IL — LE PRIEURÉ
Une abbaye sur les plaines et loin des eaux est une chose rare dans notre Normandie, toute coupée de frais vallons et arrosée de mille ruisseaux. Aussi Ouville est presque la seule aussi sèchement placée dans tout ce diocèse de Rouen, qui compta tant d'établissements religieux. Les monastères de Sainte-Catherine, de Saint-Victor, du Mont-aux-Malades et des Deux-Amants, perchés sur des collines, voyaient couler des fleuves à leurs pieds, ou s'ouvrir sous leurs tours de profondes vallées.
Selon nous Ouville n'était primitivement qu'une forêt ; suivant les étymologistes c'était un terrain marécageux, couvert de joncs et de glaïeuls. Toutefois à force de sacrifices, de sueurs et de travaux, cette lande est devenue une culture, cette terre un jardin, ce sol un village couvert d'habitations. A la fin du XII* siècle ce n'était encore qu'un faible hameau, lorsque Guillaume d'Ouville, seigneur du lieu, établit, dans un sd^aissement de terrain, une maison de chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin ^.
' Ecclesiast. c. 47, v. 11 et 12. — Office de Saint-Grégoire, le 3 septembre. — ' Circa annam 1009, dit le GalUa Chrisliana, t. x, p. ITT.
Comme dans la plupart des maisons religieuses, de mystérieux nuages eQtour^^e^I le berceau du prieuré d'Ouville. Udc traditiuu locale prétond que la maison première ait été fondée à Boudeville. Une autre, recueillie par Duplessis, veut que l'ancion monastère ait été double, c'est-à-dire, qu'il l'exemple de Pontevrault, il y ait eu des hommes et des femmes. Nous pensons que c'est là une erreur de la tradition, qui aura confondu l'abbaye avec un hospice de lépreux, desservi en 1273 par des frères et des sœurs, comme le dit une charte citée par M. Guilmeth 1 : ■ fratreu et sorares in dtnru) su4 de OoDilld. » Mais il s'agit ici d'une maladerie et non d'un prieuré.
Si le monastère naissant fut pauvre comme le gentilhomme qui l'avait fondé, un roi puissant le prit bientôt sous sa protection. Philippe- Auguste, devenu maître de la Normandie, se déclara le père des pauvres chanoines. Comme monument de sa victoire et comme souvenir de son passage, il leur donna âO acres de bois à Etalieville, et 33 acres de terres labourables dansdiversesparoissesdu pays de Caux. Suivant toute vraiseml>1ance ces paroisses étaient celles de Crosville, de Lindebeuf, de Pretot, de Reuville et du Saussay. Car dans les archives du prieuré nous voyons une foule de pièces relatives aux biens que possédaient les religieux dans ces différents vUlages ^. Le roi y ajouta le privilège de deux foires annuelles, & la Saint- Hathias et h la Saint-Michel. Ces foires se tiennent encore aujourd'hui dans un champ voisin de l'abbaye. Depuis la Révolution elles appartiennent à la commune, qui en lire un bénéfice considérable. Tous ces biens, émanés de la générosité royale, firent considérer Philippe-Auguste comme le véritable fondateur du prieuré d'Ouville. Les chanoines aimaient ît rappeler son nom dans leurs actes autant que dans leurs prières*. Différents seigneurs du voisinage se montrèrent généreux envers le prieuré, de ce nombre on cite Gilbert d'Ouville, seigneur d'Autigny, qui, vers 1207, donna au prieuré de son frère le patronage et les dîmes de Saint-Martin-d'Autigny. Pendant la période canoniale, des religieux d'Ouville desservirent cette église, ainsi que Saint-Marlln-d'Ouville qui leur venait du fondateur lui-môme.
■ DMcr, dM(irmnd.,-t. n, p.*i3, — ' Areb. déD«r(. — PrJvuré d'Ouville. — > Psrin, Hîil. de Boum. v> pariir. p. 01. — Bonnin, Krgat. vûil.. - Ouplesti), 1. I", l>' 16' . — Cuilnielh. l, li, p. 419.
Un (ifS plus signalés bienfaiteurs fut Robert de Pardieu, sieur de Boutteville et de Montebourg, dont la statue sépulcrale orna long-temps l'église et est encore le plus précieux re^te du monastère. Dans le jardin de M. Plichet, qui fut autrefois Tenceinle monastique, on voit cette statue funèbre poser sa tête sur un oreiller de pierre, qui s'incline doucement sous le poids de la mort; malheureusement la tête est détachée du tronc et il serait aisé de l'y réunir. Les cheveux sont roulés, un petit bandeau passe sur les yeux, une robe longue couvre le corps et se termine en haut par une collerette de mailles. Les mains sont enlevées, l'épée cassée, il ne reste plus que les gantelets suspendus avec une chaîne et un long écu terminé en pointe du côté gauche. Cette statue doit être du xv* siècle, puisque Robert de Pardieu mourut le 27 novembre 1418. Le chevalier était accompagné de son épouse Anne Dusel, couchée pieusement près de lui, les mains jointes et la face vers le ciel. On nous a dit que cette dernière image funèbre, enlevée à la Révolution, se voyait encore au bout de la grange de M. Auvray, au hameau de Caltot sur Saint-Laurent-en-Caux.
