SAINT-ËTIBHHB-IH- VIEUX
Pourquoi ce village est-il surnommé le Vieil ou le Vieux T A ' iii'parlicch.a.de la p. 331 à 448, in-»', Par», Vrariil deSaivT.lWl.
tort ou il raison, nous croyons qu'auln^fois il ni^ fnisait qu'unv seule et ^l<^me pHroisso avec Cidcville. Plus tard, ce deniliT hameau aura voulu avoir son église également dédie» sous l'invocation du premier des martyrs. Quelque temps après, lorsque la séparation se fit, l'un fut appelé Saint-Étienne de Cidfr villc'. comme le dit encore Eudes Rigaud, l'autre conserva toi simplement son premier nom de Saint-Etienne ^. Pour distinguer, le peuple y ajouta ie surnom de Vieil ou de Viei mais cela ne dut avoir lieu qu'après le xiii» siècle. Une dénomination analogue se rencontre dans la ville de Caen . Il y avail dans cette cité une paroisse de Saint-Étienne, lorsque fiuillaume de Normandie construisit, en 1066, la grande basUIqoi du premier des sept diacres. Pour distinguer l'itumble paroit désormais éclipsée par le superbe monastère, le peuple la nomma Saint-Étienne-le-Vieux. Ce nom, ïi coup sûr, ne poi vait convenir h l'église qui était plus neuve que sa rivale >] mais bien k l'origine qui remontait aux premiers temps dj Christianisme chez les Viducasses ^.
Toutefois, si, comme je le pense, Sain t-Étienne-le- Vieux a jamais été le maître de Cideville, les temps sont bien changés, car aujourd'hui Cideville commande k Saint-Etienne-Ie- Vieux. Ce n'est plus qu'une pauvre annexe qui apporte ses 40 )ii lanls îi la succursale *.
L'église actuelle est toute neuve. Elle a été entièrement bfltie au siècle dernier avec de la brique et du silex. On n' laissé subsister qu'un contre-fort du xvt' siècle, comme si ui loi sacrée et traditionnelle obligeait nos pères ii garder, dans nouveau temple, une relique de l'ancien. Aujourd'hui nous connaissons plus cette règle.
Dans le chœur sont deux pierres tombales, dont l'une pré^ seiite cette singularité qu'elle a été exécutée du vivant de celui a qui elle était destinée. Le destinataire y a fait graver luimême son nom, ses titres et tout le protocole qui précède et qui suit, n n'a laissé en blanc que le jour, le mois et l'eanéo
' Eeeleiia taneli Slephani de Sindoviltd. — ' EeeUsia taneli SlepkanL Fouillé mu. — ' Sainl-Éticnnc-le-VIeui eat Jn xv siècla. — ' J Jtf . k minûlre de Vinléricur Ut Sociiié dci AntiqixaiTtt de Normattdie, pir H. Cbarms, p. I. — But. du diorise de Bayeux. par Qprmani. — Gall. CbriM., i. SI. — > CJvileroeoi Saint-ÉUennc est réuni h Auiauville.iJepaU
d'un àn'bs qu'il redoutuit peul-élrc. Cette iacuut; nu jumuis été comblée. Oii vu voir. « Ijygisllecorjisclemullri- Guilleniiiie
Vavtiei', presire, ciu-é de siens (céans), dessédé le jour
de Priei Diou pour lui. > Le pauvre curé est bien mort,
et pourtant il ne s'est pas trouvé un paroissien charitable pour acfaever l'inscription commencée.
L'autre épitaphe est plus régulière, c'est celle du dernier curé, elle dit tout simplement : « Cy-gist discrette personne maître Louis Braquebais, presire, curé de ce lieu, qui décéda le premier jour d'aoust 1781. Priez Dieu pour son Ame. »
Saint-Etienne-le-Vicus complaît 10 paroissiens en 1250, et valait 13 livres. L'égbsc alors était d'épée, et Guillaume Durescu, chevalier, y présentait. En 1738 il y avait encore 10 feux et 19 en 1820. Jusqu'k la Révolution le patronage a été seil^ieurial .
Cette petite église, située sur la plaine, est entièrement enveloppée diins les arbres de son cimetière, et malgré le tertre sur lequel elle est assise , son clocher ne dépusse point les ormes qui l'environnent. La verdoyante végétation de la contrée et les abondantes plantations d'alentour auront sans doul« fait donner fi cette humble chapelle du grand évéque de Tours, le surnom des arbres, ad arbores. Rien de plus modeste que cet oratoire, que se partagèrent et se dispuli^rent parfois deux grandes puissances ecclésiastiques, l'abbaye de Pécamp et le Chapitre de Rouen.
