouveaux Mélanges d'Arc/i. .Martin et Gabier, pp. 56. 115, J23 ;«.!'., pi. II. vol I. .Au tympan de Vézelay, Dieu envoie à mains ouvertes, les elïusions, les charismes de l'Esprit Saint. Si la main divine avait signifié à Léon, l'ordre du Ciel, l'artiste, n'aurait pas laissé celle-ci étendue. Tous les doigts auraient été repliés et l'inde-f tenu en avant, aurait ainsi fait le geste du . ommandement.