Les seigneurs et d'autres encore durent donner aux chanoines les églises du Vert-Boscet de Pretot-la-Taille, auxquelles le monastère présenta jusqu'à la Révolution. Tl semble que le pauvre prieuré ait porté malheur aux quatre églises qu'il a possédées, car l'une d'elles est détruite et les trois autres sont sans prêtres.
Au milieu du silence de l'histoire sur notre humble prieuré, en l'absence d'archives dispersées par les guerres ou consumées par les incendies, nous invoquerons ici comme toujours la grande lumière des Visites pastorales. Pendant les vingt ans de son infatigable épiscopat, Rigaud visita quinze fois le prieuré d'Ouville, et toujours il nous apprend sur lui quelques détails intéressants. Généralement il y venait de J.ongueville ou en descendant de l'AJihermont. Nous ne saurions rien faire de mieux que de suivre pas à pas le zélé pontife dans son inspection ecclésiastique, jamais nous ne serons en meilleure compagnie.
Sa première visite nous manque avec le premier feuillet de son journal. Lui-même nous dit que le 10 des calendes d'octobre 1248, il vint à Ouville pour la seconde fois, et trouva le prieuré dans un triste état. Le prieur, rebelle aux am que lui
fSbXe Eudiïs Clément.'i le mal. il s'absentait constatnnieiit et il tiutit même liars de la maison le jour du passage de l'arc lievéque. Informé du mécontentement de son supéni^ur, le malheureux courut après lui jusqu'à Longueville, et lÀ il lut lit les plus belles promesses l't jura (le donner sa démission si l'on entendait encore mal parler de lui > .
Le jour des calendes de décembre 1 2i9 Rigaud s'informa de IVtat matériel de la maison, on devait 180 livres, mais pour y faire face on avait 400 livres de rente. Rigaud satisfait de cette enquête passa au moral. Il défendit aux chanoines de parler au\ séculiers sans la permission du prieur. Puis il fit mettre dans une cellule ou un cachot le chanoine Jean Gallois «jui avait quitté sept fois l'habit. Il voulut qu'on lui donndt quelqu'un pour chanter ses heures, et ordonna que s'il sortait une seule fois, il fût chassé de la maison et de l'ordre '. Le IV (les nones d'octobre 1251, Rigaud trouva neuf chanoines k Ouville, ils étaient ordinairement treize, trois étaient dans leurs prieurés et un ft iteaulieu. I^ saint pontife raconte que ces religieux faisaient la fdte de la dédicace de leur église, qui pourtant n'avait point été consacrée, chose estraordiiiaire k cette époque et qui prouverait presque qu'elle était ji peine achevée. Comme ils tenaient rarement chapitre, il leur ordonne ài: s'y rendre, sous peine d'i>tre mis au pain et it l'eau. Enfin, il veut qu'on lise la r^gle au réfectoire au moins une fois la semaine >.
En 1252 et en 1253 tes visitas sont moins chaînées, ce qui proaverait que la maison n'allait pas trop mal.
Le ni des calcndrs de janvier 1237, se rendant de Valmonl à son manoir d'AlihermonI, Rigaud passe par Ouville où il trouve dix chanoines, tous prêtres, il l'exception de deux. Il les reprend de ne pas tenir chapitre. Mais en revanche le saint pontife note en leur faveur qu'ds donnaient l'aumône tous les jours et k tout venant : « quÂlihel die semel datur eleemosyna omnibus venienlibus ad eam *. » Espérons que l'auroônc qui couvre la multitude des péchés aura racheté auprès de Dieu les petites iniquités portées au registre du sévère pontife. Les bonnp-s œu\Tes vivent aussi Irès-long-temps dans la mé- ' BfjMl. liiif. |j 10, — ' Iliiil., |i 34 — '- lliiil.. p. no. - ' Ibid.,
moire des liomiikis, car on montre encore à OmrîDe la Parie dé! l'aurn^M où les (iau\Tes se présentaient chaque jour. Cest Ufi petit guichet par lequel un religieux passait au mendiaiit le morceau de pain ou Tobole de la charité.
On nous a encore cité k Ouville une aumône curieuse. Le Jeudi-Saint les moines avaient {l'usage de laver les pieds à treize enfants pauvres, et après la cérémonie on leur donnait un pain et un hareng.