De la première église, bâtie au iiii' siècle, il ne reste plus que l'arcade du chœur ou du crucifix, qui a été retaillée au r\'i» siècle et mutilée de nos jours. Le reste de l'édifice compte à peine deux cents ans et est du style le plus prosaïque que l'on puisse imaginer. Le silex est tout l'appareil, et les fenêtres carrées sont les plus laides que l'on puisse voir ' .
Avant la Révolution, cette paroisse possédait une célèbre confrérie appelée la Charité des Agonisants, dont les statuts et les prières ont été recueillis dans un tout petit livTC de 173 pages, approuvé par les docteurs en théologie et le vicaire-géné. rai de Rouen, le 20 février 1 654. Un seul exemplaire, conservé
taliriqae île Salni-Martin 11 reste aui nrcbivea dtparieregisire de fabrique île I7U0 k 177S.
au presbytère de Saint-Martin, est tombé entre nos mains. Les premières pages manquent, mais le titre qui reste est celuici : « £a con fratrie de la charité des agonizans instituée en l'église parroissiale de Saint-MartinratLX- Arbres, par Vauthoriié ds Monseigneur l'illustrissime et religiosissime archeuesqus de Rouen, primat de Normandie, sous le tiltre de NostreSeignewr agonizantet inuocation de Saint-Martin, patron de la dite église de Saint'Firmin, de Saint-Chien, SaintrMichel et Sainte-Barbe. » Les règles et statuts en furent approuvés par mandement de Tarchevéque de Rouen, François de Harlay, le 27 janvier <665. Le but principal de cette association pieuse et charitable, était surtout de porter et convoyer les corps des défunts à la sépulture, ds visiter les malades et assister ceux qui sont dans l'agonie de la mort, par prières et autres bonnes amvres, et par ce moyen se préparer soi-même à bien mourir. Rien de plus louable qu'une pareille fin, rien de plus édifiant que l'esprit chrétien renfermé dans ces saintes règles. Une pareille institution ne nous semble pas très-motivée aujourd'hui, mais que l'on se rappelle les pestes si nombreuses du xvii® siècle, et l'on verra que la religion trouvait un moyen de rattacher l'homme à son frère soufirant et même de le faire se dévouer a sa dépouille mortelle.
Saint-Martin-aux-Arbres, qui comptait 60 paroissiens en 4260, 94 feux en 1738, est aujourd'hui une succursale de 700 habitants. Autrefois ce bénéfice relevait entièrement du chapitre de Rouen. Dépendance féodale de la baronie de Saint-Grervais , il avait appartenu à l'abbaye de Fécamp qui l'avait cédé aux chanoines de la métropole ^ en y conservant toutefois quelques traits de dîmes. Grâce à cette concession, les délibérations quotidiennes du chapitre nous ont transmis les noms des curés et quelques détails sur l'histoire de cette paroisse.
En 1522, le 29 octobre, Guillaume Lecomte, chanoine de la cathédrale, ayant résigné sa cure, eut pour successeur Guillaume Quesnel, prêtre du diocèse de Rouen. Pendant son administration, en 1528, des réparations devinrent nécessaires au chœur de l'église. D'après les canons des conciles et la jurisprudence établie, les décimateurs devaient y pourvoir à leurs frais. Les religieux de Fécamp partageaient avec les chanoines de Rouen les dîmes de Saint-Martin. Ils s'entendirent pour partager la dépense, laquelle s'éleva à 50 livres tournois.
' Dupleuis, t. II, p. 636.
Guillaume Quesnol mourut on 1333. En 1 60i. discrète personne Jac.deBourdigat, chanoine delà métropole deRouen, conseiller du roy et maître en la cour des comptes de Normandie, originaire du diocèse de Lu^on, l'ut installé curé de Saint-Martin, n'étant encore que simple clerc. Il mourut le 27 fowier 1018. Remplacé par Martin You, nous voyons ce dernier, le 30 janvier 1620, demander au Chapitre, des secours pour faire lambrisser le chœur de son église.
Le 9 avril 1 6oS, le Chapitre nomme h la cure de Saint-Martin Pierre Bouteher, sous-diacre du diocèse, qui le 3 mai suivant prit en adjudication publique, pour la somme de 320 livres, toute la dtme du Chapitre, avec la charge ordinaire de nourrir les pau\Tes et d'entretenir le chœur et chancel. Quelques années après, en 1 660, quelques gentilshommes du pays, se prétendant droit de patronage honoraire, voulurent se faire inhumer eux et leurs familles dans le chœur de l'église de Saint- Martin. A cette nouvelle, le Chapitre prit l'alarme et fit «u curé défense expresse de soutTrïr aucune inhumation dans le chœur de son église.
