‹ Les églises de l'abbaye de SilosChapitre 95 sur 130 · Migne, CLXIX, p · texte numérisé non relu

Migne, CLXIX, p

He Tabernacle (■).

EST une bien opportune et excellente étude que celle que nous devons à la science de feu le Rév. F. Raible, aux soins intelligents de M. l'abbé Krebs et aussi à la bienfaisante entreprise de la maison Herder, qui a déjà doté la science et la littérature catholique de tant d'excellents livres. Ce dernier traité vient bien à propos, au moment où l'important Congrès eucharistique rie Londres donne une si belle impulsion aux études eucharistiques ; au moment aussi où les artistes chrétiens se tournent vers l'autorité ecclésiastique dans l'espoir d'obtenir une direction plus précise au milieu des ditîîciles problèmes que suscite la construction des autels. Nous avons été leur interprète dans un précédent article {-).

Le livre que nous faisons connaître s'ouvre par des pages intéressantes consacrées à établir, que la foi dans la Sainte Eucharistie a régné chez les fidèles dès les premières années de l'Eglise naissante. Puis, dans trois chapitres distincts, le tabernacle est étudié dans la période latine et dans l'époque du raoyen-âge. Ensuite est examinée la question actuelle, celle du tabernacle et de l'autel moderne. L'auteur en vient aux règles liturgiques qui doivent présider à l'édification du tabernacle, et à cet égard on paraît être bien mieux fixé, au point de vue pratique, dans l'église Allemande, que dans celles de France et de Belgique. Nous résumerons les règles qui prévalent au delà du Rhin.

Le tabernacle est unique, fixé à demeure sur l'autel. 11 doit être pourvu du conopé, à moins que l'autel ne soit couvert du ciborium, disposition fortement recommandée comme la plus conforme aux prescriptions liturgiques. Heckner la considère comme l'idéal. Le tabernacle d'Orcagna, que la Revue de l'Art chrétien publia comme type en 1903 (3= livraison) est signalé comme le modèle du genre.

I. Dir Tabsrnakel titist und jttzt, par l'eu F. Raible, publié par M. E. Krebs. — In-S", 336 pp., 53 fig. et 14 pi. Fribourg, Herder, 1908. — Prix : 6,6a

a. V. Revue de t Art chritien, année 1908, p. 73.

îRebtte lie T^^rt cbrétten.

Le tabernacle doit être aisément accessible La caisse est en bois, de préférence en tilleul,

par le prêtre. Il doit être capable de contenir en peuplier ou en saule, plus secs que le sapin, à l'aise deux calices et la remonstrance. le chêne et le noyer. L'extérieur doit être riche,

Tabernacle, par F. Hauscli dans l'église de Glatt (Allemagne). (Dapiirs le dessin original de F. Hausch à Horb-)

métallique, ou au moins doré; les émaux d'argent, à moins que la paroi interne ne soit conviennent pour le décordes portes. L'intérieur dorée. L'auteur détaille avec précision tous les est garni de soie blanche, parfois brodée d'or ou desiderata concernant les accessoires.

Mélanges.

Le conopé est de rigueur.

Nous avons fait ressortir les difficultés qui s'accumulent quand on veut faire concorder les prescriptions liturgiques en ce qui concerne le tabernacle, l'exposition et la croix de l'autel, et satisfaire à la fois à la liturgie, à l'esthétique et aux besoins pratiques. L'auteur estime comme nous que jusqu'ici le problème n'a pas été résolu et Schernd, un peu pessimiste, va jusqu'à dire que le tabernacle idéal ne sera jamais trouvé. Ce n'était pas l'avis de Raible, qui, au cours d'un demi-siècle, a vu s'accomplir bien des progrès et faire beaucoup d'eff"orts louables. M. Krebs propose de mettre la question au concours au sein de la « Dcutschen Gesellschaft fur ChristUchen Knnst de Munich i>.T>e notre côté nous la proposons à XEcole St-Liic de Belgique.

On distingue quatre sortes de tabernacles : les tabernacles tournants;les tabernacles simples; les tabernacles doubles, les tabernacles avec repositoire. Le tabernacle à tourniquet, sans être proscrit, est déconseillé. Le tabernacle simple ne convient qu'aux églises où le Saint-Sacrement est rarement exposé. Le tabernacle double comporte un compartiment supérieur où la remonstrance se place pour l'exposition.

L'auteur accorde la préférence au tabernacle simple ; son compartiment unique reçoit le ciboire et la remonstrance ; au dessus est établi le trône d'exposition fixe ou amovible. }A' K. se prononce en faveur des dispositifs amovibles. Avec raison il recommande à l'artiste chargé d'édifier un autel, de considérer le tabernacle comme la partie prédominante du projet, à rencontre de ce qui arrive si souvent. Les autres parties doivent leur être surbordonnées. Ce qui répond le inieux aux prescriptions, c'est que le baldaquin de l'exposition soit installé pour chaque exposition. Il suffît pour cela d'établir au-dessus du tabernacle un reposoir pour la remonstrance, couvert par un baldaquin en soie blanche. La disposition anglaise de la couronne triomphale attachée au retable est recommandable.

Nous ne nous arrêterons pas davantage au contenu de ce beau livre. On }• trouvera d'abondants conseils pour la construction de nouveaux

autels, pour l'amélioration de tant d'autels mal conçus, pour l'installation du tabernacle le Jeudi-Saint, etc., etc.

Pour terminer nous voulons montrer qu'il peut y avoir encore loin de la théorie à la pratique. L'auteur de cette étude si judicieuse a eu l'occasion d'appliquer les bons principes à un tabernacle établi dans son église paroissiale et nous reproduisons ce tabernacle d'après le cliché que l'éditeur M. Herder a bien voulu nous prêter.

Le tabernacle et le repositoire qui le surmonte sont d'un style gothique décadent qui s'explique, paraît-il, par sa conformité avec l'autel préexistant. Le tabernacle est muni d'un conopé, mais celui-ci ne consiste qu'en une courtine suspendue à la corniche, taniis qu'il devrait former une véritable tente protégeant le dessus du tabernacle, attaché au point culminant de la superstructure de celui-ci. On se rappelle que nous avons préconisé une superstructure amovible en forme de pyramide ou de dôme.

Cette réserve faite, nous ne pourrons que louer l'allure respectueuse du baldaquin qui abrite l'os^ tensoir et paraît d'ailleurs susceptible d'être enlevé dans les moments où il n'y a pas exposition. Il convient alors que le crucifix ne soit pas posé sur la plateforme, mais hissé à l'arrière.

Un détail fâcheux est l'agneau de la Résurrection employé au sommet du pinacle en guise d'élément décoratif: ce n'est pas cet usage qu'il faut faire d'un si auguste emblème; d'ailleurs cet agneau devrait être, en iconographie correcte, non point couché, mais debout,

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