VjEt v des ides de janvier 1259, Rigaud coucha dans la salle liante du prieuré d'Ouville, ainsi que M^ Jean de Nointel, son archidiacre. Le lendemain il prêcha dans la salle capitulaire \ii% onze chanoines et les trois frères convers, leur recommandant le silence et la correction fraternelle; il ordonna au prieur de tenir régulièrement le chapitre et de visiter les coffres et les cassettes des chanoines. Au point de vue matériel ils étaient très-bien pourvus de tout '.
Le xviii des calendes de février 1260, Rigaud arrive de nouveau, et le XVII il visite le prieur, les deux chanoines, et or^ donne de placer les reliques hors du chancel, afin que les séculiers ne passent pas devant les chanoines en allant les vénérer 2.
Dans les dernières Visites, Rigaud parle des livres et de la bibliothèque du prieuré '.
Après les Visiter pastorales nous retombons , comme toujours, dans le vide et dans Tinconnu. Pendant le cours du XIV* siècle, si funeste à la vie religieuse et au bonheur du monde, notre prieuré dut grandement décliner. En 1448, il vit la cérémonie funèbre* de Robert de Pardieu, dont nous avons déjà parlé et qui fut inhumé dans le chancel. Le lendemain il tombait entre les mains des Anglais. Mais ces ravageurs impitoyables épargnèrent peut-être Ouville, que leur roi prenait sous sa protection ; car tandis qu'une soldatesque indisciplinée pillait les châteaux et les églises, le prince affectait de prdtéger les prêtres et les abbayes. Nous avons les preuves de ce système de protectorat dans des chartes et lettres-patentes accordées aux églises de Caudebec et de Saint- Maclou de Rouen. Nous pensons même qu'il entrait dans la politique de ce conquérant ambitieux de se montrer bienveil-
* RegtsL visit,. p 353. et 351. - ' Ibid , p 385. - ' Ibid., p. 432, 473, 519, 565. 601 et 629.
lant envers les établissements secondaires et de caresser Tamour-propre des prieurés en les décorant du titre d'abbaye. C'est ainsi qu'il fit envers Ouville et Loiigueville-la-Ginard '. Trop heureuses ces maisons si elles purent, a ce prix, éviter le pillage organisé dans le pays de Caux par les bandes anglaises; plus heureuses encore si cette chétive faveur, elles ne l'achetèrent jamais par quelque faiblesse ou quelque forfaiture à l'endroit de Thonneur national 2.
Ce serait donc à des lettres-patentes de l'usurpateur de la France que le village d*Ouville devrait le surnom qu'il porte aujourd'hui , surnom du reste si populaire qu'au lieu de dire, comme autrefois, Saint-Martin-d'Ouville, la foule et l'autorité disent et écrivent constamment Ouville-l' Abbaye. Le peuple ▼a môme jusqu'à dire VAbbaye d'Ouville, lorsque, depuis un demi-siècle, le monastère ne subsiste plus.
Tout nous porte a croire qu' Ouville fut ravagé par les Bourguignons de Charles-le-Téméraire , qui brûlèrent Arques, Saint-Valery , Auffay, Clères, Saint-Saëns et tant d'autres bourgs et villages de nos contrées 3. Les troubles de la Réforme et les guerres de la Ligue firent beaucoup souffrir cette malheureuse maison, déjà tombée en commande dès 1354 '*. Les protestants y entrèrent à main armée en 1562, et l'année suivante un chanoine de la maison qui avait quitté l'aumusse pour la cuirasse, enleva tous les titres et papiers qu'il vendit à vil prix aux parties intéressées ; ce qui fit que l'ablKiye perdit tout-à-coup les rentes ou redevances qui constituaient sa ressource principale ^.
De io89 à 1594, pendant les guerres de religion, le cloître fut occupé par des hommes de guerre. De Chattes et Fontaine- Martel en tirent le théâtre de leurs exploits. Le mal fut poussé à un tel point qu'en 1596 la maison tombait en ruines. Les gens du pays enlevaient impunément et à leur gré les portes, les fenêtres, les serrures, le plomb, le bois et même les tuiles du tolt^. Il est évident que le prieuré expirait et qu'il fallait Un miracle pour le ressusciter. Fort heureusement une ère
* Goilmeth, Description, etc., t. n, p. 420. — Duplessis, t. i, p. 168*
*— ' Pierre Boatren, prieur de LongueviUe, Tut un des trois juges iniques
«le Jetnne d*Arc. — ' Guilmcth, t. n, p. 420. — * Duplessis, t. i, p. 168.
— Guilroetb, 1. 11, p. 420. — ' Ouplcssis, t. i, p. 168. — Guilmeth, f 11,
p. 420. — « Duplessis, 1. 1, p. 167. — Guilmolli, t. 11. p 121.
nouvelle allait s'ouvrir pour lui. Les chanoines disparaissent, mais les moines arrivent , et avec eux commence une seconde vie.