Par acte passé au Chàtelet de Paris, le 26 mars 1 721 , M' André du Héquet, ayant renoncé à son bénéilce, fut remplacé par M" Pierre Deleau, prêtre du diocèse et maître ès-arts de l'Université de Paris, où il avait fait sa philosophie sous le célèbre Dagoumer. C'était un janséniste des plus incorrigihles et un appelant des plus intrépides ; comme tous ceux de son école, il vivait régulièrement et instruisait soigneusement son troupeau. Il mourut le 13 juin 17i9. îi l'ilge de 70 ans, et eut les honneurs du martyrologe'.
ECTOT-L-AU BER.
Ëctot, vieille dénomination saxonne que Duplessis croit signifier l'habitation du boU [Hague-Toi). s'écrivait au xi" el au xiii* siècle Ësquetot. Dans le dernier siècle la Dc*criplioH de la yormandie dit Equetot, la CarU du diucèse Hectot, el le ffoutmu Pouillé de 1738 Ectot, ce qui est aujourd'hui l'orthographe officielle. Le surnom d'Auber, qui n'existait pas encore au temps de saint Louis, où l'on disait Beata Maria dt Esijucun, lui vient évidemment d'un seigneur du nom A'Osbrri. Obéit
' f/ouvellei eccténailiquii ifainU 1751 . — fl/èrroloift rf« pltu crlrbrrg
iffciuTum » confftKurf <lc la vrritt i. m, |>. 210.
T. il. l(j
ou Auber, ce qui est tout un. La propriété féodale de cette paroisse relevait de la baronie de Sierville, antique allégeance de l'abbaye de Fontenelle; c'était à ce titre que le patronage de l'église était passé entre les mains des abbés de Saint-Wandrille» qui l'ont toujours possédé jusqu'à la Révolution i.
L'église de Notre-Dame d'Ectot, dont la fête patronale est la Nativité, est un pauvre édifice qui n'a rien que de prosaïque et de moderne. Au dehors c'est un tissu de morceaux cousus les uns aux autres sans aucun goût. Le chœur, du siècle dernier, nous paraît avoir été rebâti k la suite d'une visite faite à cette église, le 25 octobre 1740. L'abbé Terrisse, vicaire-général et archidiacre, ordonna alors de rétablir la clôture du cimetière et de refaire le pignon du chœur aux dépends ds qui il appartenait, c'est-k-dire des décimateurs ^. La nef paraît avoir été rhabillée de nos jours. Toutefois l'intérieur est propre et bien tenu. Les boiseries des petits autels sont de bonnes sculptures du temps de Louis XIV.
Dans le mur du chœur est encadrée l'inscription tumulaire
d'une châtelaine. La fondation est remarquable :
• Cy gisl le corps de haute et puissante dame Gabrielle d*Anglare de Savigni, veuve de messire Joseph de Boni fasse, chevalier seigneur de cette paroisse, Verville, Saint-Martin, le Saussey et autres lieux, décédée le
20 octobre (laquelle a fondé?) un salut tous les premiers dimanches
des mois et le jour de TAssomption une exposition du Très- Saint Sacrement pendant vêpres et le salut (vers 161(9). »
La pièce authentique constatant cette fondation était conservée dans les archives de la confrérie du Saint-Sacrement. Tous les contrats et registres relatifs à cette pieuse association, sont à présent réunis au dépôt départemental avec les comptes et délibérations de la fabrique de Notre-Dame d'Ectot, depuis 1681 jusqu'en 1740.
Lorsque l'archevêque Eudes Rigaud accepta pour la cure d'Ectot le prêtre Jean, présenté par l'abbé de Saint-Wandrille, le bénéfice valait 70 livres et comptait 75 paroissiens. En 1738 il y avait encore 99 feux, et à présent c'est une succursale de 600 habitants.
Cette paroisse d'Ectot-l'Auber a eu, au commencement du xv!!** siècle, la gloire d'être, avec Ouville-l'Abbaye, le berceau des Feuillants dans le diocèse de Rouen. Il nous faut raconter ici les circonstances de cette pieuse fondation.
» Duplessis, t u, p. 284 et 332. — * Arch dép., Trésors cl fabriques.
Le règne de Louis XIII est surtout remarquable par le mouvement religieux qui s'opéra parmi nous après les troubles de la Réforme et de la Ligue. De tous côtés on ne vit apparaître que des fondations religieuses. Les monastères se relevaient de leurs ruines, de nombreux couvents sortaient du sol de la France; des nuées de moines parcouraient le pays dans tous les sens» et des troupes de mendiants s'arrêtaient aux portes de nos cités. Dans toutes les villes, dans tous les bourgs, et parfois jusque dans les villages, on vit s'établir et s'installer des Pénitents, des Recollets, des Capucins, des Jésuites, des Carmes, des Minimes, des Oratoriens, de Ëudistes, des Carmélites, des Ursulines, des Annonciades et des Visitandines. Le vent soufflait à la piété de toutes parts et il semblait que le monde allait se dépouiller des biens de la terre pour les échanger contre les biens du ciel. Dans le seul diocèse de Rouen on vit sous les pontificats des Joyeuse et des Harlay (de 1600 à 1660) s'élever plus de 83 couvents, collèges, hôpitaux ou séminaires ^ .
Au milieu de celte ferveur générale qui avait saisira France -catholique, enfin émergée des agitations de la Réforme, un gentilhomme normand, d'une naissance distinguée et d'une piété exemplaire, Jacques de Civille, sieur de Dessus-les- Monts, et son épouse Marie Larchevéque, conçurent le pieux dessein de se consacrer entièrement au service de Dieu. D'un consentement mutuel ils rompirent, pour le Seigneur, une alliance qui n'avait été contractée qu'en vue de lui, union sainte et bénie que la mort devait dissoudre quebjues années plus tard, mais dont ils préparaient, par cette rupture passagère, la renaissance assurée et éternelle. En 1602, ils embrassèrent l'Institut des Feuillants, l'un à Paris, l'autre k Toulouse. Mais en entrant dans l'ordre, Jacques de Civille se dépouilla d'une partie de ses biens en faveur de sa nouvelle famille. Il donna à la congrégation la' maison et la terre qu'il possédait au hameau de Bunetot 2, sur la paroisse d'Eclot-rAuber.
En 1611, par la permission du cardinal de Joyeuse, protec^ leur déclaré de tous les ordres religieux, les Feuillants établirent à Bunetot un petit monastère sous le nom de Notre-Dame * de Nazareth, Cet humble asile ne persévéra pas long-temps dans cette campagne reculée. En 1621, les supérieurs en pro-
' GaUia chrisliana, t. xi — ^ Bunetot ou Bennctot.
noncèrent la suppression et réunirent les biens à la conimanauté de Rouen *, fondée par le maréchal d'Ancre et installée par M. de Harlay, dans le Collégenies-Bons-'Enfants, paroisse Saint-Vigor 2.
Après plus de deux siècles d'absence on conserve encore'au village le souvenir de ces bons religieux, dont la vie pauvre et fervente édifia dix ans ces campagnes solitaires et abandonnées.
HEVeiiETIliliE-ElV-CAlJX.
Heugleville-en-Caux est parfois surnommé le Mal-Assis, k cause d'une ancienne auberge de ce nom qui était située sur la route de Rouen à Saint-Laurent.
L'église de cette paroisse, dédiée à Notre-Dame, fut une fondation de ce XI® siècle où commença le grand mouvement architectural qui couvrit notre pays d'églises. Le clocher, en pierre tufière, est la seule portion qui reste de ces temps reculés, mais il a été tellement déplacé, modifié au dedans et rhabillé au-dehors, qu'il n'est reconnaissable que du côté de l'orient, où subsistent les cintres primitifs. La fenêtre qui reste est belle et travaillée avec soin. Je n'en dirai pas autant de la corniche qui est grossière et mal taillée.
Cette église, fondée d'abord au xi® siècle, fut refaite h nouveau au XVI®, et consacrée par un des évêques suffragants et vicaires-généraux de M^' d'Amboise. Tout nous porte à croire que le prélat consécrateur fut messire Toussaint Varin, archevêque de Thessalonique, ou Nicolas de Coquinvilliers, tous deux religieux Augustins de Rouen. Voici l'inscription lapidaire, en bouts-rimés, tracée en 1518, et maintenant sous une image de Saint-Augustin :
M L'an de grâce mil y<^« xviii
« Ainsi qu'il est ici escript,
« Lendemain de la Saint-Gervéis
« Le Jour semblable Saint-Protais,
(t Geste église ftit dédiée
« Qui Heugleville est appelée,
A De l'évesqae noble el bénin
« De Tordre de Saint-Aagustin,
(c Aussi le nom de thésauriers
« Et le caré de la ville. . . . 1518. »
' Cette translation fut complète en 1624, d'après les Archives du prieuré d'OuvilU. — ' Duplessis, 1. 11^ p. 82 et 83. — Gall, christ., t. xi.