La paix venait d'être rendue à la France. Une religieuse faveur allait travailler le monde. L'Europe catholique se couvrait de couvents et d'abbayes. Une puissante réforme se montrait à l'horizon du ciel monastique. Le monastère de Feuillant, près Toulouse, de la grande famille de saint Bernard, fut un des premiers à donner l'exemple. Sous la direction du vénérable Jean de la Barrière , il commença une nouvelle vie, dans les dernières années du xvi« siècle. Dès 4600 la Normandie connut cette heureuse et sainte entreprise, et elle résolut de se l'approprier. Jacques de Civille et sa femme, nobles et pieux Cauchois, se firent Feuillants, et plus tard fondèrent à Ectot-l'Auber, la maison de Nazareth.
Daniel de Boyvin , d'une famille illustre de Normandie , prieur-commandataire d'Ouville, eut l'heureuse idée d'introduire la réforme feuillantine dans son prieuré canonial , qui mourait de langueur et d'inanition. Pour arriver plus sûrement à son but il fit mettre la maison en bon état, afin que les nouveaux hôtes n'eussent pas la moindre objection à faire. Il consacra à cette œuvre 2,000 écus. Puis en i604 fl se démit de son bénéfice en faveur des enfants du vénérable Jean de la Barrière. Par ses démarches et ses instances il obtint la démission du peu de chanoines qui composaient la communauté. Muni de l'autorisation de l'archevêque de Rouen, il se fit délivrer par le roi des lettres-patentes en \ 602, et une bulle du pape en 1603. Tout étant ainsi terminé il introduisit lui-même les Feuillants dans la maison, le 27 juin 1603 ^ Il était temps, car le généreux bienfaiteur mourait à Rouen l'année suivante^.
Les bons religieux, ses enfants et ses héritiers spirituels, n'ayant pu obtenir de sa famille qu'il reposât au milieu d'eux, voulurent du moins honorer sa mémoire. Le digne gentilhomme leur avait légué son cœur, selon un usage commun de ce temps-là. Ils le reçurent avec un vif sentiment d'amour et de reconnaissance, et le placèrent dans le sanctuaire même de l'éghse. En souvenir de cette sainte relique ils appliquèrent sur un des piliers de la balustrade du grand autel une table de
' Duplessis, t. 1, p. 168. — Guilracth, t. n, p. 421. — > Farin, partie t, p 51, édit. in-i>.
^^Hntre sur laquutlo était gravée l'inscriplion sun-fll
glt le coîur de noble et vtTlueux seigneur Daniel ilc Hiijvlri, seigneur et chilteUin de Cnnonville, Claville, Crosville, TnmviJIf, Bois-Guilbert et Flamanville, conseiller du roi, mallrc d'Iiàtel ordinaire de S. M., et trésorier général tie France, lequel pour le grand zèle qu'il avait au bien de l'église et avancement de la foi catholique on cette province de Normamlie, a tant porté de faveurs aux l'eligieux Feuillants que par son moyen et libéralité ils ont été premièrement introduits et instalez en la maison de céans. Il décéda en sa maison k Rouen, l'an 43 de son âge, le 33 de décembre IGOi, et fut son coi'|>s inhumé au sépulcre de ses majeurs, en l'église de Salnt- Cande-livjeune audit Royen. Priez Dieu pour lui ». » I Toutefois M. de Boyvin n'avait pas renouvelé la maison I tout entière. Les Feuillants, une fois installés, s'occupèrent de compléter la restauration qu'il avait commencée. Vers 1645, ! ils refirent le cloître et le dortoir. [Mais leur situation s'é- ' tait tellement améliorée sous Louis XIV, que vers 1690 ils (irojetèrent, pour leur église, une magnilîque contrc-tuble en bois dont le dessin existe aux archives départementales. Noum ' ignorons, pourtant, si ce plan fut jamais réalisé, On avait ft- , ^ré sur le rétable un saint religieux et un saint (îvt^que, proliablement saint Bernard et saint Martin. L'église, cependant, ^taXt dédiée h Notre-Dame, mais il est vraisemblable que le ^rand tableau du milieu devait représenter un des mystères de Marie.
Ce qui dut donner un peu de prosjiérité Ji la maisoii d'Ouville. ce furent les fondations pieuses, les exercices qui s'y faisaient et surtout les saintes reliques. Parmi les fondations de l'ordre on cite celle du maréchal d'Ancre, en I fil 7; elle s'élevait, disent les archives d'Ouville, à la somme énorme de 209,000 livres >. La maison de Paris partagea ces biens avec celles des provinces. Les Pardieu. les Monchy, les Villequier, en se faisantjnliumer dans le monastère, eurent soin de se poun'oir de messes, d'ubîts et de prières.