- ai9 -
De cette riïjmratiuii importante, il ne nslu plus rmi atijour- (i'iiui. Le règne de Louis XV a tout effacé, des besoins d'agrandissement et d'ëclaireissemeot s'étaJeiil sans doute fait sentir, puisque en 1751 l'église fut refaite k nouveau et presque de fond en comble. De tout l'ancien édirice on n'a gardé que le clocher et encore on l'a beaucoup rajeuoi. Celte tour, jadis «utre chœur et nef, est à présent placée au midi du portail. Tout le reste fut refait sur de nouvelles bases. Une inscription placée dans le vaisseau principal, raconte ainsi cette révolution ,
■ L'an de grnce 17S4, teste église t éié ré«difi6e sous noble dame Marguerite Leuiauir, veuve de teu messire Charles d'SeugtevilIc, eMUfer, gi mcsairc Frantofs d'Ueuglevillc, leur 61), chevalier seigueur et patron bonoraire de ce lieu, et noble dame Marie-Jeanne Varin, Eon épouae ; l>am Philippe Boesiey, prestre, curé, chanoine régulier de l'ordre de Saint- AoguMin, H* MicolaB-CharleB Tbieullen, prettre vitaire do ce lieu, qui boc icriptil, etc. ■
Cette inscription nous montre que la cure d'Heugleville était régulière et desservie par un religieux. En effet, te prieur de Beaulieu présentait k la cure dès le iiii" siècle, et il avait le droit d'y nommer un de ses cbanoines, ce qu'il faisait trèssouvent, n va sans dire que le prieuré conservait les dîmes ; cependant d'autres monastères dtmaient aussi h ileugleville. Le NfUKtria pia nous apprend que la grande abbaye de Fécamp possédait ici un trait de dtme appelé le fief dé Fécamp, qui devint l'objet d'une contestation avec le prieur de Beaulieu. Cette affaire fut arrangée par une convention réciproque, datée du mois d'avril 1360, conservée dans les archives de Beaulieu et publiée par le P. Dumonstler, dans son histoire monastique de Fécamp.
Le s^gneur d'IIeugleville qui avait fait la donation du bénéfice aux cbanoines de Beaulieu, s'était réser\'â les droits honorifiques du patronage, aussi ses armes sont-elles sur l'église, mais sans ceinture noire. Le banc seigneurial était dans le chœur et il y est encore aujourd'hui. C'est peut-tïtre à leur générosité que l'on doit la belle boiserie qui surmonte l'autel. Les colonnes torses sont couvertes de vignes dont les raisins tont mangés par des pigeons, par des lézards, par des serpents, image de l'Eucharistie reçue par le juste et par le pécheur.
Heugleville comptait 90 paroissiens en 13G0 et 87 feui, en 1738, Aujourd'hui c'est une succursale de 560 habitants.
Les archives départenienlali'S pofisi''i1eiil plusieurs pi«n relatives h cette église. Quelt|ues-iities datent <le 1631 il 1690 On y trouve eiitt'e autres un beau j-c(;islre de fabri([ue, allani de 1673 îi la Révolution.
Ces mêmes archives départeiaeiitaies renferment , sur \m^m
paroisse d'HeuglevîUe, un fait tri-s-curicux pour l'bistoire r^t
gîeuse du pays pendant la Révolution. Dans les pièces itf^'^
Districts on lit, que le 26 février 1792, les municipHux d'Ilcu —
gleville dénoncèrent les arktocralci des communes voisines.^— ■ parce qu'ils quittaient leur paroisse et accouraient en foule iip=B^ tous eûtes il l'office du dessellant de Grosfy, prêtre réfractain^^^^' îi la loi, qui s'était mal comporté envers le sieur Saunier, curS^^*^ assermenté d'HeuglevîUe. Un dimanche ils arrivèrent i) Grosfy»- ^"■
après les vêpres, avec la garde nationale qui marchait en ur -~'
dre ; ils entrèrent Sans la chapelle, dressèrent procès-verbal— ^1 de ce qui s'y passait, et enlevèrent les vases sacrés des maiiis== * du sieur Tourtilte, prêtre non assermenté, qui célébrait dan^K^ s cette chapelle lointaine et abandonnée.
CuAPELLB BB SniNT-NicoLAs DK Ghosfï. — Puis(pie nou=L a avons nommé la chapelle de Saint-Nicolas de Grosfy, nou^ -s devons dire ce que nous savons de cette petite cure, ancienne— c succursale d'HeuglevOle. Le hameau de Grosfy ou Grosfay ,1— e gros hélre), est sur la paroisse d'HeuglevîUe. Une dévotio^^Ei» seigneuriale ou populaire y avait établi une chapelle renommé -r-ct en l'honneur du saint évéque de Myre. Elle datait sans dout^:^*^ de la fin du xi" siècle, époque de l'arrivée de ses rolîques e ~^- Occident. Il y existait une nombreuse confrérie de son non^crza Un registre allant de 1723 jusqu'à la Révolution, se voit au^Mt archives départementales, mais les pièces relatives k la fabriqi ^^^* ' sont conservées au presbytère d'HeuglevîUe. Cette chapcl^^^-' fut vendue par le district de Caudebec-Yvetot, le 23 septemb^^*"' 1795, et achetée 10,000 fr. par Charles Laine. L'oratoire r,^^» ' subsiste plus. On ne connaît h présent que le cimetière : ■'
c«ndre des morts est ici tout ce qui reste du passé. liE SAUSSEV.