Les archives nous apprennent que les religieux' d'Ouvilli-
avweot, envers le Saint-Sacrement, une piété particulière qui
se manifestait par des associations et des cérémonies. Ils mul-
' Firin. Bill, de Riiueu, parlie v, |> .tl — ' [biil.. \iari\e v), p, 120. —
~ mi —
(iplièrent tant les processions et les expositions, queTarchevê- (|ue Colbert défendit d'exposer le Saint-Sacrement sans avoir an moins six cierges allumés en dehors de Voffice public et plusieurs ecclésiastiques assistant en habit de chœur.
Nous avons vu plus haut qu'au xiii® siècle, les religieux tiraient grand parti de leurs reliques, fort vénérées par les populations. Au xvii® le nouveau monastère suivit les traces de l'ancien. En 1659 il se procura des reliques de saint Maurice et de la légion Thébenne, qu'il fit venir de Tabbaye dePigneroi, en Italie. Déjà il possédait celles de saint Zenon. Ces reli- <|ues étaient vénérées à jour fixe et dans certaines fêtes indi- (|uées parles bulles, les rescrits et les chartes. Ces jours-là on plaçait à la porte de l'église un tableau d'indulgences.
Tout cela entretenait la piété dans le pays, mais quel malheur que cette maison de prières, destinée à sanctifier la contrée, l'ait parfois scandalisée et induite en erreur par ses fausses doctrines et son esprit de révolte. Ouville, sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, devint un foyer de jansénisme; tous les religieux en furent infectés, et le chapitre général en fit le Botany-Bay de l'ordre pour les religieux insoumis. On vit ici comme dans tout le reste de la France, des mutations perpétuelles et des déplacements sans nombre, de brusques changements, des départs et des arrivées mystérieuses, en un mot, des pérégrinations continuelles et sans fin. Sur tous les grands chemins de la France, c'était un croisement incessant de religieux de toute province, de tout ordre, de toute couleur.
Qu'on enjugepâr la seule vie de dom Denis (Berthod),de saint Bernard, religieux Feuillant, mort à Rouen, le 26 octobre 4744. C'était un homme pieux ot savant, un prédicateur éloquent et un théologien distingué. Il ne lui manquait rien pour être une des gloires de son ordre et une des lumières de l'Église. Mais, entêté janséniste, il persévéra jusqu'au bout dans son appel et son réappel, et fit de la propagande jusque sur son lit de mort. Telle était, du reste, le caractère de cette étrange et subtile erreur, qu'elle égarait les hommes par l'excès même d'une certaine perfection, et que marchant escortée de l'autorité du savoir et de l'austérité de la vie, elle était capable de séduire les élus, s'ils avaient pu l'être ^
' LeUre pastorale de M. ParisU, évêque d\4rras. — L'Ami de la Religion, du 30 octobre 1851 .
Ausbi laoldt laCoui', taiitAl ses supérieurs, âreiit voyager l'indocile religieux de tnulson eu maison, de résidenccen résidence. On cite, parmi les monastères qu'il liabita, Blerencourt, Celles, Poitiers. Bcllefontaine, Rouen et Paris '. « En 1737, dit le rédacteur des Nouvelles Ecclésiastiques, on l'envoya k Ouville, petite maison de Normandie, encore toute fumante, pour ainsi dire, d'un incendie qui venait de la réduire totalement en cendres, Lit, juanijuant du nécessaire, très-mal logé, dans un lieu bumide et absolument contraire II ses grandes intinnités, et spécialement h des attaques de goutte qui le rendaient comme perclus de tous ses membres, il était visiblement exposé à consonuaor bientôt son sacrilice î. » En 1738 ses amis obtinrent qu'il serait transféré ii Rouen, où il passa îi l'infirmerie les dix dernières années de sa vie.
Maisvoiciquiest pire que t'incendie et les flammes. Au milieu des reliques vénérées des martyrs et des ponlilès, les enragés appelants, dont cette maison était pleine, avaient poussé l'audace jusqu'à mêler les restes décriés du diacre Paris, et Ift, dans ce coin de terre normande, loin des yeux du roi, des évéques el des parlements, le père dom Louis de ^aint-Robert, prétendait opérer les mêmes miracles et les mêmes guérisons t(u'au cimetière de Saint-Médard '.
Cet ardent et obstiné janséniste avait déjà ét^ transféré plusieurs fuis de Feuillant à Mesmin, de Mcsmin h Bi'llefontaine, lorsque des lettres de cachet, délîvTées par le roi. le tirent intoruer ii Ouville, avec ordre de l'y ganJer sévèrement. Mais rien ne l'empêcha de répandre autour de lui le venin dont il était pétri. A la qualité de martyr il voulut joindre celle de thaumaturge- Un enfant de S ans, tiis d'un marchand d'Ouville, nommé Lcclerc, était affecté d'une maladie que les remèdes ne faisaient qu'irriter. Dom Louis de Saint-Robert lui présenta uu jour les reliques du bienheureux; Paris, et hientAt il fut guéri, disent les NoitvelU'n EcctèsiasUquen, qui ajoutent que 16 personnes attestèrent ce prodige *.