Duplessis l'appelle Saussey-sur-Yerville, et Eudes Rigiu Sanctus Martinus de Sauceyo. C'est qu'en etfet, l'église t dédiée ^ Dieu sous l'invocation de saint Martin. Quand no l'avons visitée, en 1830, elle était dans un état désastreux.
veiiait d'abatU'e l'intérieur des murs du chœur pour en diminuer l'épaisseur, opération déplorable et qui faisait peur k voir. Le chœur que l'on écbarpait uinsi était de >ieux silex déjh restauré au ïviii" siècle. La nef m'a paru relevée vers cette même époque, et le portail un peu auparavant. Toutes ces opérations en ont fait une église sans caractère.
l^ matlre-autel est une vieille maçonnerie h qui le goût moderne fait grâce, parce qu'elle se cache sous une chemise de sapin. Le clocher est une flèche d'ardoise élancée sur le tott de la nef et que l'on voit de bien loin.
Le Saussay comptait ii paroissiens sous saint Louis, et S3 feux sous Louis XV, à la présentation du seigneur. A présent c'est une succursale de 330 habitants.
Les titres de cette église se trouvent aux archives départementales. Ils consistent dans des pièces relatives aux biens de la fabrique, aliénés comme les autres au commencement de la itévolution.
SAIIVT- VI CTOR-L A-CAM PAdlVE.
Cette église, fort joliment tenue, est entourée de murs d'un cAté et de l'autre de beaux arbres qui couvrent do leur ombre les tertres tumulaires des aieux.
Elle fut bâtie primitivement au xt* siècle, avec du silex et de la pierre tufière, matériaux ordinaires de ce temps dans »olre pays. De cette époque reculée il ne reste que le portail principal , cintre légèrement brisé , et ie cloclier placé «ntre cliœur et nef. Cette construction est fort grossière et les ouvertures sont faites sans aucun soin. Le reste de la nef a été remanié et pour ainsi dire refondu au xvii" siècle, ainsi qilo le «liceur. La sacristie seule a été ajoutée à la fin du xvni*.
Le seigneur du lieu a toujours été patron de la cure et cela, dit le Bénédictin qui commença l'histoire de nos églises, k cause du fief du Plessis. Ce devait être un très-grand personnage dans ces derniers temps, car on trouve doux litres sur les murs de la nef, ce qui ne s'accordait guères qu'à un duc et pair.
Le chàlcau de Saint-Victor, qui est une belle construction moderne, est situé loin de l'église et appartient k M. DessoUiers. Mallieurensement il a perdu ses belles avenues de hêtres, si cbëres à nos ch&teaux cauchois.
Ail xti' aii'clo le propriétaire de la terre de Saiut-Victor-«o-~3 CHmpagne (in Campanift) était Adam de Guettevilte, éGuyer^J dont le lils GuillRumâ de Guelteville, présenta h l'archevéqued Rrgaud, le prêtre Guillaume pour curé.
C'est peut-être encore le cltiltelain de Saint-Victor qui aonl donné à l'église, vers 1690 ou 1700, une superbe coDlre4able, en bois sculpté, k colonnes corinthiennes torses, couvertes àé vignes et de raisins que mangent des colombes et des serpents. T Le tabernacle est une très-jolie boiserie sculptée , comme on J savait la faire sous Louis Xllt.
Salnt-Viclor , de l'ancien doyenné de Pavilly, comptaitJ 95 paroissiens en 1S50, 51 feux en 1738. 49 en 1 820 : à présent c'est, avec les réunions de Frettemeule et d'Ancretiéville, une succursale de 533 habitants.
Les archives de cette église sont au dépOt départemental de la préfecture de la Seine-Inférieure. Dans la section des trésors et fabriques, on trouve une liasse considérable qui renfermai des pièces nombreuses sur papier et sur parchemin. Ce soati pour la plupart des aveux, des fondations et des titres de rente I qui remontent jusqu'à 1681, 1648, 1613, 1612 et 1588. Lesre-1 gistres de la fabrique ne vont que depuis 1750 jusqu'au 19 gep-1 minai an ii.
AncRGTiSviLLE OU Ahqubtierville-l'Esneval. — Sur laplai entre Frettemeule et Sainl-Victor-la-Campagne, fut autr " la paroisse d'ADcretiéville-l'Ësneval, ainsi surnommée parcfrfl que la terre appartenait aux fameux d'Esnevul, châtelains àùM Pavilly. Cette pauvre église, supprimée k la Révolution, tombe! en ruines depuis dix ans. On parle toujours de la rétablir,! mais on attend sans doute qu'elle soit complètement tombée, f
Auxarchives départementales, Ancretîéville-rEsuevalcomptft'l un registre de fabrique, de 1782 à 1793.