Cette nouvelle, propagée par la secte, fil grand bruit. L<> fameux M . de Soanen, évéque de Senez, et prisiynnim- de Jésus- Clirùt, écrivit à son confrère pour le (iliciler d'ttrt paurtiiia
• ItovvrUet Eccliiiaiiiquei, du 27 man t74S, p, 49.— ' lil., ibid. — — ' Table raû'iiitih et alphabétique de* !Vouvelleii Etetciiutiiqae», t. ii, p.
par les homynes pour avoir rendu tévwiijnage aux œuvres du Tout-Puissant. Mais pondant ce temps une lettre de cachet transportait de nouveau à Feuillant l'incorrigible religieux ^.
L'incendie avait détruit la maison d*Ouville, en 4736, elle ne fut réparée qu'en 1739, comme le porte le chiffi^ qui se lit au côté du couchant. Ce fut évidemment à cette époque que l'on posa la belle balustrade de fer qui décore l'escalier.
Lorsque le bon prêtre Farin visita Ouville, pour compléter son histoire tumulaire de Rouen et des environs, il* trouva l'église remplie de tombeaux et d'inscriptions. Il s'est contenté d'en mentionner dix dans son livre, et nous lui en savons d'autant plus gré, qu'aucune d'elles n'a survécu à ce grand courant dévastateur qui traversa la France àla fin du siècle dernier. C'est donc par lui seul que nous connaissons les tombeaux de Guillaume, de Gislebert et de Jean d'Ou\ille ; ceux de Robert de Pardieu et d'Anne du Sel, son épouse, dont nous avons déjà parlé, ainsi que l'inscription commémorative de Daniel de Boy vin. Il nous a conservé également souvenir de Jean- Baptiste de Monchy, de Guincourt, décédé le 24 septembre \ 609 ; (le Jourdaine de Pellerie, dame de Hautot, femme de M. François de Pardieu, baron de Boutteville, décédée le 29 août 1620; d'Adrien Le Mongnier, sieur de Villequier et de Bermonville, décédé le 29 octobre 1664, et de dame Anne Rousseau, femme de M. Adrien Lucas, sieur de Boucourt, décédée le 30 juillet 1697 2.
Pour nous qui avons visité Ouville le 12 juin 1851, nous n'avons plus trouvé ni église, ni tombeau. Seulement chez les propriétaires de la maison nous avons rencontré une petite plaque de marbre noir sur laquelle était gravée l'inscription suivante : « Cy-gist dom Denis de Saint-Bernard, natif de Paris, prieur de ceste maison, décédé le 9 juillet 1668. Requiescat in pace, » Voilà tout ce qui reste de tant de dalles, de tant d'épitaphes et de tant de sépultures l
En 1790 la Révolution française ferma l'abbaye d'Ouville comme tant d'autres. Il n'y avait plus alors, au rapport des vieillards, que trois ou quatre moines qui se dispersèrent
' Table raisonnée ei alphabétique des Nouvelles Ecclésiastiques, l. ii, p. 142. — Hist. du prieuré du Monl-uvX' Malades > près Rouen, par M. l'abbé Laiiglois, p. 231. — ' Farin, ///>/. de Rouen, partie v, p. 52.
dans le momie. La bibliothèque tut pillée par les habitants du village qui se la partagèrent; les archives furent transportées au district, où bien di>s paquets ont péri. II ne reste plus au dépôt dépurlemental que huit ii dix liasses sans valeur.
Les biens de cette maison furent aliénés par le district de Cany pendantlesmois dejanvier, février et mai 1791. On vendit des maisons, une auberge, des chaumif-res, 1i acres d'herbage et 4 acres de labour, pour 83,000 £r. Le 7 mai 1793 ce Alt le tour de la ci-decant abbaye. Son enclos, édi^ d'u7ui égimtt autres bdtimenls, contenant 3 acres, une pièce de tcrru en labour et 3 acres d'herbage furent achetés 15,000 fr., par Charles Lcroj, Robert et Pierre Rétuut. Jean-Pierre Lcgrand, Louis et Jean Plichet, Jean-Baptiste Levallois, curé d'Ouvillel'Âbbaye, Pierre et Thomas Cave, tous habitants du pays ■.
L'église ainsi vendue aux enchères publiques, achetée par des laboureurs et des industriels, fut démolie dès l'année suivante, dans cette terrible année 1793 qui marque, pour ainsi (tire, la lin de l'ancien monde. Avec les débris du temple <!<! Dieu, construit par les chevaliers de la croisade, honoré par la présence des rois et des pontifes, sanctifié par la prière de plusieurs générations de religieux, on bfttit quelques maisons h Doudcvîlle et à Saint-Laurent. On enleva les hatUtleii placées sar ie parvis où les marchands venaient étaler les jours de dimanches et de fêtes. On ne laissa absolument que le corps de logis reconstruit en 1739. Tout le càté sud disparut ainsi que le cloître qui formait, avec l'église, le pourtour du niiumstèrt'. Au milieu de l'herbage qui a poussé sur le satictuairu, je mi! suis fait dresser le plan de l'église. C'était un bel ol large édifice, bAIi au un' siècle, h la plus belle époque de notre architecture religieuse. Le clocher, placé entre chœur et nef, était une large tour soutenue par quatre piliers, dont il reste encore un tout tapissé de colonnettes. Le trausept du nord était dédié il la Sainte-Vierge et celui du sud ii saint Bernard. Ce dernier subsiste encore, en partie, dans sa base. On y reconnaît la forme de l'appareil, des colonnes, des peintures et des chupileaux. On remarque surtout une charmante porte qui communiquait avec le clollrc et par laquelle les clianoiiicsenlrBirnl ' DoHUina nalwaaus dt prcmtàre origine. — IHttriel dt Cany. — Ai-
d4|Mn-
au chœur. Çh et Ifi aur les murs ou sur Thtirbc do la praîril ou reconiiatt les chupiteaiix tapisstis âe têtes ou de Ceuillaga
Nous n'avons retrouvé uulle part les armes de l'at baye, qui étaieDt d'asur à deux branches de laurier dl passées en sautoir i. Mais on nous a montré quel<)ues cellule la sallo (lu Conseil, les murs de clôture, et au milieu de la cot lo granil puits, cette âme matérielle de tout cloître.
Le corps de bâtiment, qui a survécu, forme ît présent un p vlllon assez gr&ad et assez vaste pour proclamer une puissani décline. Ou voit bien que cette demeure n'est ni un chftteai ni une fiibrique. Toujours elle portera le cachet d'iq maison religieuse , imprimé sur elle par un siècle nu nastîque. Aussi ce serait avec un grand plaisir que les ft putations d'alentour verraient les propriiilaires actuels lé^afl pour un hospice cantonnai, une maison bdtie par la foi, ^ reviendrnit à Dieu par la charité.
MoNTKBOtinG. — Muntebourg, appeli^. aussi Munsbourg, < désigné dans les pouillés d'Eudes Rigaud et de Raoul Rous sous lo nom de Montebout. La cure alors étiitt seigneurial comme elle le fut depuis jusqu'à la Révolution. Au xtii« sîëc Rigaud disait simplement que 1c patron était le seigneur i village : « Doniinus villœ patronus. » Raoul Roussel prétit davantage, de son temps le seigneur de Montebourg éta le sire de Tancarville. Il ne serait pas surprenant que c vieux chambellans de Normandie , s'ils possédaient Moni bourg dès le xt* siècle, en aient donné la dfme a leur abba de Boctierville. Une charte de Richard Cœur-dc-Lion pan l'insinuer.
L'église de Saint-Pierre de Montebourg cessa d'être paroi siale en 1791, h la constitution civile du clergé. Pendant Terreur le presbytère, l'église et le cimetière furent a)iéii4 M"" Grindel possède aujourd'hui ce vieux sanctuaire, dont n'a conservé que le chœur assez mal entretenu.
Montebourg comptait ii paroissiens en 1260, et 23 fis en 1738. En 1823 il y avait encore 136 habitants, lorsqu'il dL-lluitivcnitint divisé entre Yerville et Ouville-I' Abbaye.
CRIQUE TOT-SU R-OWlLliE.
i;riciuclol-sur-Ouville, loiif;-leinps appelé Suint-Marlir» -
' Mih (l'OuvilIc nu Jppril (li'pari.
Criquetot, avait une église voisine de son château- for t. Église et château ont changé de place depuis un siècle, et il ne reste plus du vieux manoir qu'une motte féodale ceinte d'une douve remplie d'eau stagnante *, et de l'église primitive qu'un charmant cimetière, tertre élevé, entouré de fossés et planté d'arbres. On remarque près du vieil if la maçonnerie de l'autel de pierre.
L'église actuelle fut transférée près du château neuf par le seigneur. Ce fut en 1777 que cette translation fut effectuée comme l'indique un chiffre resté sur les murs. Ce nouvel édifice fut entièrement construit en brique rouge, ainsi que les églises d'Yvecrique et de Grémonville, ses voisines et ses contemporaines. La brique alors était la matière la plus à la mode, aussi bien pour les châteaux que pour les églises. La forme fut celle d'une croix avec terminaison absidale et clocher d'ardoise au portail. En somme ce ne fut pas une merveille. En 1836 on a ajouté au midi une chapelle de Saint-Nicolas et de Saint- Éloy, qui fut décorée avec l'ancien autel de marbre de l'église de Thibermesnil.