On trouve dans le chartier du château des d'Esneval, ij Pavilly, un très-beau registre intitulé :
" Papier- terrier de la pemisse d'Ancreiiéfille, inerabre de la bironie el ^ vldamlc d'Esneval, apparicnanl A baut cl puissant seigneur Espril-RoberUMarie Leroux, dieralier, birou d'Esneval, vidamc de NormiiidJe, chllelaiD de Pavillr. seigneur, cliMelaia et patron de ViI1er»-Ifr4IbtiDbellau, Gcnlei, Nérlltc, Lahay, les i^, etc., dressé en 1775. ■
Le seigneur-patron de cette paroisse fut le châtelain de^ Pavilly, qui se désista de ce droit en fondant la léproserie d^
PavUïy, confiée alors à des réguliers, protiabk-meiit des chanoines. Au temps An Rigimd le patron à' AngretiéciUe était le prieur de la maladerie ; mais comme la cuve vint k vaquer dans un moment où il n'y avait pas de prieur, Rigaud reçut Guillaume Bourgeois, h la présentation des lépreux. Le bénéfice sloiï valait 40 li\Tes et comptait 60 paroissiens. Au ivi" et au ivii* siècle le droit de présentation était passé h l'administrateur de l'hôpital de Pavdly ; mais en 1 70i et en 1 738 ce privilège était i^veuu aus chAtelains d'Esneval, comme vidâmes de Pavilly. A cette époque la paroisse comptait 58 feux. H y en avait encore 66 en ) 823, quand elle fut réunie ii SainlrVictorla-Campagiie, pour ne former avec elle qu'une succursale sous le nom d'Ancretié ville-Saint- Victor.
PHETIBMEULS.
Frettemeule tire son nom d'une ancienne industrie qui ne peut être que des moulins-îi-vent. De vieux titres l'appellentde Practo-itolendino ou de Fractâ-MoUl, c'est ce dernier nom c|ue lui donnent le pouillé d'Eudes Rigaud et le cartulaim de Saint-Wandrille '. L'église, entourée d'une litre armorién, fut toujours il la présentation du seigneur du lieu ^, qui a donné la contre-table en bois, laquelle porte sur plusieurs points le sceau de ses armes.
Cette petite église, dédiée aux bienheureux apdtres saint Pierre et saint Paul, renferme quelques débris tufiers du XI" siècle, mais le pignon de l'ouest a été refait avec de la brique en 1621, et la nef a été complètement rajeunie vers la lin de ce même siècle. Ce fut aussi sous Louis XIV que l'on remania le chœur originairement construit au xii* siècle,
Frettemeule, de l'ancien doyenné de Pavilly, n'a plus do prêtre depuis long-temps : c'est maintenant un simple hameau de la succursale d'Ancretiéville-Saint-Victor. En 1250 il y avait 24 maisons, en f73S, 33 feux, et 18 seulement en 1820, époque de la réunion.
Au dépôt des archives départementales on trouve trois registres concernant l'ancienne paroisse de Fretlemeale. Ce sont d'abord deux registres des comptes et délibérations de la fabrique, allant de 1705 k 1731, et de 1736 fi 1783, puis les
' Engaerranilu» de FracU-MoU. — Cartuliire, p. 2,005. — ' Ea ISBO r'éiilt 1c leignenr d'Eaqueiul.
statuts de la confrérie de Notre-Daine-de-la-Délivrance, érigée dans l'église de Saint-Pierre de Frettemeule, et approuvés en 1664 par messire Charles Dufour, abbé d'Aunay et vicairegénéral de M«' François II de Harlay, archevêque de Rouen.
OU TIIiliE-Ii' ABBAYE.
§ I®^ — L*ÉGUSB PAROISSIALB.
De toute l'existence ecclésiastique d'Ouville, Téglise paroissiale de Saint-Martin est tout ce qui subsiste. Elle a vu naître et mourir l'abbaye. Elle fut le premier monument de la religion de ce peuple, elle en sera le dernier. Elle a présidé à son berceau, espérons qu'elle bénira encore sa tombe.
Née à une époque où l'on commençait à défricher les plaines et où le culte de saint Martin se répandait dans toutes les Gaules, elle fut placée sous la protection du château dont l'élégante demeure l'avoisine encore d'une &çon si gracieuse. Placée au centre du village, entourée d'avenues de hêtres, coudoyée pour ainsi dire par le presbytère, l'ancien vicariat et un gentil castel Louis XV, sa position est plus intéressante que sa construction même. Car, hâtons-nous de le dire, l'église actuelle d'Ouville est très-insignifiante. Elle n'a rien gardé de l'édifice roman de 1187, ni du monument ogival rebâti par les chanoines. Elle est indigne d'une population nombreuse et prospère et d'une communauté d'habitants à qui les moines ont légué, dans trois foires, un revenu annuel de 3,000 fr. Espérons que la commune sentira le besoin de rendre à l'église ce qu'elle tient de l'église.