Cette église possède des archives. Dans son vieux presbytère en bois nous avons vu des parchemins du xvi® et du xvii« siècle, un inventaire de 1706 et un registre de fabrique allant de -1706 à 1740. Parmi les pièces conservées au trésor, on remar- €que les statuts de la Charité, fondée à nouveau au temps du cardinal de Bourbon, et déjà réformée par Georges d'Aniboise, <iui avait fondu trois confréries en une seule charité.
Saint-Martin de Criquetot, voisin d'Ouville, fut donné à ce prieuré dès le temps de sa fondation. Le pouillé, attribué à Haoul Roussel, désigne ce monastère comme son patron. Cependant Duplessis elles derniers pouillés attribuent ce bénéfice au seigneur. 11 est probable que ce dernier aura trouvé le moyen de rentrer dans ses droits, soit par rachat, soit par échange. En 1738 on comptait 110 feux à Criquetot, à présent c'est une succursale de 1,100 habitants.
lilIVBEBEUF.
Nous sommes ici sur l'une des plus vastes plaines du pays deCaux. De tous côtés, à l'horizon, on ne voit que longues clairières, épaisses avenues de hôtres et massifs d'arbres,
' Le peuple appelle ceUc fosse aquatique la X[are des MoUes,
vérilAbk'S tics de vertiuru qui protègeul lu maison de Di«u el einbellisscat celle des hommes. Lindebeuf était jsdis I âége d'un vieuK cli&teau, dont les soigueurs se retrouveol \ et là dans les archives et dans les sanctuaires. Imblevîlle '1 montre dans son cbœur un vieux chevalier qui accompagna I peut-être nos rois à la Terre-Sainte. Les chartes des monaslj^m I conservent le souvenir de la générosité de ces vieux chrétien i envers l'église. Les derniers descendants de ces preux et de I ces croisés embrassèrent la reforme de Calvin et prêtèrent les tourelles do leur cbâteau k la défense de l'hérésie. Celle forfaiture leur porta malheur, car à présent on chercherait \'ainement la trace de leur manoir féodal ; le souvenir seul en esl resté vivant avec celui de leur faute.
Une tradition que je ne crois pas fondée, prétend que la première église de Lindebeuf était ailleui's; je ne puis souscrire à celle version, parce que l'édifice qui subsiste encore renferme ■ des traces de la plus haute antiquité. Le cûté nord tie régllM'l est du plus vieux xi* siècle que je connaisse. Cetlfi partie ds l'église est en tuf et n'est percée que de deux ou trois fenest^elle3 étroites, grossières et imperceptibles. Au bas du clocber est une porte rebouchée qui dut servir d'entrée aux hommes et au clergé. Tout le côté méridional de la nef et du chœur t été retravaillé i) y a cent ans, et je le conçois très-bien : u époque qui aimait la lumière dans les églises, dut avoir bof^ ^ reur d'un sépulcre k soupiraux comme l'édifice primitif. Un pm plus tard on refit le portail, qui doit dater de 1780.
La partie monumentale de cette église, c'est le clocher, entre chœur et nef, qui doit remonter au xi' ou au xii" siècle. Les arcades cintrées s'appuient sur des chapiteaux remarquables par leurs larges feuillages. Sous ce clocher j'ai trouvé une insciiption qui relate une dédicace de l'église, faite au xvi* siècle, mais que rien ne trahit plus dans la construction. Sauf ht 1 pierre commémorative, je n'en connais pas une qui puisse ôlrej reportée au temps de Louis XH ou de Frauçob I". Il est prc bEd>le que cet événement eut lieu pour une profanation. VokViJ du reste, la teneur de l'inscription :
•< Le qiéolrittnu jour dejuing mil cinq cent et neuf, futt dédiée eatr I prùttite égUit de Lindebeuf. au lempt de dUcrttf perumne maûtre KegnatS i Deiehamjii. prettre euri dvdU Uni Jekan Clu^etet r( luAin JfotniKrr^ 1 ttlantJoTt iréiorkrt d'icelU églite. ••
Celte église fut primitivement seigneuriale comme toutes tes autres: maisenlIOS, Oslierno de Lindebeurdonaa le béiiélice elles dîmes k l'abbaye de Saint-Waiidrille ", qui ne les posséda pas toujours, car les trois pouillés imprimés, de I6i8, 1704 et 4738, attribuent le patronage au seigneur. Il eu est du même du pouillé manuscrit attribué k Raoul Roussel. Les dor niers patrons étaient les La Ferlé, châtelaius de Thibermesnîl. En 10i8 la ten-e de Lindebeuf relevait de la chi\tellenie de Basqueville, ce qui explique le protestantisme des seigneurspatrons au xvi* siècle.
En 1738 il y avait k Lindebeuf 17 feui : aujourd'hui c'est •fiuccursale de 760 habitants.
VIBEVF.