Du temple d'avant la Révolution il ne reste qu'une portion de la nef et le clocher, corps-carré en brique , bâti au portail vers 1655, si j'en juge par l'écusson seigneurial dont il est signé. C'est le même que celui du baptistère, grosse cuve de pierre armoriée de 1645. Le chœur absidal et les deux chapelles carrées qui l'accompagnent, ont été construits en 1836- 37, à cause de l'accroissement considérable de la population i. Du reste M. l'abbé Gueroult, curé d'Ouville à cette époque, a pris la peine de nous transmettre, sur le registre de la fabrique, les motifs et les circonstances de cette reconstruction. Nous
' La paroisse^ d'Ouville, detrancien doyenné de Ganville, coropUit 90 feux en 1738, IM feux ou 648 habitants en 1820 : aujourd'hui c'est une succursale de 950 âmes.
lui savons gré de son écrit, ({uoiquo nous {>;(iùtiuiis peu son oeuvre.
Voici en quels termes s'exprime l'excellent curé, décédé en i8H, à Tàge de 40 ans, dans la pleine jouissance du fruit de ses sueurs : « L'agrandissement de l'église d'Ouville-l'Abbaye, devenu si nécessaire à cause de la population, a été enfin réalisé par le concours de la générosité et de l'union des habitants. Pour perpétuer le souvenir d'une si bonne œuvre et laisser k l'avenir un exemple efficace des sentiments qui l'ont déterminé, le conseil de la fabrique d'Ouville a décidé, que dans le présent registre de ses délibérations, il serait fait une relation des noms des bienfaiteurs et de ce ({ui a eu le plus spécialement rapport à la construction des chapelles et du sanctuaire de cette église, comme aussi de la bénédiction qui en a été faite le lundi 19 décembre 1837 ■. 22 prêtres assistaient k la cérémonie qui fut présidée par M. l'abbé Bobée, curé-doyen d'Yvetot. »
Comme on le voit, l'histoire de l'église d'Ouville est un peu plus intéressante que l'édifice lui-même. C'est le cas de beaucoup d'antres. Combien de pauvres églises rurales en brique ou en silex que l'homme du monde regarde avec pitié ou avec dédain , nous toucheraient jusqu'aux larmes si nous connaissions tous h s dévoûments et tous les sacrifices ensevelis sous ces muettes pierres. A ce propos nous ne devons pas oublier la cloche du poids de 1 ,000 kilogrammes, fondue par Cartenet, et nommée par M. le comte de la Myre et M"«de TEscaude, chûtelaine actuelle d'Ouville. On retrouve ces honorables noms sur toutes les cloches du voisinage, non par privilège féodal, mais k titre de bienfaisance. Le maîtreautel en chêne, vient de Doudeville. C'est un meuble du temps de Louis XV, ainsi que les six chandeliers de cuivre, marqués à Timage de Saint-Michel. L'horloge vient de l'abbaye et a été placée au clocher paroissial kla Révolution.
Enfin cette paroisse possède deux confréries encore pleines dévie. La première est celle du Saint-Sacrement, fondée de temps immémorial, et à laquelle on a ajouté, en 1788, celle de Saint-Mein, dont la fête, célébrée le 15 juin, attire beaucoup de pèlerins. Toute l'année on y voit venir une foule de malades. La seconde confrérie est celle de Sainte-Clotilde, établie
* Archives de la fabrique d'Ouville, déposées au presbytère.
en 1764, par M. Saillot, curé de la paroisse. La confrérie de Sainte-Clotilde fut accueillie avec enthousiasme , tous les bourgeois et cultivateurs du pays s*y enrôlèrent. Grand nombre de personnes en font encore partie. La sainte épouse de Clovis est devenue la seconde patronne de la paroisse; sa fête a lieu le 3 juin avec grande pompe et son image , couronnée et fleurdelisée, brille sur les autels.
Nous ne devons pas oublier le zèle de M. le curé actuel d'Ouville pour son église et les fêtes qu'on y célèbre. M. l'abbé Gourgechon aime la musique religieuse, et il a été assez heureux pour inspirer cette innocente passion à plusieurs de ses paroissiens. A force d'efforts et de persévérance ce prêtre zélé a formé un chœur de chantres et de musiciens, qui, par leurs voix et leurs instruments, relèvent l'éclat des cérémonies et ajoutent à la piété des peuples. Aussi c'est avec plaisir que nous lui donnerons l'éloge de la Sainte-Écriture à David, que l'Église applique au grand saint Grégoire : « Stare fecit cantores contra altare et in sono eorum dulces fecit modos : et dédit in celebrationibus decus ^ »